Lundi 29 août 2016

Les attitudes dans la liturgie Enregistrer au format PDF

Comme dans toute relation, les attitudes que nous observons lorsque nous sommes en dialogue avec Dieu en disent beaucoup sur nos intentions. Le sens des différentes positions, debout, à genoux… qui nous est présenté ici nous permettra de mieux prier.

Serge Kerrien
Serge Kerrien

Le premier instrument de la liturgie est le corps. La foi chrétienne est une foi incarnée. Encore faut-il bien comprendre le sens des attitudes que nous sommes invités à prendre pour qu’elles ne soient pas que formelles : elles sont un des éléments de la prière.

 Se tenir debout

C’est l’attitude liturgique la plus ancienne. Elle fut la position habituelle du culte pendant le premier millénaire de l’Eglise. Toutes les religions anciennes utilisaient cette position pour le culte : se tenir debout exprimait le respect, la vénération et la disponibilité totale. Contrairement à l’agenouillement qui était l’attitude du serviteur et de l’esclave, le fait de se tenir debout revêtait, pour les premiers chrétiens, une signification particulière : tout baptisé, libéré par le Christ, est un homme libre et la foi chrétienne rend tous les hommes frères ; il n’y a plus d’esclave. Ainsi, les premiers chrétiens ne s’agenouillaient qu’un court instant, avant que le célébrant ne prononce l’oraison du jour. Le Concile de Nicée, en 325, interdit même de s’agenouiller le dimanche et durant tout le temps pascal : le chrétien se tient debout, déjà ressuscité. On écoutait aussi les lectures debout, par respect pour les Ecritures. Pendant la prière eucharistique et les bénédictions, on s’inclinait profondément.

 Se mettre à genoux

La tradition de s’agenouiller pour la prière a toujours existé (Actes 20,36). Cette attitude, introduite progressivement dans la liturgie, signifie la pénitence, la supplication, l’adoration. L’importance de l’agenouillement ira de pair avec la prise de conscience de plus en plus forte de la présence réelle du Christ et de l’indignité de l’homme face à un tel mystère. Au IXe siècle, cette attitude deviendra habituelle pendant la messe, sauf au moment de l’Evangile que l’on écoute debout.

 S’asseoir

C’est une posture d’écoute, de réceptivité, de repos. L’habitude de s’asseoir fut prise au XVIe siècle, lorsque l’on commença à disposer des bancs dans les églises. Cette attitude est la meilleure pour les parties de la messe où les fidèles n’ont qu’à écouter (lectures, homélie, annonces, présentation des dons, temps après la communion) mais jamais pendant l’Evangile.

 La génuflexion

C’est un geste typique du catholicisme, signe d’adoration et de respect envers la présence du Christ dans le Saint Sacrement. Il ne se fait donc que devant de Saint Sacrement à l’autel ou au tabernacle.

 S’incliner

C’est un geste très populaire dans les Eglises orientales où la génuflexion n’existe pas. Attitude d’humilité, elle exprime notre petitesse devant le Seigneur. L’inclinaison ne fut introduite dans la liturgie qu’au IVe siècle. Antérieurement, c’était un geste réservé à l’adoration des idoles, de l’empereur, des princes et des officiels.

 Lever les yeux et les mains

Lever les yeux et les mains vers le ciel est une attitude traditionnelle de la prière. C’était fréquemment l’attitude de Jésus (Mt 14-19). Depuis les origines, la coutume veut aussi que les chrétiens lèvent les mains vers le ciel pour signifier l’accueil et le don. Il est heureux qu’ils aient retrouvé ce geste de prière qui est aussi celui du prêtre à l’autel. Toutes ces attitudes ont un seul but, dans la liturgie : engager notre corps dans une démarche spirituelle où les attitudes extérieures ouvrent les attitudes intérieures de la rencontre de Dieu

Serge Kerrien, Diacre permanent

Nos attitudes Quelles que soient nos attitudes (debout, à genoux, assis, génuflexion…), gardons l’essentiel du don de l’Eucharistie. Le Seigneur nous rejoint dans nos vies. L’important n’est pas tant dans l’attitude extérieure que dans l’attitude d’intériorité. Que chaque membre de l’Église se respecte mutuellement et s’accueille fraternellement, telle devrait être notre devise quotidienne. L’équipe rédaction du bulletin