Mardi 26 avril 2016 — Dernier ajout samedi 23 avril 2016

La fidélité dans l’amour, expression de miséricorde Enregistrer au format PDF

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Les festivités pascales, joyeusement célébrées le 27 mars, sont l’expression d’une présence et d’un acte bienfaisants dont la soif de cerner les contours ne serait pas une prétention. Pâques est la manifestation d’un Dieu victorieux du mal qui accompagne ses créatures à travers une pédagogie incitant de façon permanente à l’action de grâce.

Abbé Prosper Gbaguidi
Abbé Prosper Gbaguidi

Nous proposons à nos lecteurs un pèlerinage de l’esprit à travers les artères des grands événements figurant au calendrier de l’Eglise durant le mois de Mai. Naturellement, après Pâques, l’Eglise célèbre respectivement l’Ascension du Seigneur et la Pentecôte au bout de 40 et 50 jours.

 « Etre avec »

La fidélité se manifeste par une présence vitale et attentionnée : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les Nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt28, 18 – 20)
L’enseignement fondamental de l’Ascension se condense dans ce passage. Se laisser habiter, d’une part par la ferme conviction que le Seigneur brille toujours par mode de présence dans l’absence. D’autre part, il faut se rendre à l’évidence que «  Etre avec » est une expression forte et sacrée de fidélité. Une présence qui implique une mission ; une mission qui brise les murs de la solitude, de la désespérance ; une mission qui fortifie et qui vivifie. L’assurance de cette présence rassurante est l’Esprit qui chemine avec l’Eglise et dont nous célébrons une manifestation particulière dans l’événement pentécostal.

 Une pédagogie miséricordieuse

La Pentecôte, que nous fêtons 10 jours après l’Ascension, nous rappelle le don de l’Esprit aux Apôtres.
Cet Esprit Saint est l’amour propre à Dieu. Cet amour est si parfait et si profond qu’il n’est pas une qualité ni une propriété de Dieu, mais il est lui aussi une Personne. C’est Lui l’Esprit Saint qui crie en nous : « Abba, Père ! ». C’est aussi Lui qui, avec l’Eglise, l’Epouse du Christ, implore : « Viens, Seigneur Jésus, viens ! », comme le rapporte saint Jean à la fin de l’Apocalypse. Le Saint Esprit, c’est à la fois la réponse à toutes nos prières, les promesses accomplies, notre espérance réalisée. La prière la plus brève, par laquelle nous demandons le Saint Esprit, correspond à la formule devenue liturgique « Kyrie eleison », ce qui signifie « Seigneur, aie pitié, sois miséricordieux ! », car l’Esprit est cette grande miséricorde.

La miséricorde ne signifie pas que Dieu nous accepte de nouveau, après un régime de punition pour tous nos péchés. Sa miséricorde consiste justement dans le fait qu’Il veut s’installer dans nos cœurs, partager notre existence jusqu’au bout, y compris dans les souffrances et dans la mort, qu’Il veut devenir un avec nous. Il veut nous faire participer à sa propre nature divine, à sa Sagesse qui s’est incarnée, à sa joie et à son amour qu’Il a répandus sur toute chair.
En épousant notre humanité par amour gratuit, la Sainte Trinité ne cesse de nous témoigner sa fidélité qui exprime clairement qu’il ne peut y avoir amour sans miséricorde, sans pardon. Sans miséricorde, vaine est notre foi.

Abbé Prosper GBAGUIDI