Vendredi 29 septembre 2017

Mission sans frontières ! Enregistrer au format PDF

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Père HOUZE
Père HOUZE

La Mission s’articule dans trois dimensions : annoncer la Bonne Nouvelle du Christ, témoigner que Jésus, le Christ, est « le Chemin, la Vérité et la Vie » dans le monde (Jn 14,6), s’ouvrir à la relation aux autres, dans un esprit de dialogue et de partage

Un grave danger guette notre Église de France aujourd’hui : puisque le nombre des prêtres diminue chez nous et que la relève se fait difficilement, la tentation est grande de réserver les prêtres qui restent pour les consacrer exclusivement au service des chrétiens qui font appel à eux. Si hier des prêtres d’ici n’étaient pas partis porter l’Évangile ailleurs, des prêtres d’ailleurs ne viendraient pas chez nous aujourd’hui.

 La tentation du repli sur soi

Si l’on succombait à cette tentation du repli sur soi, des prêtres ne seraient plus envoyés dans les pays ou dans les « mondes » qui ont besoin de découvrir Jésus Christ. Notre Église se stériliserait, elle perdrait son sel et sa saveur, elle ne serait plus qu’une lumière cachée sous le boisseau, une lumière qui n’éclairerait plus rien.

Le Synode que nous venons de vivre nous l’a bien montré : c’est toute l’Église, prêtres et laïcs, qui doit redécouvrir le sens de sa mission, ce pour quoi le Christ l’a voulue.

 Le but de l’Église

En effet, le but de l’Église, ce n’est pas d’abord de conquérir le plus d’adeptes possible pour devenir une institution de plus en plus nombreuse et puissante. Le but de l’Église, c’est d’aider à faire germer le Royaume de Dieu annoncé par Jésus jusqu’aux îles les plus lointaines, dans toutes les cultures et tous les milieux de vie, en formant partout des communautés
rayonnantes de justice, de vérité, de paix, de pardon, d’amour.

Donc nous tous, prêtres et laïcs, qui sommes L’Église, nous manquerions à notre mission, si nous ne cherchions pas ensemble comment devenir, toujours davantage, de telles communautés, en veillant aussi à « Aller aux périphéries » comme nous le demande le Pape François. Oui, en allant rencontrer les autres, tous les autres, en leur proposant le dialogue, en témoignant simplement de la Lumière du Christ qui nous habite et que nous veillons à faire grandir en nous.

Beaucoup attendent inconsciemment que nous soyons une telle présence vivante de Jésus-Christ à leur côté. Là est tout l’Esprit du synode vécu récemment dans notre Église diocésaine : un synode qui nous a rappelé qu’il nous faut passer d’une Église trop souvent préoccupée de choyer exclusivement les brebis de l’enclos, à une Église présente au cœur du monde, proche des hommes, cheminant avec eux, témoin de l’Alliance de Dieu avec eux.

Que ce mois d’octobre, traditionnellement mois de la Mission universelle, nous voit devenir davantage des chrétiens artisans d’une évangélisation sans frontière.

Père Joseph Houzé