Samedi 24 février 2018

Le Pardon est richesse et liberté Enregistrer au format PDF

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Père André Perrot
Père André Perrot

Pardonner, c’est la forme la plus subtile, la plus aboutie et pour beaucoup la plus impossible de la charité.

Qui ne s’est pas heurté un jour à ce mur, apparemment infranchissable :
- pardonner, oui, bien sûr, mais pas ça,
- mais pas lui ou elle.

Et même quand le désir de pardonner est sincère, la mémoire est là qui ramène sans cesse le souvenir de l’offense subie, qui rouvre la plaie et peut repousser le pardon. Ne confondons pas oublier et pardonner ; le Pardon dépend de moi, pas le souvenir.

Je ne peux pas être chrétien si je vis dans la rancune, la haine, le besoin de vengeance. « Pardonne à ton prochain… et tes péchés seront remis » dit Ben Sirac le Sage. « Pardonne-nous comme nous pardonnons » répétons-nous dans le Notre Père.

Souvent, le Pardon est une lente construction, toujours recommencée. C’est cela qui nous est demandé, nous mettre, avec le Christ, sur le chemin du Pardon. Ce chemin sera peut-être long et plein de détours. Peu importe, si malgré les ronces et les épines, je ne renonce pas à aller jusqu’au bout.

Livré aux mains des hommes, bafoué, torturé, le Christ a pardonné. Dieu, sans cesse, pardonne, sinon comment oserions nous nous tenir devant Lui ?

Et Il nous dit ce qu’est le Pardon, non pas oublier, mais toujours tendre la main à l’offenseur, pour l’aider à se relever. Pardonner, c’est aimer. Le Pardon est richesse et liberté pour celui qui pardonne et celui qui sait avoir besoin de Pardon.

Frère que j’ai offensé, frère qui m’a offensé, partons ensemble sur le chemin du Pardon pour célébrer ensemble le Pardon de Dieu et Le prier sans cesse : « Apprends-nous à pardonner ».

Profitons de notre marche vers Pâques, temps de conversion pour nous approcher du Sacrement du Pardon ou de Réconciliation qui nous est proposé. Ce Sacrement, ne le boudons pas !

André PERROT, curé des paroisses de Pléneuf et d’Erquy-Fréhel