Mardi 12 janvier 2016

Choisir le parrain ou la marraine Enregistrer au format PDF

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Aînés dans la foi, les parrains ou marraines seront témoins de la foi au Christ mort et ressuscité auprès de leur filleul. Avec les parents, ils accompagneront le baptisé sur le chemin de la foi, tout au long de sa vie. Ils seront un soutien pour l’enfant dans sa vie chrétienne, plus particulièrement lors de la préparation et la célébration des sacrements

Serge Kerrien
Serge Kerrien

Dans le rituel du baptême des petits enfants, nous lisons au n° 8 : «  Selon une très ancienne coutume de l’Eglise, on n’admet pas au baptême un adulte sans parrain, pris dans la communauté chrétienne. Chaque petit enfant, pour son baptême, doit aussi avoir un parrain ou une marraine. Sa présence élargit dans un sens spirituel la famille du futur baptisé et signifie le rôle maternel de l’Eglise. Il pourra, en certains cas, aider les parents afin que l’enfant parvienne un jour à professer la foi et à l’exprimer dans sa vie  ».

Ces quelques lignes sont très révélatrices du rôle actuel du parrain ou de la marraine, rôle qui a évolué au cours de l’histoire. Le rituel issu de Vatican II insiste sur la présence et le rôle des parents sans supprimer pour autant le rôle du parrain ou de la marraine. Il rappelle que les parents sont les premiers éducateurs de la foi de leurs enfants.
Pour autant, l’Eglise reconnaît le rôle affectif important des parrains et marraines. Elle rappelle qu’ils peuvent jouer un rôle déterminant dans l’éducation chrétienne d’un enfant, particulièrement lorsque les parents ne peuvent assurer leur responsabilité propre.
Alors une question se pose : comment choisir les parrains et marraines ?

Des conditions

Le code de droit canonique au Canon 874 donne les précisions suivantes :
« Pour que quelqu’un soit admis à remplir la fonction de parrain il faut :
-qu’il ait été choisi par la personne qui va être baptisée, par ses parents ou par ceux qui tiennent leur place ou, s’ils font défaut, par le curé ou le ministre, et qu’il ait les aptitudes et l’intention de remplir cette fonction.
-qu’il ait 16 ans accomplis, à moins que l’Evêque diocésain n’ait établi un autre âge, ou bien que le curé ou le ministre n’estime devoir admettre, pour une juste cause, une exception.
-qu’il soit catholique, confirmé, qu’il ait déjà reçu le très saint sacrement de l’Eucharistie et qu’il mène une vie cohérente avec la foi et avec la fonction qu’il va assumer.
-qu’il ne soit sous le coup d’aucune peine canonique, légitimement infligée ou déclarée. -qu’il ne soit ni le père ni la mère de la personne qui doit être baptisée.

Une attitude pastorale

On voit que les critères de choix sont très restrictifs, ce qui n’est pas sans poser de problèmes pastoraux difficiles à gérer. Souvent, quand les parents viennent inscrire leur enfant au baptême, ils ont choisi parrain et marraine. Il est difficile alors de tout remettre en cause, mais il serait possible de voir avec eux les critères de leur choix et d’approfondir la signification dont le parrain et la marraine sont porteurs. Ce sera une manière positive de réfléchir au parrainage et de le revaloriser. On pourra insister sur l’importance de l’engagement des parrains et marraines dans la durée. Les enfants vont grandir. La disponibilité des parrains et marraines, au moment de l’adolescence et de l’entrée dans l’âge adulte, peut avoir une grande importance tant dans le domaine de la foi que sur le plan purement humain. Ils accompliront d’autant mieux leur tâche qu’ils participeront eux-mêmes à la foi et à la vie de l’Eglise. Il serait donc souhaitable de pouvoir rencontrer parrain et marraine en même temps que les parents au moment de la préparation du baptême ; sinon au moins parler avec les parents sur ce qui les a conduits au choix du parrain et de la marraine.
Cela suppose un préalable : qu’on se pose la question du parrainage autrement que comme une simple formalité administrative.

Le Christ a proposé le baptême à tous pour que tous aient la Vie en Dieu. […]

Serge Kerrien Diacre permanent