Jeudi 17 avril 2014 — Dernier ajout mercredi 17 septembre 2014

Béatification - Canonisation Enregistrer au format PDF

Pour les chrétiens, tous les hommes, grâce au Christ, sont appelés à « refléter la gloire de Dieu », à « être transfigurés » en cette même image. Personne ne peut donc être un modèle de vertu de par sa propre force (en termes théologiques, on dirait que personne n’est sans pé-ché). Par contre certains hommes et femmes ont vécu plus intensément les exigences de l’amour évangélique. Ce sont eux que l’on appelle les saints, au sens habituel du terme.

Un peu d’histoire. Dès les premiers martyrs, les chrétiens ont vénéré des baptisés dont la vie leur semblait avoir mérité le partage de la sainteté divine. L’acclamation spontanée des fidèles suffisait pour qu’un chrétien soit reconnu digne de vénération. Aux VI et VIIe siècles, le nombre des saints vénérés s’accrut considérablement, entraînant des abus. Les évêques établissent alors un processus de régulation incluant une enquête sur la vie des personnes présumées saintes. Au XIIe siècle, les papes réclament le contrôle des cultes locaux rendus aux saints ; Grégoire IX institue des normes pour les procédures d’enquête. A partir du XIVe siècle, ils autorisent un culte restreint pour les « bienheureux », chrétiens remarqués par la sainteté de leur vie et dont l’enquête de canonisation est en cours. En 1588, le pape Sixte V distingue béatification et canonisation. C’est désormais une congrégation romaine (un des services du Vatican) qui prend en charge les demandes de canonisation.

La procédure. N’est pas saint qui veut ! La procédure, soumise à des critères rigoureux, peut être longue. Il s’agit d’abord de démontrer le rayonnement spirituel du « serviteur de Dieu » pendant sa vie et après sa mort. C’est un signe de sa participation à la sainteté de Dieu et l’assurance que son exemple est accessible et bienfaisant pour les chrétiens. Il faut ensuite qu’il y ait reconnaissance, par l’Eglise, d’un miracle et que l’on établisse, soit son martyre, soit ses vertus chrétiennes. La procédure est identique pour la béatification et la canonisation. L’évêque du diocèse où le « serviteur de Dieu » est mort doit être saisi d’une demande de béatification ou de canonisation, de la part d’un fidèle ou d’un groupe de fidèles ; il peut aussi prendre lui-même l’initiative d’engager la procédure. Sa mission première sera de recueillir et d’examiner les preuves de sainteté avancées en faveur de la cause introduite (nom donné à la demande). Celle-ci a un avocat, le postulateur de la cause, nommé soit par l’évêque soit par la congrégation romaine pour la cau-se des saints. Sa mission est de recueillir tous les écrits et les témoignages sur la personne. L’évêque fait examiner les écrits par deux théologiens et entendre les témoins. La copie de tous ces actes est envoyée à Rome avec les conclusions de l’évêque. Ensuite la congrégation pour la cause des saints poursuit l’examen du dossier soumis aux consulteurs théologiens réunis sous la présidence d’un promoteur de la foi dont la mission est de ne rien laisser dans l’ombre. Le dossier, examiné par les cardinaux et évêques, membres de la congrégation, est présenté au Pape qui prend la décision finale.

Béatification, Canonisation,quelle différence ? Les deux actes de béatification et de canonisation se distinguent par le degré d’extension du culte public. Ainsi, la béatification permet qu’un culte soit rendu à un bienheureux sur un territoire limité : un ou plusieurs diocèses, un ou plusieurs pays ou telle congrégation religieuse dont le bienheureux est issu. La béatification précède la canonisation. La canonisation consistera, pour le Pape, à étendre le culte du bienheureux à l’Eglise universelle et à l’inscrire sur la liste des Saints. Cela nécessite normalement que de nouveaux miracles soient attribués au bienheureux. Serge Kerrien Diacre permanent