Dimanche 8 avril 2012

Le fil rouge de la vie. Enregistrer au format PDF

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La parole de Dieu.

« En effet d’après l’écriture, les apôtres n’avaient pas vu qu’il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

Evangile selon Saint Jean, chapitre 20, verset 9

« D’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. » Cette parole peut nous paraître énigmatique. D’autant plus que nous pourrions méditer, en ce matin de Pâques, une parole plus triomphante ! Pourtant laissons-nous conduire. Le Seigneur désire toucher notre vie en profondeur.
Que s’est-il passé ? Marie-Madeleine annonce à Pierre et à l’autre disciple - la tradition l’appelle Jean - que le tombeau est vide.Vite, les deux apôtres courent au tombeau. Oui, il est vide. Pardonnez les détails : il est vide, celui qui est parti a pris soin de tout ranger, calmement, tout est en ordre. Ce n’est donc point un enlèvement : si ce l’était, on aurait pris le corps du mort avec le suaire, sans quoi il eût été intransportable.

Jean, qui est entré après Pierre, voit. « Il vit et il crut », dit l’évangile. Que s’est-il passé ? Il voit le tombeau de Jésus ainsi disposé, les Écritures viennent l’éclairer : les prophètes, les psaumes, tout vient à son secours pour qu’il puisse comprendre ce qu’il voit. Il voit et il croit que ce Jésus qu’il a suivi depuis le début est bien celui que Dieu a envoyé, le Messie dont Pierre a proclamé la divinité ; Jésus est bien le Fils de Dieu, Jésus est bien celui qui sauve le peuple, tous les peuples. Les Écritures montrent à Jean que Dieu, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, leur Dieu, donne sens à l’histoire humaine toute entière. Toute l’histoire biblique éclaire Jean car elle trouve sa cohérence en ce tombeau vide.

Voilà un chemin particulier. Il nous rejoint. La vie est pour nous tous un long chemin dont nous ne comprenons pas tous les méandres… Bien des événements nous semblent parfois ne contenir aucun sens particulier. D’autres, dont le souvenir nous est pénible, chargent notre conscience de regrets, de remords, de révoltes peut-être et il nous aura fallu bien des années pour trouver un peu de paix. D’autres souvenirs sont source de joie : voilà qu’un jour, au détour d’une lecture, d’une rencontre, d’une prière, ces événements, obscurs et lourds, joyeux et lumineux, s’éclairent ; un allègement se produit. Nous trouvons le fil rouge de notre vie. Tout devient lumineux. On sait pourquoi on est né ! Expérience de résurrection. Notre vie a un sens, une cohérence, elle ne court pas au hasard !

Pouvons-nous dire davantage ? Oui, il le faut. Pour Jésus, que veut dire ici qu’il est ressuscité ? Sa vie, sa passion, sa mort, tout cela a un sens : il nous a aimés jusqu’au bout. Son amour pour nous a présidé à tout. Il « fallait » qu’il fasse tout ce chemin : l’amour appelle à toujours se donner tout entier pour ceux que l’on aime, sinon il n’y pas d’amour durable. Or Jésus, le Fils de Dieu s’est donné tout entier.

Il en est de même pour nous. Lorsque nous découvrons le fil rouge de notre vie, qu’enfin nous entrevoyons pourquoi tout cela est arrivé… c’est toujours un appel à aimer. L’amour pour les autres donne sens à tout. Un élan de vie surgit, expérience de résurrection.

Demeure un mystère. « Il est ressuscité d’entre les morts ». Ce que j’ai dit est encore bien court. Il est ressuscité, qu’est-ce à dire ? Il est passé dans la vie ; son corps, notre corps humain, est entièrement emporté dans la lumière, tout de lui est en Dieu, il s’est assis à la droite du Père. Nos mots sont pauvres, mais ils sont vrais. Et, par le Saint Esprit, nous sommes tous corps du Christ, entrés définitivement en Dieu, nous sommes sauvés. Les expériences que je vous ai décrites sont des avant-goûts, les prémices de notre émerveillement devant le salut de Dieu.

Dans les évangiles, il y a d’autres récits relatant l’expérience de disciples découvrant le Seigneur ressuscité. Récit de Marie-Madeleine reconnaissant Jésus lorsqu’il prononce son nom, expérience d’une femme reconnue en son être profond. Récit des disciples reconnaissant Jésus à ses plaies : Jésus montre ainsi qu’il a souffert non à cause de nous - nous aurions une
religion de reproche - mais qu’il a souffert par amour pour nous, et notre religion est celle de la miséricorde. Récit de l’apparition à Thomas, celui qui a tant de mal à croire et qui pourtant confessera la foi tout entière, bien plus que tous les autres, il dira : « mon Seigneur et mon Dieu ». Vous le voyez, il y a bien des chemins pour entrer dans la joie de la résurrection du Seigneur.
Chemins de Pierre et de Jean aujourd’hui… Vos chemins, le mien, sont toujours ceux de Dieu.

Bonne fête de Pâques ! Christ est ressuscité ! Alléluia !

Traduction liturgique de la Bible : ©AELF - Paris - Tous droits réservés.

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