Mercredi 18 juin 2014 — Dernier ajout mercredi 17 septembre 2014

La confirmation, un sacrement méconnu ? Enregistrer au format PDF

Le nombre restreint de baptisés confirmés, la maigre participation des communautés chrétiennes à sa célébration font de la confirmation le plus mal connu des sacrements. Pourtant, sa célébration est vitale, non seulement pour les confirmands, mais pour tout chrétien. Tout baptisé est appelé à faire signe dans le monde par son existence quo-tidienne. Les sacrements ont été institués pour que la grâce reçue porte du fruit et fortifie le chrétien dans son témoignage de foi et l’annonce de l‘Evangile. La confirmation, elle aussi.

Un sacrement de l’initiation chrétienne Pour devenir chrétien, trois sacrements sont nécessaires et indissociables : le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Ces trois sacrements déploient, chacun à sa manière, des phases différentes d’une même ac-tion divine. L’œuvre de l’Esprit commence au baptê-me et s’accomplit dans la confirmation et l’eucharistie. La confirmation ne complète pas le baptême, déjà don de l’Esprit ; elle l’actualise et le renforce. Etre confirmé, c’est donc être plus profondément introduit au mystère chrétien. Pour être un chrétien achevé, les trois sacrements sont nécessaires ; si l’un d’entre eux manque, le chrétien est un peu infirme et ne peut totalement s’épanouir dans la foi.

Confirmation et Eglise diocésaine C’est l’évêque ou son délégué qui confirme. Pourquoi ? Dans l’Eglise primitive, on baptisait surtout des adultes. Après le baptême l’évêque accueillait le nouveau baptisé et le marquait au front par l’onction du Saint Chrême. Ensuite, le nouveau baptisé était accueilli dans la communauté et partageait avec elle l’eucharistie. Le rôle de l’évêque était essentiel : il était celui qui faisait l’onction, signe du don de l’Esprit, et qui introduisait le baptisé dans une Eglise particulière ; celle dont il était l’évêque. La présence de l’évêque ou de son représentant rappelle cette double dimension : le signe du don de l’Es-prit et le lien à une Eglise diocésaine.

Des conséquences La première concerne tous les chrétiens qui n’ont pas encore reçu le sacrement de confirmation. Quel que soit leur âge, ils sont invités à s’y préparer pour rece-voir la grâce spécifique de ce sacrement et pouvoir accomplir leur mission en plénitude. Il n’y a pas d’âge pour être confirmé, il y a simplement le désir de s’ouvrir au don que Dieu fait de sa grâce. Vous qui n’êtes pas confirmés, y avez-vous sérieusement pensé ? Vous chrétiens portez-vous le souci d’inviter à la confirmation ? La seconde concerne les communautés chrétiennes. L’absence massive des chrétiens lors des célébrations de la confirmation est à la fois un scandale et un non-sens. Un scandale, parce que les motifs invoqués tiennent du confort personnel : il n’y aura pas de place ; ce sera trop long ; il faut se déplacer, etc… Or, tout sacrement est lieu de construction de l’Eglise autour de l’évêque ou de son représentant. C’est l’Eglise, c’est-à-dire chaque baptisé, qui accueille et accompagne ceux qui célèbrent une étape de leur vie de foi. Personne ne peut dire que la célébration d’un sacrement ne le concerne pas ; ce serait réduire l’Eglise à sa propre personne et choisir ce qui ne dérange pas son propre confort. Un non-sens pastoral. Partout on entend des plaintes et on pleure l’absence des jeunes dans nos assem-blées. Mais comment pouvons-nous demander leur présence quand, nous-mêmes, nous nous absentons le jour où ils sont invités à prendre toute leur place de chrétiens adultes ? Comment osons-nous nous plaindre quand nous refusons de leur tendre la main et de les accueillir comme des membres à part entière de nos communautés ? Chacun saura y réfléchir.

Serge Kerrien Diacre permanent