Lundi 16 octobre 2017 — Dernier ajout dimanche 22 octobre 2017

Espérance d’automne Enregistrer au format PDF

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Certes, les jours diminuent et le soleil s’abaisse sur l’horizon ; les feuilles vont tomber. Mais ce déclin saisonnier de la nature s’accompagne de préparatifs prometteurs : les labours continuent et s’achèveront avant l’hiver ; ce sont les premières semailles et bientôt les plantations de la Sainte-Catherine !

Mes connaissances de la nature sont malheureusement trop limitées pour que je puisse m’aventurer plus loin dans l’allégorie. Alors, c’est l’Évangile lui-même qui vient à mon secours et Jésus lui-même, qui semble bien connaître les choses de la terre : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches » (Mt 13, 31-34).

Après la joie de la fête de Pentecôte, la réception de notre synode diocésain connaît ce temps de l’automne. Ce n’est pas l’essoufflement après l’intensité de l’effort, encore moins l’oubli des décisions prises au sein du peuple de Dieu par l’écoute de l’Esprit Saint.

Je vois au contraire que nos communautés chrétiennes s’appliquent à choisir, parmi les décisions du synode, le bon grain que l’on pourra déposer dans le champ de l’Église, après avoir préparé un terrain favorable pour sa croissance.

N’ayons pas peur des labours ni des semailles ! Ne nous laissons pas décourager par l’immensité du champ ou l’aridité du terrain. Dieu travaille, même quand nous dormons, il poursuit son œuvre même et surtout dans ce que l’œil ne peut voir, dans ce qui est petit et fragile.

Nous le savons : le bien ne fait pas de bruit, l’amour se donne sans tapage. Alors faisons nôtre la prière de l’apôtre Paul et aussi la belle vision de Charles Péguy sur l’espérance :

« Que Dieu ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel » (Eph 1,18).

« Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance.
Et je n’en reviens pas.
Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle.

C’est elle, cette petite, qui entraîne tout.
Car la Foi ne voit que ce qui est.
Et elle elle voit ce qui sera.
La Charité n’aime que ce qui est.
Et elle elle aime ce qui sera. »

(Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912

Denis Moutel
évêque de Saint-Brieuc et Tréguier