Dimanche 2 juin 2013

Le Seigneur soit avec nous ! Et avec votre esprit. Enregistrer au format PDF

Ce simple dialogue va instaurer chacun comme sujet spirituel et ceci de trois manières. D’abord comme partenaire à part entière du Seigneur. Ensuite, nous situer avec d’autres, au sein d’une même assemblée. Enfin nous tourner vers le Seigneur, élever nos cœurs et rendre grâce.

On entend quatre fois ce dialogue pendant la messe :

à l’ouverture, avant l’Evangile, au début de la prière eucharistique, avant la bénédiction finale. Quel est le sens de ces formules ?

« Le Seigneur soit avec vous ». Le terme « Seigneur » désigne ici le Christ ressuscité. Il faut donc comprendre que le prêtre souhaite à l’assemblée la présence du Christ ressuscité, comme il l’a promis : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 20). Cette formule situe clairement les deux partenaires de la célébration : le Christ et les fidèles. Le prêtre, qui n’est pas cité, agit comme serviteur de la rencontre. Quant au « vous », s’il concerne directement les fidèles présents, il désigne à la fois chaque membre présent, l’assemblée, l’Eglise, ceux qui ne sont pas là et que nous portons dans la prière.

« Et avec votre esprit ». Le prêtre a formulé un voeu ; l’assemblée lui répond par un autre voeu. La compréhension de cette réponse des fidèles a donné lieu à des débats de spécialistes. L’interprétation la plus admise est la suivante. Le prêtre a souhaité à l’assem-blée de se tenir en présence du Ressuscité ! En retour, l’as-semblée souhaite au prêtre que le Seigneur soit avec lui, c’est-à-dire que l’Esprit Saint qu’il a reçu au jour de son ordi-nation pour l’accomplissement de son ministère le rende apte à présider la liturgie. Cette courte formule lui rappelle que rien, dans la liturgie, ne relève d’une initiative personnelle. C’est l’Esprit qui agit. C’est l’Esprit qui donne au prêtre de présider au nom du Christ.Une invitation à une attitude intérieure.

« Le Seigneur soit avec vous » nous renvoie au récit de l’Annonciation et à la salutation de l’ange (Lc 1,28). Ce souhait n’est pas une formule banale : il nous est fait la même annonce qu’à la Vierge Marie et nous devons nous en réjouir. Cela signifie aussi que la présence du Christ ne commence pas à la consécration mais avec le rassemblement et la proclamation de la Parole de Dieu.

« Et avec votre esprit » nous invite à ne pas considérer le prêtre avec des critères purement humains (« je l’aime ou je ne l’aime pas »), mais avec les yeux de la foi comme quel-qu’un qui a reçu l’Esprit Saint pour présider la prière.

Ce simple dialogue va instaurer chacun comme sujet spirituel et ceci de trois manières. D’abord comme partenaire à part entière du Seigneur lui-même qui nous dit sa présence, nous invite à l’accueillir et à nous adresser à Lui comme à quelqu’un qui vient à notre rencontre. C’est le fondement même de la prière. Ensuite, ce dialogue nous situe avec d’autres, au sein d’une même assemblée qui va prier en disant : « Nous ». La prière liturgique n’est jamais un acte solitaire ; elle fait de chacun un membre du peuple de Dieu. Enfin, ces quelques mots qui ouvrent trois moments essentiels de la liturgie eucharisti-que n’ont qu’un seul but : nous sortir de notre nombrilisme, de nos égoïsmes pour nous tourner vers le Seigneur, élever nos cœurs et rendre grâce.

Ainsi donc, dans la présence du Christ ressuscité, une assem-blée se constitue pour devenir louange. A chacun de recevoir le souhait du prêtre avec la même disponibilité intérieur que la Vierge Marie, de répondre pour reconnaître dans le prêtre non pas seulement l’homme mais celui qui a reçu l’Esprit pour exercer son ministère, d’ouvrir son cœur au Seigneur qui vient nous nourrir de sa Parole et de sa Vie et, pour cela, de rendre grâce.

Serge Kerrien Diacre permanent