Mercredi 21 janvier 2015

Le Carême , un temps favorable Enregistrer au format PDF

0 vote

Le Carême   n’est même pas seulement un exercice de sobriété néces-saire à tous ceux qui veulent rester éveillés et lucides, en ayant comme objectif : Pâques. Le Carême   est un chemin vers la résurrection. Puisque nous sommes baptisés dans le Christ, nous nous préparons à participer à sa résurrection. Entrer en Carême   c’est se tourner vers la résurrection du Seigneur pour prendre le même chemin que lui. […]
Extrait « d’entrons en carême   » par le Père MARIN Jean-Claude

Six mots et une histoire
C’est maintenant… Voici… Aujourd’hui… Trois mots qui disent l’urgence de se convertir pour se préparer à vivre la nuit de Pâques.
Jeûne… Prière… Aumône… Trois autres mots qui sont les composantes autour desquelles le Carême   s’est construit progressivement comme préparation à Pâques. Et le lien entre les trois mots est très étroit : nos quarante jours de privations (le jeûne) doivent servir aux plus pauvres (l’aumône) et se nourrir à la source de la prière.
Au IVe siècle, le Carême   va s’enrichir de la démarche du catéchuménat. Ses rites vont influencer l’esprit de ce temps, par le choix des lectures qui donne aux futurs baptisés le sens de leur démarche, une démarche de conversion pour une création nouvelle à Pâques. A cela va s’ajouter la réconciliation des pénitents. Ainsi le Carême   a déjà, au Ve siècle, du mer-credi des cendres à la semaine sainte, les traits essen-tiels de ce qu’il est aujourd’hui.

Le Carême  , pour quoi faire ?
Quarante, chiffre symbolique qui désigne, dans l’Ecriture, un temps assez long de maturation et de préparation. Quarante jours que l’Église donne aux baptisés pour qu’ils retournent leur cœur. Quarante jours où, de dimanche en dimanche, Dieu laisse tomber sa Pa-role qui produira les épis nouveaux des cœurs renouvelés. Quarante jours pour renouer, renouveler et approfondir l’Alliance scellée au baptême entre Dieu et chacun de ses enfants. Le chemin que l’Eglise nous donne d’emprunter dans l’année B est celui de l’histoire des alliances entre Dieu et les hommes.

« Souviens-toi ! ».
Les premières lectures de l’année B nous font suivre les grandes étapes de l’histoire de l’ancienne alliance entre Dieu et les hommes : Noé et l’alliance des origi-nes (1er dimanche), nous relirons l’alliance avec Abraham (2e dimanche), Moïse au Sinaï où Dieu donne sa loi d’alliance comme chemin de liberté (3e dimanche), restauration de l’alliance après l’exil à Babylone (4e dimanche) annonce d’une nouvelle alliance inscrite, mais dans les cœurs (5e dimanche). Et, comme fil conducteur les mots du psalmiste : « Souviens-toi de ton alliance… ».

Le Fils de la nouvelle Alliance
Les évangiles vont se centrer sur Jésus Christ sauveur de tous les hommes. Nouveau Moïse traversant victorieusement les quarante jours dans le désert (1er dimanche), Fils bien –aimé qu’il faut écouter, (2e dimanche), Jésus est le nouveau temple de la nouvel-le alliance (3e dimanche). Mis à mort sur la croix, il est le Fils de l’homme, élevé de terre, en qui tout homme qui croit trouve le salut (4e dimanche), qui attire à lui tous les hommes (5e dimanche). Il est la Parole éternelle d’un Dieu fidèle à son alliance.

Des signes et des témoins
L’alliance dont Dieu a l’initiative après le déluge est universelle. Dieu l’établit avec tous les êtres vivants ; l’arc-en-ciel en est le signe.
La croix est le signe donné de la nouvelle alliance, de l’amour de Dieu planté au cœur du monde. Objet de supplice et de mort, elle est le signe de la victoire de la vie de Dieu.
Des témoins de l’Alliance : Noé, Abraham, Moïse, les prophètes, Jésus. Progressivement, le croyant va dé-couvrir, par eux, qui est Dieu : un Dieu qui fait alliance ; un Dieu qui n’a pas refusé son propre fils ; un Dieu qui trace pour son peuple un chemin de liberté ; un Dieu qui pardonne ; un Dieu qui sollicite la réponse d’un cœur.
Ainsi, pas à pas, le chrétien est entraîné vers Pâques, passant des eaux du déluge aux eaux du baptême qui le sauvent et lui donnent de participer par le Christ, avec le Christ et dans le Christ, à la vie de Dieu.

Serge Kerrien
Diacre permanent