Lundi 15 avril 2013 — Dernier ajout vendredi 31 mai 2013

Et maintenant… Le temps du témoignage… Enregistrer au format PDF

« Notre approche des problèmes n’est jamais conduite par un désir de dominer les contradicteurs par la violence, qu’elle soit verbale ou physique. Au contraire, nous essayons d’éveiller nos semblables de la conscience humaine de connaître et de choisir ce qui est le meilleur. » Mgr André Vingt-Trois, assemblée des évêques, 17 avril 2013

Et maintenant…

Le parlement a adopté, le 23 avril 2013, le projet de loi portant sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. En voulant répondre ainsi aux difficultés des couples homosexuels dans l’organisation juridique de leur vie commune, le législateur est allé trop loin et a pris le risque de diviser la société et surtout de toucher à des réalités fondamentales de la vie humaine :

  • l’identité sexuelle structure profondément la société et constitue un « donné » de la personne humaine.
  • les enfants sont le fruit de l’amour d’un homme et d’une femme. Les manipulations techniques ou les constructions juridiques ne peuvent pas cacher cette réalité.
  • il est grave d’organiser le non-droit d’un enfant à connaître le père et/ou la mère qui l’ont engendré.
  • Parce qu’ils ont le sentiment de n’avoir pas été entendus, beaucoup (et parmi eux de nombreux catholiques) sont tristes. D’autres reprochent à l’Église d’en-tretenir le mépris ou l’ostracisme vis-à-vis des personnes homosexuelles.

Pour des chrétiens, la résistance ne doit jamais être celle de la violence et du mépris.

Pour autant, nous n’avons pas à rougir de nos convictions ni à craindre le dialogue et le travail qui nous aideront à les approfondir, suivant les mots du Cardinal André VINGT-TROIS dans son discours de clôture de l’assemblée des évêques, le 17 avril 2013 : « Notre approche des problèmes n’est jamais conduite par un désir de dominer les contradicteurs par la violence, qu’elle soit verbale ou physique. Au contraire, nous essayons d’éveiller nos semblables à leur responsabilité en misant sur la capacité de la conscience humaine de connaître et de choisir ce qui est meilleur. »

Le temps du témoignage

S’il y a une résistance légitime vis-à-vis de lois que notre conscience réprouve, nous la vivrons avec la force intérieure qui nous aidera à discerner ce qui est juste, dans la multiplicité des informations et des opinions qui s’échangent et d’un engagement renouvelé à servir le bien commun. Ma mission d’évêque me conduit à souhaiter que notre diocèse amplifie son attention :

  • aux familles pour les accompagner dans leur mission et dans la fidélité au sacrement du mariage.
  • aux jeunes et aux enfants pour aider leur croissance humaine et spirituelle, dans une liberté qui ne se laisse pas submerger par les idées dominantes mais qui recherche ce qui est bon et juste pour toute personne humaine et pour eux-mêmes.
  • à tous ceux qui se sentent, à tort ou à raison, mal aimés ou rejetés de l’Église (et parmi eux des personnes homosexuelles), avec le respect mutuel comme condition première du dialogue.
  • à notre Église diocésaine elle-même pour que les dissensions qui sont apparues ne soient pas paralysantes mais toujours relues sur l’horizon de la communion qui nous est confiée comme un bien précieux. Je souhaite que nous entrions dans cette nouvelle période avec la volonté de servir la société, et surtout ses membres les plus fragiles, en témoignant de l’Evangile de l’amour et de la miséricorde.

Nous n’y arrivons jamais avec nos seules forces. Ce sera l’œuvre de l’Esprit de Dieu, l’Esprit de Pentecôte, si nous lui ouvrons nos vies et toutes les missions qui sont les nôtres :

« Viens, Esprit Saint, viens remplir le cœur de tes fidèles ! »

+ Denis Moutel Évêque de St Brieuc et Tréguier