Lundi 4 juin 2012

En route pour les vacances. Enregistrer au format PDF

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Le Christ ne nous promet pas la lune, il nous rend à la terre.

En route pour les vacances !

Les vacances commencent et finissent sur les routes. Des millions de kilomètres, des bouchons, des tonnes de bagages, beaucoup de trains. Ce sont les grandes aventures des temps modernes. En ce début d’été, et de période de vacances, qui ne sont pas toujours de repos mais parfois de surenchère d’activités les plus diverses, de découvertes et de voyages en tous genres, à l’image de notre société de loisirs : nous ne travaillons plus pendant l’année pour le bien commun ; nous travaillons désormais pour nous offrir un bien personnel, et en particulier de bonnes vacances. Bref, On fait des tas de choses pendant les vacances. On bouge, on apprend, on s’aime.
On voyage, on voit des amis de longue date on s’instruit en visitant des musées. Nous voilà fixant des objectifs, posant des choix, tout un programme. Et d’ailleurs, plus l’objectif est impressionnant, plus nous y trouvons goût. Une montagne à escalader, un vacherin à réussir, une maison à repeindre. Les limites, celles que l’on vise, ont donc du bon. Encore faut-il le savoir. Car l’illusion de notre époque serait bien de nous faire oublier ce besoin légitime d’objectifs, de défis, de limites. On nous fait croire aux forfaits illimités, aux offres sans contraintes, aux régimes sans efforts, aux vacances pleines de vide. Au mieux, on s’ennuie, au pire, on se désespère. Vivre dans l’illusion de l’illimité, C’est rêver de devenir immortel et d’être présent dans cent lieux à la fois.
On finit par se noyer dans cet océan vague et illimité ou tout serait toujours à portée de main et où l’effort, la contrainte, le choix seraient définitivement remisés au placard. On ne sait plus choisir et l’on ne choisit rien. Or, ne pas choisir c’est mourir. Le pire, c’est que beaucoup pensent que la spiritualité ouvre la porte à ce genre de vie. Ils recherchent le spirituel pour se bercer eux-mêmes dans l’illusion doucereuse d’un autre monde possible, un monde parallèle et virtuel éloigné de cette terre qu’ils vouent à l’anathème. Pour eux, toute limite vient du mauvais, toute limite n’est qu’illusoire. Et ils recherchent la méditation pour fuir leurs corps, s’évader de ce temps et de ce lieu, devenir pur esprit, se prendre pour un ange et fuir hors du monde.
Heureusement aujourd’hui Dieu, nous y ramène sur terre. Dieu sait bien c’est en restant sur terre, marqués par les contraintes et par l’effort, que nous trouverons le repos. Le Christ ne nous promet pas la lune, il nous rend à la terre. En ce début d’été où la recherche de satisfactions personnelles, de plaisirs et d’amours passagères, est comme un mot d’ordre et comme un devoir de vacances, Le Christ nous envoie en mission, car il y a urgence. Par le baptême nous sommes tous déjà désignés. Et chaque Eucharistie est l’occasion d’entendre l’appel, de faire le point, de renforcer notre espérance et de repartir en mission comme artisans de paix. Prenons conscience de l’immensité du travail qui nous attend. Notre mission est sans frontière.
Que la « route » de nos vacances : devienne chemin d’Evangile, chemin de Mission ! Elle sera chemin d’humilité et de douceur si nous conduisons avec courtoisie laissant l’impatience sur le bord de la route. Si nous faisons de nos véhicules des oratoires, des lieux et des temps de prières, la prudence et le respect de l’autre nous seront naturels. Que le Chrétien soit par tout son être un porteur de paix. Tout ce que le Christ est venu apporter. « Santé, sécurité, bien-être, évangélisation ».
Que ce temps de vacances soit véritablement, avec l’Esprit qui nous habite, un temps de mission, de profondes actions de grâces et d’humilité qui permet de reconnaître en l’autre sa grandeur, la grandeur de l’amour qu’il nous porte et la douceur en son cœur ! Admirer, nous étonner, remercier demande de l’humilité mais donne de la couleur à nos journées.

Joyeux été à chacune et chacun de nous !
Jean Chilair BONUR,
curé de la Paroisse de Matignon