Vendredi 1er avril 2016 — Dernier ajout mardi 5 avril 2016

Appelés à vivre du Christ ressuscité Enregistrer au format PDF

Lors du renouvellement des promesses baptismales, la liturgie de la veillée pascale rappelle la signification profonde de notre baptême : « Par le mystère pascal nous avons été mis au tombeau avec le Christ dans le baptême, afin qu’avec lui nous vivions d’une vie nouvelle » (1). Dans la nuit de Pâques, le baptême des catéchumènes manifeste ce lien étroit entre la résurrection du Christ et la vie nouvelle qui leur est donnée. Ainsi, fêter la résurrection du Christ, c’est aussi fêter la grandeur et la dignité de notre baptême par lequel nous entrons définitivement dans une vie d’union avec Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. La nouveauté chrétienne s’enracine dans la joie de Pâques : « Ayant commencé par le saint Baptême à vivre de la vraie vie qui est celle que nous avons en Jésus-Christ, ce sacrement est à l’origine de tout notre bonheur  » (2). Au cœur de l’annonce de la foi chrétienne, la résurrection du Christ est inséparable de la proposition du baptême faite à tous : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » (Mt 28,19), car il s’agit bien de proposer à tout homme de vivre une relation forte et vivante avec Dieu lui-même… et ceci constitue une bonne nouvelle !

Dans le baptême prend source l’union au Christ ressuscité, union que chaque baptisé est appelé à déployer dans toute son existence. Le concile Vatican II rappelle de manière très forte cette belle et heureuse définition de la vie chrétienne : « (…) les disciples du Christ sont véritablement devenus, par le baptême de la foi, fils de Dieu, participants de la nature divine et, par conséquent, réellement saints. » (3) Ainsi l’entrée dans l’Église par le baptême ne peut se dissocier d’une existence en communion avec le Père et le Fils, dans l’Esprit. Enfant du Père, le baptisé est en relation personnelle avec le Fils, et l’Esprit le marque de son sceau : « Lorsqu’il vous a reçu en son alliance, comme l’un de ses membres, le Fils s’est obligé à vous regarder, aimer et traiter comme une partie de soi-même, comme os de ses os, chair de sa chair, esprit de son esprit, et comme celui qui n’est qu’un avec lui. » (4) Le chemin d’union intérieure à Dieu conduit alors les baptisés à laisser leur agir être façonné par celui du Christ.

Aujourd’hui, bon nombre de personnes – jeunes et moins jeunes – sont en quête d’intériorité. Proposer la foi – en ces temps de nouvelle évangélisation – demande de répondre à ces attentes. Il est important – comme l’ont fait, avec succès, les grands missionnaires du XVIIe siècle français – de présenter la vie baptismale comme un chemin d’intériorité, un «  cœur à cœur » avec le Christ. Annoncer la Résurrection, c’est proposer la vie chrétienne comme un attachement fort – total – à Jésus-Christ. L’évangélisation, c’est cette vie du Christ, communiquée au monde, que tout homme peut accueillir en lui-même. C’est l’appel à suivre le Ressuscité et nous mettre à son école. Ceci n’est pas d’abord affaire de connaissances ou de pratiques, mais d’apprendre à vivre dans son esprit –« Ayez en vous les sentiments du Christ  » (Ph 2, 5) – et « d’avoir un seul cœur avec Lui » (saint Jean Eudes).

En la nuit pascale, l’affirmation joyeuse de la résurrection du Christ irrigue la foi chrétienne de sa première annonce – kérygme – jusqu’à son approfondissement catéchétique. L’union au Christ ressuscité est ainsi au centre de la catéchèse de l’Église : « Tout ce que le Christ a vécu, Il fait que nous puissions le vivre en Lui et qu’Il le vive en nous. (…) Nous sommes appelés à ne faire plus qu’un avec Lui : ce qu’Il a vécu dans sa chair pour nous et comme notre modèle, Il nous y fait communier comme les membres de son Corps. » (5) Puisse la joie de Pâques nous aider à raviver et à approfondir notre baptême !

Mgr Luc Crepy Evêque du Puy-en-Velay

La Croix du 26 mars 2016

(1) Missel : monition avant le renouvellement de la profession de foi baptismale. (2) Saint Jean Eudes, O.C., I, p. 505. (3) Concile Vatican II, Lumen gentium, § 40. (4) Saint Jean Eudes, O.C., II, p. 214-218. (5) Catéchisme de l’Église catholique § 519.

Voir en ligne : http://journal.la-croix.com/