Samedi 25 janvier 2014 — Dernier ajout mercredi 17 septembre 2014

La procession des offrandes Enregistrer au format PDF

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Dans les quatre textes du Nouveau Testament qui nous rapportent les gestes de Jésus au soir de la Cène, on trouve quatre moments qui fondent l’eucharistie chrétienne : Jésus prend le pain et la coupe de vin, prononce l’action de grâce, rompt le pain pour le partager, donne le pain et la coupe. Le 1er de ces moments constitue, dans notre litur-gie, l’apport des dons ou procession des offrandes.

Garnir l’autel
La présentation du missel insiste, au n° 73, sur les pré-paratifs de la table eucharistique : nappe, cierges, fleurs plutôt disposées autour que sur l’autel, missel, corporal et purificatoire. On évitera toujours d’encom-brer l’autel de multiples objets inutiles : lumignons, vases sacrés, livres, burettes…
En effet, les choses parlent autant que les mots. Seul un autel bien dégagé dira l’importance de ce qui va se passer parce qu’il sera prêt à recevoir dignement le pain et le vin. L’autel n’est pas une crédence, mais la table du repas du Seigneur. Normalement la patène et le calice n’ont pas à y être dès le début de la messe puisque « faire présenter le pain et le vin par les fidè-les est un usage à recommander » (Présentation du missel n° 73).
Apporter les dons
Même dans une église aux dimensions modestes ou dans un oratoire de semaine, il est bon que le pain et le vin soient à une certaine distance de l’au-tel pour que leur apport, par les fidèles, soit visible. Normalement, ce sont des fidèles qui apportent au prêtre ou au diacre, le pain et le vin pour la célébration de l’eucharistie. Une procession très déployée n’est pas toujours nécessaire, mais il est indispensable que le geste d’apport des dons soit visible. En effet, c’est toute l’assemblée qui est concernée par le mys-tère d’échange entre Dieu et les hommes : l’homme apporte à Dieu les dons venus de lui, fruits de la terre et de son travail, pour en recevoir, dans le partage du pain venant de l’autel, ce même don divinisé.
La procession des dons
Lorsque l’on fait une procession plus solennelle, elle part du fond de l’église. Ce sont des membres pris dans l’assemblée qui apportent le pain et le vin. Et il est souhaitable que ce soient des adultes, d’une part pour la visibilité des dons, d’autre part pour le sens même des offrandes, fruits de la terre et du travail. Les enfants trouveront leur place en apportant lumiè-res ou fleurs qui seront déposées avant le pain et le vin. D’autres dons, en argent ou en nature, peuvent aussi être apportés mais ils ne doivent pas être dépo-sés sur l’autel qui ne reçoit que le pain et le vin. Il est d’ailleurs souhaitable qu’il n’y ait qu’un seul plateau pour le pain et qu’un seul vase pour le vin.
Parfois, on a pris l’habitude d’ajouter à la procession le missel, les burettes, le calice. Ils n’ont rien à y faire : ce ne sont pas des dons. Pas plus d’ailleurs que toutes sortes d’objets qui trouveront leur juste place dans la procession d’entrée, dans la mesure où ils signifient des caté-gories de fidèles, des ac-tions ponctuelles ou des réalisations pastorales.
Bien réalisée, la procession des dons, lorsqu’elle tra-verse l’assemblée, permet à chacun de déposer sa vie avec le pain et le vin, et de l’offrir à Dieu. Avec le pain et le vin, nos vies sont aussi consacrées dans cet admi-rable échange où Dieu accepte nos dons pour nous faire don de sa vie.
Serge Kerrien
Diacre permanent