Lundi 27 août 2012 — Dernier ajout lundi 15 juin 2015

Le tapis ? Enregistrer au format PDF

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« Où est cet espace où nos enfants pourront s’installer et être accueilli pour que, eux aussi, à leur manière, puissent participer à la célébration. »

Quelquefois, à la fin d’une célébration des personnes me disent : « Chez vous, il n’y a pas de tapis ! » C’est une remarque peu habituelle. En échangeant, on s’aperçoit que dans d’autres régions de France, il y a parfois d’autres fonctionnements d’Église.

Où est le tapis ? Pour des parents qui viennent avec des enfants à la messe, cela veut dire : où est cet espace où nos enfants pourront s’installer et être accueilli pour que, eux aussi, à leur manière, puissent participer à la célébration. Ils peuvent être là avec un des parents….. ou accueilli par d’autres personnes. C’est un espace où les enfants pourront réaliser quelque chose ou bien un espace où ils trouveront quelques livres. Parfois l’enfant retournera voir ses parents et puis il reviendra. C’est ainsi qu’il fait partie de la communauté et que peu à peu il découvrira ce que c’est, que de célébrer le Seigneur, avec tout le monde.

En dehors des dimanches prévus pour l’accueil des enfants lors de célébrations en lien avec la catéchèse, bien souvent nous ne savons plus accueillir l’enfant pour un dimanche ordinaire. A ma connaissance toute célébration du dimanche est une célébration intergénérationnelle. Dans un repas de famille, nous ne mettons pas l’enfant dehors. Nous lui faisons une place. Pourquoi n’en est-il pas ainsi dans nos célébrations du dimanche ?

Au commencement d’une nouvelle année pastorale, le tapis m’a donné d’autres idées.
Le tisserand jongle avec des fils de différentes couleurs pour réaliser la trame. Ainsi, il fait apparaître un motif, un dessin ou autre chose…. Tout cela dépend de son projet.info document -  voir en grand cette imageQuand l’œuvre est réalisée nous ne pouvons pas savoir tous les problèmes auxquels le tisserand a été confronté. Il a trouvé des solutions, mais lesquelles nous n’en savons rien !
Nous ne pouvons découvrir, regarder, contempler qu’un travail qui est fini.

Ainsi en est-il dans chacune de nos vies. Il y a des évènements qui s’imposeront à nous, et que nous n’aurons pas choisis : évènements familiaux, évènements du travail, évènements de notre pays et évènements du monde. Il en est de même pour la vie d’une communauté chrétienne.

La grosse question : comment le tisserand que je suis va faire pour qu’avec tous ses évènements je donne une couleur évangélique à ma vie ? Et là….. personne ne peut répondre à ma place et personne ne peut agir à ma place. Simplement je peux chercher avec d’autres et avec l’aide de LA PAROLE de Dieu, la manière de donner une couleur évangélique à ma vie. C’est peut-être aussi le rôle de la célébration qui nous permet de prendre un peu de temps pour nous poser. La société nous dit sans cesse « qu’il faut faire des choses » et du coup, nous oublions une chose : « ma vraie valeur, c’est ce que je suis au fond de mon cœur. »

La même question se pose à toute communauté chrétienne, pour tisser le visage du Christ, avec tous les évènements qui seront vécus et avec les personnes telles qu’elles sont. La communauté chrétienne ne fera apparaître le visage du Christ que si chacun est présent avec la couleur qui est la sienne. Dans un tissage tous les fils sont importants. Il n’y en a pas un qui est supérieur à l’autre et toutes les couleurs sont importantes. N’oublions pas que LA PAROLE de DIEU doit être partagée à tous, même à celui qui ne peut ni lire, ni écrire et qui ne parle pas.

Jésus nous dit : « N’ayez pas peur ». Inventez donc des chemins ou des moyens nouveaux et aimez ce monde que j’aime et soyez attentif au plus petit, à celui qui est sur le bord de la route.

Père Olivier Guitton
Au service des paroisses de Moncontour, Jugon et Lamballe