Mercredi 22 octobre 2014

La commémoration des défunts Enregistrer au format PDF

0 vote

Proche de la Toussaint mais conçue à une époque différente et dans un but bien différent, la commémoration des fidèles défunts était souvent célébrée à la messe ou aux vêpres de la Toussaint. Pourtant, cette invitation de l’Eglise à prier pour les défunts porte un caractère bien spécifique ; il convient donc de distinguer les deux célébrations.

La prière pour les défunts.
La question se pose régulièrement de savoir s’il est légitime et utile de prier pour les défunts : à quoi bon, puisqu’ils sont entre les mains de Dieu ?
A cette question, l’Eglise répond par une pratique très ancienne : c’est chaque jour qu’elle prie pour les morts, par exemple dans les prières eucharistiques qui comportent toutes une intercession pour les défunts. En demandant à Dieu de se souvenir d’eux et de les recevoir dans sa lumière, l’Eglise nous invite aussi à nous en souvenir chaque jour et plus particulièrement le 2 novembre.

D’où vient cette commémoration ?
Au VIIe siècle, les moines commencèrent à offrir une messe pour les défunts de leur ordre, le lende-main de la Pentecôte. Au Xe siècle un moine, Odilon de Cluny, instaura cette commémoration. Il savait bien qu’une société ne peut vivre sans le souvenir de son passé, qu’une famille ne peut oublier ses ancêtres, que tout homme doit garder la mémoire de ses parents et de ceux qu’il a aimés. Il eut la bonne idée de proposer cette journée où l’Eglise fait mémoire des défunts, le 2 novembre, au lendemain et dans la lu-mière de la Toussaint.
Comment ne pas penser, en effet, que, parmi les dé-funts, beaucoup de saints sont près de Dieu, sans attendre béatification ou canonisation venues de la terre. Cette pratique s’étendit aux autres monastères, puis aux paroisses.
Au XIIIe siècle, Rome inscrivit ce jour sur le calendrier de l’Eglise universelle. La date du 2 novembre fut maintenue pour que tous les membres de la communion des saints soient commémorés en des jours successifs : les saints parvenus à la gloire du ciel, le 1er novembre, et les autres le 2.
Aujourd’hui, cette journée de prière, même si elle commence la veille, voit les foules se rendre dans les cimetières, chacun fleurir les tombes et se recueillir devant ses morts.

La messe pour les défunts.
Pratique très ancienne de l’Eglise, la recommandation de messes pour un défunt, à l’occasion de ses funé-railles, tend à disparaître, au profit d’offrandes de fleurs ou de don pour la recherche médicale.
On ne peut que le regretter et sans doute les chrétiens auraient à retrouver le sens de la communion des saints, c’est-à-dire de cette solidarité   que le baptême instaure entre tous les membres de l’Eglise du ciel et de la terre.
Offrir une messe pour un défunt, c’est manifester que la mort ne saurait détruire les liens établis pendant la vie terrestre, et que par son mystère pascal, le Christ, nous donne la vie éternelle. Solidaires sur la terre, les chrétiens restent solidaires par-delà la mort. Il est nécessaire de s’en souvenir.
« Les chrétiens intercèdent pour les fidèles défunts, déjà membres du Christ mort et ressuscité, afin qu’ils passent définitivement de la mort à la vie. Par la célébration de l’eucharistie, ils offrent pour eux, dans l’action de grâce, le sacrifice de la Pâque du Christ en ré-mission des péchés. Ils prient Dieu, riche en miséricorde, afin que les défunts ne restent pas prisonniers de la mort, mais qu’ils entrent dans la Pâque définitive et connaissent la paix et la joie de Dieu ».

Serge Kerrien
Diacre permanent