Lundi 30 octobre 2017

Jours de novembre Enregistrer au format PDF

0 vote

Toussaint, jour des morts : deux façons d’évoquer ceux qui ont disparu. Combien d’hommes ont vécu avant nous ? Que sont-ils devenus ? Sontils disparus pour toujours, hors de nos souvenirs, de notre mémoire ? Pourquoi ont-ils vécu avec leurs bonheurs, leurs joies, leurs plaisirs, leurs peurs, leurs souffrances, leurs espoirs ? Chaque fois que la vie s’arrête, c’est l’un d’entre nous, c’est une famille, ce sont des amis qui sont plongés dans la tristesse, la peine, parfois le désespoir.

Recueillement

Le désespoir, c’est-à-dire qu’il n’y a plus d’espoir. Rien devant nous que ce basculement dans l’inerte et l’inconnu.

La Toussaint, chez les chrétiens, ce n’est plus le désespoir.

C’est l’espérance aboutie, réalisée.

Oui, la vie puis la mort nous ont transformés, portés plus haut que nous-mêmes. Voilà ce que l’on appelle la sainteté, c’est-à-dire la sérénité, le dépouillement de soi, la plongée dans l’amour universel, la plénitude de l’amour que nous appelons Dieu. Ce devrait être un jour de joie.

Mais alors qu’en est-il de ce jour des morts ?

Serait-ce seulement l’évocation de la rupture irrévocable avec un être cher, serait-ce alors seulement l’expression de la souffrance que cette séparation nous a imposée ? Sans doute, mais c’est aussi la manifestation de l’amour qui nous a unis. C’est la reconnaissance de ce qu’ils nous ont donné.

C’est le sentiment que cet amour demeure audelà de la mort, c’est quand même aussi l’espoir qu’un jour nous nous retrouverons. Il y a dans ces deux jours de recueillement le rappel de notre fragilité, l’incitation à sortir du fugace, à retrouver l’essentiel, c’est-à-dire ce qu’est notre vie, son sens et à nous interroger sur ce que nous léguerons à notre tour à ceux qui nous suivent.
C’est le rappel que nous ne sommes que des passagers sur cette Terre lancée parmi les étoiles et que chaque homme, chaque femme, est une personne qui récapitule en elle toute l’humanité, qui, à ce titre, demeure et participe à la montée humaine vers cette communauté à laquelle nous aspirons confusément. Parce que c’est là, nous le savons, que chacun pourra s’épanouir dans la liberté.

François Régis Hutin Édito Ouest France 1er novembre 2016