L’entrée triomphale du Christ à Jérusalem
Vendredi 7 avril 2017

La bénédiction des rameaux Enregistrer au format PDF

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Le dimanche des Rameaux ouvre la semaine sainte. Commémorant l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem et introduisant au mystère de la Passion, les rites de cette fête restent très populaires, particulièrement la bénédiction des rameaux.

 Un peu d’histoire

La fête des Rameaux est née au IVe siècle à Jérusalem, sur les lieux mêmes où Jésus était entré, acclamé par la foule qui agitait des palmes ou des rameaux d’olivier, en criant : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ».
Cette fête, (avec procession ? on ne le sait pas), rapidement répandue en Orient, n’est attestée à Rome qu’au VIIe siècle. Et les premiers témoignages de la procession en Gaule datent du IXIXe siècle. La procession est introduite à Rome au XIe siècle et on la fait précéder de la bénédiction des palmes ou des rameaux. Tous les fidèles font la procession puis assistent à la messe, palmes à la main.

Au moyen-âge, la procession fait halte au milieu des tombes qui entourent l’église. Chaque famille s’agenouille sur la tombe de ses proches, le prêtre bénit les tombes et les fidèles y plantent les rameaux de buis, symboles d’immortalité, puisque le buis reste toujours vert. On ne célèbre plus beaucoup l’entrée du Christ à Jérusalem, mais plutôt la confiance que les défunts vivent une vie éternelle dans la Jérusalem céleste.

Aujourd’hui, avant la messe, la liturgie prévoit la bénédiction des rameaux, suivie de la lecture d’un des évangiles de l’entrée de Jésus à Jérusalem et d’une procession jusqu’à l’église. La messe qui suit ne mentionne les rameaux que dans l’antienne d’ouverture.

 Quel en est le sens ?

Jusqu’à une époque récente, et c’est sans doute encore un peu vrai aujourd’hui, les Rameaux attiraient des chrétiens peu pratiquants, désireux de rapporter le buis bénit qu’ils accrocheraient dans leur maison, parfois même dans les étables, pour conjurer les maladies. Dans certaines régions le buis était aussi planté en bordure des champs ou sur les tombes.

La liturgie nous en donne un tout autre sens. En nous faisant méditer l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, elle nous invite à porter nos regards sur les rameaux. Ces rameaux printaniers coupés aux arbres manifestent le renouveau de la nature et sa puissance de résurrection après l’hiver. Ils sont signes de la victoire permanente de la vie sur la mort. Ils apportent donc une signification symbolique que les évangélistes nous ont donnée et que l’Eglise reconnaît : au-delà de l’acclamation d’une foule versatile qui réclamera bientôt la mort de Jésus, il y a promesse de victoire de la vie sur la mort, victoire qui apparaîtra en pleine lumière au matin de Pâques.

Il faut aussi remarquer, et cela peut nous aider à en comprendre l’unité, que toute la route de la semaine sainte est bordée d’arbres. Le dimanche des Rameaux l’inaugure avec des palmes, des rameaux d’olivier ou des branchages printaniers. Le jeudi soir, le Seigneur mène le combat de son agonie au jardin des oliviers. Le Vendredi, l’Eglise livre à notre adoration le bois de la croix, bois que la lumière du cierge pascal éclairera d’une fleur de feu.

Ainsi, lorsque chacun ramène chez lui le rameau bénit et qu’il le place sur la croix de sa maison, c’est pour garder en mémoire que la croix, instrument de supplice et de mort, est pour le chrétien un signe de vie : du bois de la Croix jaillit la vie que Dieu nous partage.