Jeudi 31 janvier 2013 — Dernier ajout mercredi 16 janvier 2013

Hâte des hommes ! Hâte de Dieu ! Qu’est-ce qui mérite cette hâte ? Enregistrer au format PDF

En cette année de la foi et en ce mois de février, il peut être profitable de faire nôtres ce questionnement et cette réponse du pape : « Quels sont les chrétiens qui se hâtent aujourd’hui, quand il s’agit des affaires de Dieu ? Si quelque chose mérite la hâte – veut peut-être nous dire tacitement l’évangéliste-, ce sont justement les choses de Dieu. »

Dans son dernier livre – (L’enfance de Jésus, p.112) – Benoît XVI pose la question « Quels sont les chrétiens qui se hâtent aujourd’hui (…) ? » Mais à quoi fait-il donc allusion ? Avant de poursuivre, peut-être pourriez-vous prendre quelques instants pour risquer une réponse !

Pour vous mettre sur la piste, ce qui a inspiré cette question à notre pape, c’est la contemplation d’une attitude que l’on retrouve à deux reprises au début de l’évangile selon Saint Luc. Attitude de Marie qui, après la visite de l’ange part « en hâte » (Lc 1,39) pour rendre visite à sa cousine Elisabeth. Attitude des bergers qui, après la visite des anges, allèrent « en hâte » (Lc 2,16) à Bethléem pour voir ce qui leur avait été annoncé. Voyez-vous maintenant ce dont il peut s’agir ?

En cette année de la foi et en ce mois de février, il peut être profitable de faire nôtres ce questionnement et cette réponse du pape : « Quels sont les chrétiens qui se hâtent aujourd’hui, quand il s’agit des affaires de Dieu ? Si quelque chose mérite la hâte – veut peut-être nous dire tacitement l’évangéliste-, ce sont justement les choses de Dieu. »}}}

Dans quelques jours, nous serons invités à entrer dans ce temps privilégié de conversion et de préparation qu’est le carême  . Les notions d’efforts (ascèse signifie exercice) peuvent occasionner quelques résistances à envisager avec joie l’entrée dans cette période de 40 jours. Ce temps peut sembler long et pourtant il passe aussi très vite ! Il est bon d’y plonger et de ne pas manquer ce rendez-vous. Pour qualifier le climat de ce temps de conversion, les chrétiens d’Orient utilisent l’expression « radieuse tristesse ».

Envisager le but donne courage pour le temps de l’effort. Ce but est de pouvoir célébrer avec un cœur renouvelé, en cette semaine Sainte, le mystère central de notre foi - le mystère pascal - qui aboutit à la lumière et la joie de la Résurrection.

Le 18 février, nous fêtons Sainte Bernadette. Elle est pour nous un modèle de cette « hâte » intérieure et extérieure en réponse aux invitations de la Vierge :« Priez Dieu pour la conversion des pécheurs. Pénitence. Pénitence. Pénitence. Allez à la source, boire et vous y laver ». Afin de répondre avec la même foi et la même hâte que Bernadette, nous pouvons nous transporter en pensée à la grotte de Lourdes, voir et entendre l’eau qui jaillit de la source. Puis, lentement faire nôtre cette prière qui est comme un programme pour ce temps de carême   :

Seigneur lave mes oreilles que je puisse entendre ta Parole et celle de mes frères et sœurs.

Seigneur, lave mes lèvres que je puisse te rendre grâce et dire aux autres des paroles positives.

Seigneur, lave mes yeux que je puisse voir ta présence dans le cœur de ceux et celles qui m’entourent .

Seigneur lave mes mains que je puisse servir mes frères et sœurs en véritable enfant de Dieu .

Avançons sur ce chemin avec la hâte que permet en nous la présence de l’Esprit Saint. Grâce à la foi, à Cana, Marie n’a-t-elle pas hâté le temps de Dieu ? Elle nous accompagne et nous dit : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Bon carême   en cette année de la foi !

Père Didier Moreau. Abbaye de Boquen.