Vendredi 12 juin 2015 — Dernier ajout vendredi 7 août 2015

Le diacre permanent Enregistrer au format PDF

Rétabli par le concile Vatican II, le diaconat permanent reste encore une énigme pour beaucoup de chrétiens. Dans la mesure où le diacre est surtout visible dans la liturgie, certains le voient comme un sous-prêtre, voire un vicaire au service d’une paroisse, d’autres comme un grand enfant de chœur ou un super-laïc. Que peut-on en dire ?

 La prière d’ordination

Elle éclaire la nature et le rôle du diacre. Décrit comme un service ministériel reçu de Dieu pour l’Église, le ministère diaconal se déploie à travers quatre pôles : le service de l’Église, le service de l’évêque, le service des malades et des pauvres, le service du témoignage. C’est à partir de ces pôles et des charismes personnels du diacre que sa mission est déterminée.

 Un ministère spécifique

Collaborateurs de l’évêque et des prêtres, les diacres ne sont pas les suppléants des prêtres. Ordonnés en vue du service, ils ont une mission spécifique : être les signes permanents du Christ conduisant son Église sur les chemins du service, particulièrement des plus pauvres. Un diacre n’est pas ordonné en fonction de son désir personnel mais pour un besoin de l’Église diocésaine. Il n’entre donc en concurrence ni avec les prêtres, ni avec les laïcs engagés. Son rôle, complémentaire des autres, est d’un autre ordre. L’ordination diaconale n’est pas la reconnaissance des mérites ou des talents ; elle n’officialise pas ce que l’ordonné faisait déjà ; elle le situe de manière nouvelle dans l’Église pour répondre à un service clairement identifié. Pour cela, le diacre reçoit un pouvoir réel qui visibilise son action.

 Des conséquences

Les diacres agissent, au nom de l’Église, dans un espace social que leur mission détermine. Ils sont aussi présents dans la célébration liturgique, non pas pour un supplément de solennité, mais pour être le signe du Christ-serviteur et de l’Église dans la diversité de ses missions. Ils contribuent ainsi à rendre les communautés chrétiennes plus attentives aux lieux où le témoignage évangélique est nécessaire. Leur ministère de la Parole et de la liturgie est imprégné par le service de la charité. Ainsi, dans la liturgie, le diacre ne préside pas l’assemblée, il lui sert la Parole, reçoit les offrandes et les porte à l’autel, mais surtout il est attentif aux besoins spirituels des uns, aux besoins matériels des autres. Par son attitude, il aide l’assemblée à entrer dans la prière, à s’orienter vers le Christ. Il y trouve lui-même le terreau de sa propre vie spirituelle et la nourriture nécessaire à son ministère. Mais son ministère liturgique est plus vaste. Préparer et célébrer les sacrements tiennent de plus en plus de l’éveil à la foi et de l’accompagnement des personnes éloignées de l’Église. Quant à l’attention aux malades, aux personnes isolées, aux exclus de toute sorte, elle découle directement de son ministère liturgique. Dans une paroisse, il peut être celui qui veille à la prise en compte des tâches d’entraide et de solidarité  . Il soutient le travail des laïcs. Enfin, le diacre peut être plus ou moins directement associé à la tâche épiscopale, soit auprès de l’évêque, soit dans un service diocésain. Le diaconat permanent n’a pas encore totalement trouvé son identité. Cela viendra si les diacres ne revendiquent rien mais se mettent humblement au service de besoins identifiés et si les communautés chrétiennes, au lieu de vouloir en faire les supplétifs des prêtres, les accueillent comme signe du Christ serviteur et comme un appel à se faire servants des pauvres. Serge Kerrien Diacre permanent

Mgr Denis Moutel et les diacres du diocèse lors de l’ordination diaconale de Paul Plantet