Lundi 26 septembre 2016 — Dernier ajout mardi 27 septembre 2016

Lourdes, une expérience à vivre Enregistrer au format PDF

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Les pèlerins de Lourdes sont de retour et partagent avec les lecteurs (trices) leurs impressions. Joie, humilité, fraternité, universalité, prière, conversion sont des mots qui prennent leur sens dans ce pèlerinage.

Groupe des pélerins zone Lamballe
Groupe des pélerins zone Lamballe

Retour sur le dernier pèlerinage diocésain.

De belles célébrations, la présence des malades, des rencontres… à Lourdes, lors d’un pèlerinage l’Église se donne à voir dans des visages multiples. Chacun a de bonnes raisons d’y venir.

« 2016, année de la miséricorde voulue par le pape François, je ne voulais pas manquer le pèlerinage à Lourdes, j’avais envie de venir  » confie Hélène de la paroisse de Pléneuf-Val-André. Comme d’autres participants, elle n’était pas venue depuis plusieurs années, car début septembre, les vacances sont terminées, le travail a repris. C’est le cas de Jean-Claude, ancien enseignant, de Moncontour. Alors, avec la retraite, on vient et revient dans ce lieu des apparitions à Bernadette. Certains habitués ne comptent plus, c’est devenu un rendez-vous incontournable.

45 personnes des paroisses de Jugon, Lamballe, Moncontour, et Pléneuf-Val-André ont ainsi quitté leurs habitudes du 6 au 12 septembre en rejoignant le pèlerinage diocésain avec ses malades et handicapés encadrés par les hospitaliers.
Tout le monde a affronté le trajet de 800 km en car avec bonne humeur, comme Michel de Jugon, déplacement finalement bien court au regard de tous les pèlerinages étrangers venant des quatre coins du monde : Irlande, Asie, Sénégal, Espagne, Italie… et bien d’autres pays en cette fin d’été.

Découverte du sanctuaire avec Père Pierrick
Découverte du sanctuaire avec Père Pierrick

A l’entrée du site, même avec Vigipirate, les contrôles ne sont pas tatillons. Passée l’une des deux portes, la taille du site impressionne, surtout quand on vient pour la première fois. Le nombre de pèlerins et de malades surprend comme lors de la procession mariale le soir avec ses milliers de cierges allumés. On mesure alors le caractère universel de Lourdes, chacun priant dans sa langue. Cet aspect s’est retrouvé lors de la messe internationale présidée par Monseigneur Moutel dans la basilique Saint Pie X.

Porte Sainte et calvaire des Bretons
Porte Sainte et calvaire des Bretons

Le passage de la Porte Sainte avec les malades, sous le signe de la Miséricorde, les célébrations à Sainte Bernadette, la messe à la grotte, le chemin de croix dans la montagne le soir ou dans la prairie avec les malades, le sacrement des malades constituent des moments forts proposés à chacun. « De très belles cérémonies  », pour Jean-Claude.

Messe d'ouverture à Ste Bernadette
Messe d’ouverture à Ste Bernadette
Adoration à Pie X
Adoration à Pie X

Les pèlerins du diocèse ont aussi pu vivre une journée conviviale à la cité Saint Pierre, en dehors des sanctuaires. Elle a rassemblé, sous le soleil, dans un cadre exceptionnel, les valides, les malades et les hospitaliers du diocèse.

Messe à la cité St Pierre
Messe à la cité St Pierre

Lourdes permet aussi des moments plus personnels.

Messe à la Grotte
Messe à la Grotte

A la grotte, chacun peut venir apporter ses intentions de prières et celles qui lui ont été confiées : demandes, remerciements… Pour Hélène, « c’est un tête à tête avec Marie au milieu de la foule ». Aller à la piscine pour se purifier est une démarche difficile.
« Impressionnant, les gens sont émus  », dit-elle. Difficile aussi la confession individuelle. Mais peut-être plus facile dans le cadre d’un pèlerinage, bien que chacun soit au vu de tous. La présence de nombreux malades marque avec les fauteuils roulants et les petites voitures bleues. « On a peur de les voir. Il faut oser les regarder ». Et pour ceux qui s’en occupent, il faut savoir mettre « son ego entre parenthèses  », souligne un nouvel hospitalier qui insiste aussi sur la richesse des rencontres. « Je reviendrai l’année prochaine  ». C’est ce que disent les nouveaux pèlerins. Ils ont mis de côté le côté mercantile des rues de Lourdes, apprécié l’organisation matérielle du pèlerinage, l’ambiance du groupe, les rencontres, les temps de célébrations, les sourires… « C’est une expérience à vivre, souligne Hélène. Mais difficile à raconter  ». Une invitation à retourner ou à aller en pèlerinage

Paul Chauvin

Paroles d’un pèlerin

Dans le cadre de mes habituelles vacances d’été à Lamballe (9 ans) et en cette Année du Jubilé extraordinaire de la miséricorde divine, il m’a été offert l’heureuse occasion de faire partie des pèlerins du Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. « Le pèlerinage est un signe particulier de l’Année Sainte : il est l’image du chemin que chacun parcourt au long de son existence » (Misericordiae Vultus, 14). A Lourdes, des centaines, des milliers de pèlerins se croisent, croyants ou non-croyants, baptisés et non-baptisés. Il y a un Peuple en marche. La différence et l’indifférence n’ont pas de place. Il n’est pas possible de rester indifférent à la présence nombreuse des personnes en situation de handicap. Elles vous bouleversent par leur volonté de croire en la Miséricorde de Dieu. Elles sont heureuses d’être à Lourdes. Par elles, on apprend à méditer et à se concentrer devant la Grotte de Massabielle. Les personnes en situation de handicap vous obligent à découvrir que «  la miséricorde est un but à atteindre, qui demande engagement et sacrifice ». A Lourdes, le miracle de la joie est permanent.

Procession aux flambeaux
Procession aux flambeaux

« Miséricordieux comme le Père  », mais je me suis senti si petit et si pauvre à cet appel. Le pèlerinage stimule notre conversion. Finalement des questions de fond : comment être vraiment miséricordieux comme le Père ? Où et envers qui se manifeste notre miséricorde ?
« Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours  » (Ps 25, 6) et apprends-nous à « choisir l’espérance  ».

Père Albert WANSO