Jeudi 6 avril 2017

Echos du Synode diocésain Enregistrer au format PDF

Retour sur la troisième et dernière assemblée synodale qui s’est tenue les 1er et 02 avril

Cette troisième assemblée synodale arrive à la fin d’un processus qui a débuté il y a 18 mois. Actuellement, le synode a réuni 1800 propositions concrètes. On a essayé de prendre en compte les attentes spirituelles de nos contemporaines afin d’y répondre au mieux. Il s’agit de regarder où il y avait des lieux de fracture et comment être davantage missionnaires aujourd’hui. Nous avons sondé nos communautés et répertorié les forces dont nous avions besoin.

En pièce jointe ci-dessous, les propositions d’actions concrètes élaborées à partir des remontées de l’étape 5 des équipes synodales, et soumises au vote de l’assemblée synodale.

Homélie prononcée par Mgr Denis Moutel

Chaque dimanche du carême  , et tout particulièrement en cette année liturgique A, nous sommes conduits vers le Christ, par l’Esprit Saint, comme nos frères et sœurs catéchumènes qui se préparent à l’illumination de Pâques. C’est en communion avec eux que nous vivons cette assemblée synodale. Avec eux nous sommes mis en présence du Christ qui vient encore, par son Esprit Saint, nous rencontrer, nous enseigner, nous pardonner, nous sauver. Ces derniers dimanches, l’Evangile de Saint Jean nous a mis en présence des personnes que Jésus a rencontrées : la samaritaine et l’aveugle de naissance. Aujourd’hui, c’est une famille qu’il vient visiter, une fratrie : Marthe et Marie qui pleurent auprès de leur frère Lazare, malade puis endormi dans la mort.

 Béthanie, signe de fraternité pour notre Eglise

Nous sommes à Béthanie, ce village que l’on peut atteindre facilement, même s’il est un peu à l’écart de Jérusalem. Jésus vient souvent dans la maison de Marthe, de Marie et de Lazare, Que se passe-t-il dans cette maison de Béthanie ? Jésus peut s’y asseoir avant de repartir en mission ; Jésus reçoit avec reconnaissance le repas qui a été préparé et il offre « ‘la meilleure part », la parole de vie éternelle qu’il porte et qu’il est en lui-même, Oui Jésus a trouvé sa fraternité … cette maison que sa présence illumine devient la maison du partage, la maison de la compassion aussi : quand il s’approche de son ami Lazare qui vient de mourir, il est saisi d’émotion et … il se met à pleurer.

Nous avons beaucoup parlé de fraternité au cours de cette assemblée. Les équipes synodales ont permis une véritable écoute de l’autre, avec la beauté des histoires partagées et une aspiration à changer certaines choses pour la mission. Et nous voulons bien continuer. Nous voulons bien embellir un peu la maison pour que les baptisés de Pâques puissent y évoluer plus librement, plus joyeusement. Ils nous disent déjà combien ils ont trouvé une vraie famille dans les équipes d’accompagnement et dans les assemblées qui les ont reçus avec bienveillance. Oui, avec eux, avec la grâce de Dieu, nous voulons aérer la maison et faire encore un peu de ménage afin que l’Amour du Christ puisse vraiment nous saisir. Nous voulons bien avancer encore pour que l’Eglise soit la maison où l’on vient se reposer, se nourrir de la Parole et des Sacrements du Christ, mais aussi la maison d’où l’on sort pour la mission, pour la rencontre avec d’autres, qui cherchent Dieu peut-être, ou qui ont soif en tous cas ce considération ou de soutien.

 Béthanie, signe de fraternité pour tous.

En effet, nous ne pouvons parler de fraternité entre nous si nous la refusons aux autres. En nous rappelant que le mot est inscrit sur les frontons de nos mairies, Mgr Georges Pontier, président de la conférence des évêques de France a rappelé vigoureusement à Lourdes, devant les évêques, les exigences de la fraternité : « … On pourrait dire qu’aujourd’hui la fraternité a besoin d’être mise à la première place. Non pas la fraternité affichée comme un vague sentiment qui donne bonne conscience, mais celle qui se transforme en engagement concret en faveur des plus défavorisés, des chômeurs et aussi des migrants, des réfugiés venus en France en fuyant les conditions de vie devenues dangereuses ou misérables dans leur pays d’origine. Heureusement, au ras du terrain, cette fraternité se vit dans un tissu associatif généreux, engagé, durable, qui mérite d’être encouragé et soutenu. Nous ne pouvons pas penser notre avenir, chacun replié sur soi-même. Certains le pensent. C’est un leurre. » Indiquant que la responsabilité et la générosité ne s’opposent pas mais doivent être tenues ensemble, il cite le pape François : « Après avoir rappelé la nécessité d’œuvrer pour le développement des peuples afin que nul ne soit forcé de quitter son pays, il s’exprimait ainsi : « Devant les tragédies qui « marquent au fer rouge » la vie de tant de migrants et de réfugiés – guerres, persécutions, abus, violence, mort – on ne peut qu’éprouver des sentiments spontanés d’empathie et de compassion. « Où est ton frère ? » (Cf. Gn 4,9) »

 Béthanie, lieu de manifestation de la Gloire de Dieu.

Si la maison de Béthanie est signe de fraternité, c’est parce que Jésus y vient. C’est là d’ailleurs que Marie a fait l’onction de ses pieds avec un parfum précieux. Saint Jean nous présente ainsi Jésus comme celui qui est tout entier consacré à son Père et à ceux vers qui il est envoyé. A Béthanie, Jésus est tout proche des jours de sa Passion, ces jours où il va aimer jusqu’au bout, ces jours où il va se donner lui-même « pour vous et pour la multitude ». Nous approchons, nous aussi, de ces jours où nous voulons suivre Jésus de plus près, avec les catéchumènes dans l’ultime préparation des sacrements de Pâques : le baptême, la confirmation et l’eucharistie.

Ce qui semble essentiel, à Béthanie comme dans les célébrations pascales, c’est d’être avec Jésus. Marthe le dit de façon indirecte : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! » … A l’écoute de la Parole de Dieu, nous comprenons que c’est dans la personne de Jésus que nous est donnée la vraie vie : « celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ! » Voilà le cœur de notre espérance, dans le synode et dans les fruits que en recevrons : demeurer avec le Christ, nous laisser éveiller par sa Parole, vivre vraiment notre baptême et notre confirmation ; nous nourrir de l’Eucharistie, nous tourner vers notre Père et vers nos frères, quitter notre péché, être déliés pour aller librement. Pour chacun de nous, pour nos communautés, pour notre diocèse, nous recevons la Parole de Jésus : « Lazare, viens dehors … Déliez-le et laissez le aller. »

+ Denis Moutel évêque de Saint-Brieuc et Tréguier

A NOTER Le dimanche de la Pentecôte, le 4 juin prochain, Rassemblement diocésain à Brézillet à Saint-Brieuc de 9h30 à 17h00 Dans la dynamique du synode, Mgr Moutel proclamera les orientations importantes retenues pour notre Eglise diocésaine .

Voir en ligne : http://www.synodediocese22.fr/image…