Mardi 27 septembre 2016 — Dernier ajout samedi 24 septembre 2016

L’adoration Enregistrer au format PDF

« L’Église et le monde ont un grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l’amour. Ne refusons pas le temps pour aller Le rencontrer dans l’adoration, dans la contemplation pleine de foi et ouverte à réparer les fautes graves et les délits du monde. Que ne cesse jamais notre adoration. »

Jean-Paul II « Dominicae cenae »

Si vous ouvrez le dictionnaire au mot « adorer » vous lirez ceci : « Rendre un culte à un dieu, un objet divinisé ; aimer passionnément ; apprécier beaucoup ». La définition est large mais lorsque l’Eglise utilise le terme, chacun devine que l’adoration concerne Dieu et le Christ.

Adoration lors de la venue des reliques de Ste Faustine et de St Jean-Paul II
Adoration lors de la venue des reliques de Ste Faustine et de St Jean-Paul II

 L’origine

A l’origine, c’est une prière ou un discours adressé à un interlocuteur (en latin « oratio ad »). C’est encore le geste de mettre la main à la bouche (en latin « ad os ») pour envoyer un baiser à quelqu’un, ou de porter à la bouche le bord du vêtement de la personne que l’on veut honorer, ou encore de baiser la terre en signe de respect. Aux premiers siècles de notre ère, ces gestes étaient pratiqués pour honorer l’empereur romain et ses statues. Les chrétiens vont s’emparer de ces marques d’honneur et les réservent à Dieu et au Christ. Ainsi, la liturgie va introduire des gestes d’adoration ; on embrasse l’autel, l’évangéliaire, on adore la Croix le Vendredi Saint. Plus largement, l’adoration est tout acte visant le culte rendu à Dieu, mais le plus souvent, c’est le Saint-Sacrement qui est l’objet de l’adoration exprimée par la génuflexion ou l’agenouillement.

 L’adoration du Saint Sacrement

Elle naît au XIIIe siècle. A cette époque, les chrétiens ne communient presque jamais. Parce qu’ils se sentaient indignes de recevoir le Christ dans la communion, ils préféraient adorer le Christ présent dans le Saint Sacrement. Aujourd’hui, les chrétiens communient bien plus, néanmoins, ils ont gardé ce désir de contempler le Christ et d’y nourrir leur foi. C’est une manière très louable que l’Eglise encourage de « participer plus profondément au mystère pascal et de répondre avec reconnaissance au don de Celui qui, par son humanité, ne cesse de répandre la vie divine dans les membres de son corps » (Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n° 164). Le modèle de l’adoration du Saint Sacrement nous est donné dans le temps qui suit la célébration de la messe du Jeudi Saint, devant les Saintes Espèces déposées au reposoir.

 Quel sens lui donner aujourd’hui ?

L’acte d’adoration par excellence est la messe qui nous unit à l’offrande du Christ à son Père. L’adoration du Saint Sacrement n’a de sens que si elle renvoie à la messe puisqu’elle vise à prolonger en nous le mystère de l’Eucharistie. Ceci a deux conséquences pratiques : l’adoration se fait devant le tabernacle ou sur un autel où l’Eucharistie est habituellement célébrée ; l’hostie exposée a été consacrée lors de la messe qui a précédé l’adoration. (cf. Rituel de l’Eucharistie en dehors de la messe). L’adoration peut revêtir diverses modalités : -la visite au Saint Sacrement présent dans le tabernacle, -l’adoration du Saint Sacrement exposé, -l’adoration perpétuelle qui mobilise une communauté religieuse ou des chrétiens dans un lieu particulier. Pour ces deux dernières modalités, l’Eglise recommande que les fidèles entendent et méditent des textes de l’Ecriture, puissent chanter des chants eucharistiques et bénéficier de prières adaptées, tout en alternant la prière silencieuse et la prière communautaire. Enfin, on se souviendra que l’adoration ne peut se limiter à un acte individuel : par le pain eucharistique, nous rejoignons le corps tout entier de nos frères humains, pour lesquels le Christ est mort. L’adoration est fondamentalement missionnaire : elle nourrit le croyant, non pas pour un cœur à cœur enfermant, mais pour témoigner au monde du don que Dieu lui fait de son Fils.

Serge Kerrien

Diacre permanent