Jeudi 4 septembre 2014 — Dernier ajout lundi 15 juin 2015

Messe Communautaire et messe dans les relais. Enregistrer au format PDF

Lorsque chaque clocher avait un prêtre résident, la question de l’Eucharistie dominicale ne se posait pas. Aujourd’hui, elle se pose de manière cruciale, sans doute à cause du manque de prêtre mais plus fondamentalement, à cause du manque de chrétiens.

La vraie question est donc celle de la signification du rassemblement eucharistique.

 La messe du dimanche.

Depuis toujours, les communautés chrétiennes se rassemblent le dimanche, jour mémorial de la Résurrection, pour entendre la Parole de Dieu et partager l’Eucharistie. Dans ce rassemblement dominical l’Église, corps du Christ, se constitue et se manifeste comme Église. Il y a là un enjeu considérable. En effet la messe du dimanche constitue, par l’écoute de la Parole du Seigneur et la communion à son corps, la communauté rassemblée comme Eglise, signe de salut au milieu du monde. Participer à la messe du dimanche est essentiel pour le baptisé, sinon il s’éloigne de ce qui constitue le cœur de sa foi, se coupe de sa communauté qui s’en trouve alors appauvrie avec pour conséquence une fragilisation de l’assemblée chrétienne qui n’est ni ressourçante, ni signe d’Église. À partir de cet enjeu, il faut penser des solutions pratiques.

 Articuler la messe du dimanche et la vie liturgique des relais.

Aujourd’hui la célébration de l’eucharistie du dimanche n’est plus possible dans chaque relais. La pratique des A. D. A. P. a montré ses limites : perte de la dimension sacrificielle de la célébration, disparition de la dimension communautaire du repas eucharistique symbolisée par la fraction du pain, affaiblissement de la dimension ministérielle du rassemblement dominical puisque le prêtre est absent.

Il convient d’articuler la messe communautaire au centre de la paroisse

La célébration d’une A. D. A. P. ne peut donc revêtir qu’un caractère exceptionnel. Dès lors, il convient d’articuler la messe communautaire au centre de la paroisse et les messes ou d’autres types de célébrations dans les relais. Pour cela, quelques critères sont nécessaires.

  • L’Eucharistie du dimanche est nécessaire et centrale pour la vie d’une paroisse. Elle est donc célébrée chaque dimanche à la même heure et dans la même église.
  • Des messes, le samedi soir et (ou) le dimanche soir peuvent être célébrées à tour de rôle dans les relais si elles sont nourrissantes et visage d’Eglise.
  • Chaque jour de la semaine, la messe peut rassembler, dans un relais, les chrétiens qui désirent prier ensemble. Ces messes sont autant d’occasions de se rassembler autour du curé.
  • D’autres types de rassemblements sont possibles, y compris le samedi soir et le dimanche (célébration de la Parole, Laudes, Vêpres, Complies, baptêmes) mais jamais en concurrence avec l’Eucharistie.
  • Tenir compte, avant toute décision, de la situation géographique, de la facilité ou des difficultés de déplacement, des réalités sociales. Et toujours se poser la question fondamentale : en décidant des horaires et des lieux des célébrations, eucharistiques ou non, quelle Eglise se construit, quelle Eglise se donne à voir comme signe de salut au milieu du monde ?

Redécouvrir nouvelle manière de vivre le dimanche chrétien : jour du Seigneur

Les enjeux de nos décisions ne sont pas minces et trop souvent, les réactions affectives prennent le pas sur une vision pastorale plus vaste. Peut-être, dans ces temps difficiles de germination d’une nouvelle chrétienté, nous faut-il redécouvrir une nouvelle manière de vivre, autour de l’Eucharistie, le dimanche chré-tien, jour du Seigneur. Serge Kerrien Diacre permanent