Mercredi 30 octobre 2013 — Dernier ajout jeudi 31 octobre 2013

Au service de la Bonne Nouvelle Enregistrer au format PDF

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« Nous vivons vraiment un tournant » (Mgr Moutel). Ce tournant est celui d’une Eglise qui, dans l’époque qui est la sienne et s’appuyant sur la fidélité miséricordieuse du Seigneur, doit avancer au-trement que ces dernières décennies, avec moins de prêtres et des baptisés plus investis dans la mission.

En juin dernier, Benoît Lévêque, originaire de Pléneuf, était ordonné prêtre pour notre diocèse. Le dimanche 20 octobre dernier, trois pères de familles ont été ordonnés diacres permanents par notre Evêque. Le 27 octobre, c’est Mgr Laurent LE BOULC’H, ancien curé de Lannion, qui a été ordonné évêque de Coutances et d’Avranches.

« Nous vivons vraiment un tournant »
a pu dire notre évêque à l’occasion des nominations consécutives à l’appel de Mgr Le Boulc’h. Ce tournant est celui d’une Eglise qui, dans l’époque qui est la sienne et s’appuyant sur la fidélité miséricordieuse du Seigneur, doit avancer autrement que ces dernières décennies, avec moins de prêtres et des baptisés plus investis dans la mission. Il s’agit ensemble de vivre et d’annoncer l’Evangile au cœur de notre monde. Des paroissiens m’ont proposé en ce début d’année d’intensifier notre prière pour les vocations répondant ainsi à l’appel du Seigneur de prier pour demander des ouvriers pour sa moisson.

Pierre, m’aimes-tu ?
Dans son dialogue avec Pierre, Jésus ressuscité ne pose qu’une question :« M’aimes-tu ? ». Une question qui résume à elle seule tout le mystère de la vocation. L’homme, face à l’appel de Dieu, n’a de réponse possible que celle de l’amour : « Oui, Seigneur, tu sais bien que je t’aime. » Tout le reste devient secondaire, ou du moins dépendant. N’est-ce pas cette réponse d’amour que les prêtres du diocèse reformulent lorsque, autour de notre évêque, ils se réunissent pour la messe chrismale ?S’il est juste que nous mettions toute notre énergie à trouver des solutions à la crise des vocations, il est tout aussi juste de porter sur cette situation un regard de foi et d’espérance, centré sur le cœur de l’appel : « M’aimes-tu ? ». Aujourd’hui, des jeunes encore y répondent ; c’est un réel motif d’émerveillement que de voir ces cœurs disponibles et enthousiastes. Ils sont plus nombreux que l’on veut bien le croire, ces jeunes, et parfois moins jeunes, qui acceptent de laisser résonner en eux cet appel à suivre le Christ dans le don total de leur vie. Chemin de vie et de joie où la fidélité de l’engagement se construit jour après jour dans la confiance au Seigneur. Ce qui fait défaut cependant, bien souvent, ce sont des paroles d’encouragement et d’espérance qui fortifient et rendent crédible une réponse libre et personnelle. Si Dieu a besoin de nous pour faire connaître au monde son amour et son désir d’être aimé : « M’aimes-tu ? », il a aussi besoin de nous pour oser lancer à certains son appel : Car sans cesse, à chacun, il redit : « J’ai besoin de toi ».

« Sois le berger de mes brebis ».

Cela peut paraître naïf, mais c’est la pédagogie que Dieu a choisie pour conduire son peuple vers la Joie éternelle. Jésus n’a pas présenté à Pierre un programme tout fait à mettre en œuvre. Il lui a simplement demandé s’il l’aimait. Pierre a répondu par l’affirmative, conscient de sa pauvreté et de sa faiblesse, conscient de la force de Dieu en lui.

Et il est parti bâtir l’Église sur le chemin des hommes.

P. Olivier Gravouille,
curé de Moncontour