Vendredi 8 avril 2016 — Dernier ajout jeudi 21 avril 2016

L’Espérance est une ancre Enregistrer au format PDF

0 vote

« Avec le Christ, la vie renaît, l’espérance revient, la joie fleurit ». Pape François

L’année de la miséricorde nous invite à montrer un cœur libre pour le Seigneur.

Père Jean Chilair BONCOEUR
Père Jean Chilair BONCOEUR

L’itinéraire du temps Pascal que nous sommes en train de vivre est un cheminement unique, une expérience spirituelle inattendue et une formidable rencontre avec le Christ ressuscité pour aller de l’avant ! En effet, façonnés par la présence du Christ ressuscité, au cœur de nos activités quotidiennes, nous faisons un pas de plus vers le Seigneur en vivant ce temps Pascal qui est par excellence le temps de la plénitude de la Révélation Divine.

Les cinquante jours du temps Pascal de cette année sont marqués par l’année de la Miséricorde, c’est sans doute le temps de toute une vie, le temps de Dieu. Période jubilaire durant laquelle nous pouvons bénéficier de grâces particulières. A l’appel du Pape François, nous pouvons « sortir de notre aliénation existentielle grâce à l’écoute de la Parole et aux œuvres de miséricorde ».

Nos actions, nos « œuvres » sont matérielles et spirituelles :

  • Matérielles, car de nombreuses personnes ont besoin d’être nourries, vêtues, hébergées et visitées.
  • Spirituelles, en étant attentifs à prier, enseigner, pardonner, et à être des compagnons de route. Chacun, chacune, pourra prendre des résolutions et avancer, concrètement et spirituellement durant ce temps Pascal.

Les résolutions du temps Pascal peuvent être des « bonnes actions » en plus grand nombre ou plus qualitatives. A ce sujet, l’Evangéliste (Jean 13,35) vient de rappeler « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres »

L’année de la miséricorde est donc une invitation à avoir un cœur libre, disponible pour le Seigneur et pour les autres. Nul fardeau n’est trop lourd pour le Seigneur, à nous de nous alléger ! Développons donc notre capacité à aimer et à compatir, à être accueillant à l’égard de tous et à indiquer le chemin de la réconciliation avec Dieu. Offrons à celles et ceux que nous rencontrons de se mettre en route, de faire un pas et encore un autre, et de franchir la porte ouverte de la miséricorde : c’est là que Dieu notre Père nous attend, pour nous serrer sur son cœur.

Dans notre diocèse, nous vivons un cheminement synodal. Toutes et tous, nous sommes en route pour réfléchir à ce que nous sommes et à ce que nous faisons : prière, services pour les autres, animations etc. Le thème de l’espérance est proposé au moment où notre monde cherche son équilibre. En cette période de remise en question de notre société, il convient de nous rappeler que l’espérance est bien là, au cœur de nos vies. Pour un chrétien, l’espérance n’est pas que de l’optimisme éphémère, c’est l’une des trois vertus théologales.

L’espérance nous vient de l’intérieur, de la présence du Christ qui est en nous, Temples de l’Esprit. Contrairement aux deux autres vertus théologales, la foi et la charité, que l’on ressent et pratique, l’espérance est une « vertu cachée », car elle touche à notre attitude, à notre manière « d’attendre » ce qui nous a été promis : « l’espérance est un risque, c’est une vertu risquée, dit Saint Paul, une attente ardente vers la révélation du Fils de Dieu… pas une illusion ! ».

Avoir l’espérance, rappelle le Pape François, c’est « être tendu vers cette révélation, vers cette joie qui remplira notre visage de sourires ». Saint-Paul rappelle encore que l’espérance n’est pas de l’optimisme, « c’est plus que cela ». C’est « une chose différente ».
Les premiers chrétiens la « dépeignaient comme une ancre : l’espérance est une ancre, une ancre fixe à la rive » de l’au-delà. Et notre vie, c’est justement de marcher vers cette ancre. La question se pose de savoir où nous sommes ancrés : au Seigneur ou dans une « lagune artificielle » ?

En cette année jubilaire et synodale, avec notre évêque, choisissons l’espérance, réjouissons-nous du don de Dieu, aimons-nous les uns les autres et œuvrons à la transformation missionnaire de notre Eglise !

Père Jean Chilair BONCOEUR
Curé de la paroisse de Matignon