Jeudi 5 avril 2012

Pâques ! Christ mort pour toi, Christ ressuscité en toi !! Enregistrer au format PDF

"Le succès n’est pas le nom de Dieu. » Benoît XVI - « Dieu est amour. » 1 Jn 4,16

Bon nombre d’hommes et de femmes ne connaissent pas cette Bonne Nouvelle et ne pourront communier que très partiellement à la joie de cet évènement qui a changé l’Histoire de l’humanité. Cette fête est comme le point de vérification de notre foi en Jésus-Christ, fils de Dieu, vraiment Dieu et vraiment homme. Elle nous révèle sa présence aujourd’hui et sa victoire par son Amour. St Paul écrivait déjà aux premiers chrétiens de Corinthe : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien » 1 Co 15,17.

Ce n’est pas si simple de croire à la résurrection de Jésus-Christ dans notre monde ou la raison et la science voudraient être les seuls critères de toute vérité pour l’homme. Une première difficulté de croire est liée au gouffre qui sépare le visible et l’invisible. Une deuxième difficulté de croire vient de la distance entre « autrefois » et « aujourd’hui » D’abord Dieu se révèle en pénétrant dans notre histoire. Et là, deux temps différents se produisent :

  • Jésus par son incarnation nous donne à voir et à toucher Celui que personne n’a jamais vu : tout parait simple
  • mais Dieu s’est même tellement rapproché que nous pouvons le tuer. C’est une difficulté nouvelle.
  • ce contact possible il y a 2000 ans s’éloigne sans cesse de nous jusqu’à devenir un point sur une aiguille, dans l’espace et dans le temps. C’est une difficulté supplémentaire pour croire.
  • le scandale chrétien, le positivisme chrétien, c’est que la foi n’a pas seulement pour objet ce qui est éternel en dehors de notre monde et en dehors du temps, mais son objet immédiat, c’est Dieu entré dans notre histoire, Dieu fait homme.

La vie est une série de Pâques, c’est-à-dire de naissances impliquant le consentement à une mort préalable ; depuis la sortie du sein maternel, jusqu’au dernier soupir, où nous devrons accepter de mourir à notre vie naturelle pour entrer dans la vie de Dieu lui-même. Entre ces extrêmes, deux autres étapes sont fondamentales : le passage de l’enfance à l’adolescence, et celui de l’état adulte à la maturité, c’est-à-dire à la découverte de notre identité véritable. Or devenir soi-même ne peut se faire qu’au prix d’une mort aux personnages que nous avons endossés pour paraître aux yeux des autres - et des nôtres. Ce passage est particulièrement délicat, car il se fait le plus souvent à l’occasion d’une épreuve, d’un échec, d’une « crise » qui remet en cause ce que nous avions soigneusement mis en place. Pâques est cette transformation de l’échec humain apparent, qui peut devenir fécond. La souffrance, si elle demeure un scandale dans nos vies, n’est pas une voie sans issue ou stérile, une fécondité est possible. Par l’amour… L’histoire de tant de saints nous le rappelle. Cette semaine Anne-Marie, membre d’un des foyers de Charité au Burundi, m’a témoigné d’une histoire vraie survenue à l’issue du génocide dans son pays. Un homme est venu avouer à une jeune femme qu’il était l’auteur du massacre de ses parents, et de toute sa famille. Il lui a dit : « maintenant, fait de moi ce que tu veux. Tu peux me tuer ». Cette jeune femme lui a dit : « A quoi cela me servirait de te tuer ? Je suis seule et j’ai besoin d’être protéger. Ne pourrais-tu pas plutôt me prendre chez toi et devenir comme mon père. »

P. Olivier GRAVOUILLE, curé de Moncontour