Dimanche 23 juillet 2017

Méditation pour le 16e dimanche du Temps ordinaire Enregistrer au format PDF

Le Père jésuite Michel Ntangu nous introduit à la méditation avec les lectures du 16e Dimanche du Temps Ordinaire. « Soyons des levains de la Bonne Nouvelle du Christ, même si notre foi est encore plus petite qu’une graine de moutarde.

Dans la méditation de ce dimanche, il est question de la bonté miséricordieuse de Dieu qui pardonne toujours et de sa patience bienveillante devant le mal qui se présente immédiatement devant nous. Dans l’évangile selon Saint Matthieu 13. 24 à 43, les 3 paraboles de l’ivraie, de la graine de moutarde et du levain nous sont données pour comprendre le mystère du Royaume des Cieux et l’attitude de Dieu à l’égard des hommes. 

Dans la première lecture tirée du livre de la Sagesse 12. 13 à 19, l’auteur voit dans la toute-puissance de Dieu, le fondement de sa miséricorde envers tous. C’est ce qu’affirme le Psaume 85 : « Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent. » Tandis que dans les trois paraboles, Jésus nous enseigne que Dieu est patient. Il est Dieu-Amour et Miséricordieux. Il donne à tous le temps et l’occasion de se convertir.

La première parabole du bon grain et de l’ivraie oppose ce qui vient du Dieu-Amour, et ce qui tente de le combattre. Notre monde est le théâtre de deux semailles opposées : le Christ y sème le bon grain en vue de la moisson future. Mais le mal ou l’ennemi cherche à compromettre la moisson en y semant de l’ivraie.

 La deuxième parabole nous dit que le royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde. Que veut nous dire cette parabole du grain de moutarde ? Toute petite graine, le grain de moutarde mettra du temps à grandir. Mais un jour elle sera un grand arbre accueillant. Dieu accepte notre patiente croissance et notre lenteur. Le vrai chrétien sait qu’une foi très petite comme une graine de moutarde est un grand don de Dieu. Que notre foi ne soit pas toujours spectaculaire, n’empêche pas que Dieu nous fasse grandir à sa propre mesure.

La troisième parabole du levain nous dit que ce n’est pas notre effort qui multiplie les dons de Dieu et fait grandir notre foi, mais la toute-puissance de Dieu et la merveilleuse bonté de Dieu lui-même.

Quelle est la leçon théologique et spirituelle de ces trois paraboles ? D’abord, le royaume des cieux est comparable à ce contraste entre le bien et le mal c’est-à-dire le bon grain et de l’ivraie. Il y a deux semeurs en nous : l’un sème en plein jour ce qui est bon, l’autre vient pendant que les gens dorment dans le but de semer le mal. Mais la moisson aura lieu un jour avec une patience plein d’optimisme. Nous devons croire à la patience et à la miséricorde de Dieu même si la consigne de « laisser pousser ensemble le blé et l’ivraie jusqu’à la moisson » peut nous déconcerter. Notre Dieu sait faire la part des choses. Cela implique un discernement, que chacun doit faire : « En enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. » dit le maître. L’Amour de Dieu sera vainqueur de tout mal « au jour final de la moisson. Le mal aura été détruit et il n’y aura plus que l’amour. L’ivraie n’étouffera plus le bon grain.  Le Royaume des Cieux, s’il est comparable à une graine de moutarde, c’est parce que la toute-puissance de Dieu se cache bien en nous. Et si Jésus compare ce royaume au levain, c’est parce que sa parole est capable de transformer toute notre vie comme le levain travaille la pâte.

Voilà la réponse théologique et spirituelle que Jésus offre à notre époque lorsque nous sommes confrontés à la question de l’origine du mal. Le mal ne vient pas de Dieu, mais de l’ennemi. Personne n’est assez fou pour semer de la mauvaise herbe dans son jardin. Ce dimanche, chers frères et sœurs, soyons des levains de la Bonne Nouvelle du Christ, même si notre foi est encore plus petite qu’une graine de moutarde. Ecoutons que ce nous disent les paraboles. Demandons au Seigneur de nous donner la grâce de discernement pour séparer en nous le bon grain de l’ivraie en nous laissant le temps de la conversion. 

Amen.