Samedi 13 mai 2017

Dimanche, jour de la Diaconie Enregistrer au format PDF

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Dans les Églises chrétiennes, la diaconie est l’institution qui organise la charité envers les pauvres et les malades de la communauté. Elle est présentée comme la mise en œuvre de l’Évangile de JésusChrist à l’égard des pauvres, comme un témoignage personnel et communautaire et comme un service à l’égard de la personne et de la société.

« Le dimanche doit également donner aux fidèles l’occasion de se consacrer aux œuvres de miséricorde, de charité et d’apostolat ». (Dies domini n° 61)

 L’Eucharistie, une fraternité à vivre

Faire mémoire du Christ, chaque dimanche, ne saurait se réduire au seul mémorial du repas pascal, sans prise en compte du lavement des pieds et de la recommandation du Seigneur : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous (Jn 13, 15) ».

Dès les débuts de l’Eglise, les chrétiens ont vu dans l’Eucharistie une invitation au partage avec les plus pauvres, le lieu de l’apprentissage de nos relations fraternelles et le lieu de l’ajustement de nos attitudes envers les pauvres.

Les Pères de l’Eglise ont rappelé souvent, avec vigueur, le nécessaire ajustement de notre solidarité   avec les pauvres, quelles que soient leurs pauvretés, à la solidarité   dont Dieu fait preuve pour nous. Une assemblée fraternelle, l’écoute d’une même Parole, la récitation du Notre Père, le geste de paix, la communion au même pain sont autant de moments, de mots et de gestes qui construisent une vraie fraternité dont le Christ est la source ; ils nous rappellent sans cesse ce devoir de fraternité, de solidarité   concrète où les pauvres reçoivent aide et considération. Puisée à la table de l’Eucharistie, la charité du Christ rayonne dans et autour de la communauté. La vérité de nos eucharisties est à ce prix et le dimanche retrouverait ainsi une dimension prophétique annoncée par le lavement des pieds.

 Les acteurs du service de la charité

Mettre en relation directe dimanche et diaconie pourrait laisser croire que les diacres sont les seuls concernés par la dimension de solidarité   de l’Eucharistie. Bien entendu, leur mission les conduit à porter une attention particulière à cet aspect de la vie de l’Église et leur présence à l’autel en est le signe visible. Mais ce sont tous les baptisés qui ont à prendre
en compte le service des autres. Il s’agit pour chacun de se souvenir que le service des pauvres est constitutif de l’identité chrétienne, à l’image même du Christ serviteur et de traduire en actes la grâce reçue dans l’Eucharistie. Dès lors, une question se pose : comment portons-nous concrètement le souci des malades, des personnes âgées ou seules, des immigrés, des pauvres que nous croisons dans la rue, mais aussi des enfants que l’on considère comme des trublions ? Quel temps leurs consacrons-nous ? Quelles visites vivons-nous réellement ? Quelles invitations osons-nous faire ?

Des communautés chrétiennes en ont conscience et agissent, le dimanche et, par extension, dans la semaine. Mais sans doute faut-il aller plus loin, nous demander non seulement ce que nous faisons pour les pauvres mais surtout ce que nous leur demandons de faire pour nous.

La vraie charité est là. Demander au pauvre un service, c’est lui donner ce qui lui manque le plus : de la considération. De même que Dieu nous considère digne de sa Parole et de sa vie, nous avons à considérer le pauvre digne de nos attentions, de notre amitié, de notre besoin de lui pour être vraiment Corps du Christ.

Ainsi vécue, l’Eucharistie dominicale fait du dimanche le jour par excellence de la diaconie. Le Christ ressuscité nous appelle à une conversion de nos cœurs, de nos actes. En l’ouvrant à la dimension du service, nous en faisons un jour prophétique : celui de la venue du Royaume où la Bonne Nouvelle est portée aux pauvres.

Serge Kerrien

Diacre permanent