Lundi 17 avril 2017 — Dernier ajout dimanche 18 juin 2017

Soyez sans crainte, Il est Ressuscité ! Enregistrer au format PDF

Pâques modèle le visage des Chrétiens sur celui de l’espérance, du courage, de la miséricorde, de l’audace évangélique : la mort a été vaincue. Le Christ a triomphé : désormais, il n’existe plus aucune situation humaine « à ciel fermé ». Nous sommes appelés à expérimenter dans notre propre vie et à témoigner pour les autres que la lumière est possible ! Y compris dans l’angoisse, la souffrance, les ténèbres de toutes sortes.

Audace de notre Foi. Force de notre Espérance. Conviction exigeante ! Une « brève » qui a de quoi faire crier de joie : « La joie de l’Évangile » !

Bien sûr si l’on adoptait le style des magazines « people » pour proclamer l’Évangile, cela pourrait donner des choses assez percutantes. Pour la Passion : « Drame à Gethsémani : trahi par son meilleur ami, il reste fidèle à ses convictions ». Pour la Résurrection : « Tombeau vide à Jérusalem : le corps de Jésus a disparu, pour ses proches tout espoir n’est pas perdu ». Ce serait là une pente glissante qui pourrait donner l’impression que nos images de Dieu seraient le fruit de nos effets spéciaux, comme quand il s’agit de stars. Alors que Jésus nous a révélé Dieu comme le « Tout Autre », à la fois créateur de la Vie et Père infiniment aimant, restons d’ardents chercheurs du Vrai Dieu. Aussi ne faisons pas de l’Église un lieu réservé à quelques heureux élus, quand elle est « maison d’accueil ouverte à tous », qu’ils soient au cœur, proches ou de la périphérie.

Concrètement, l’appartenance au Christ Ressuscité, nous la vivons comme un passage du désespoir à l’espérance, de la tristesse à la sérénité, du non-sens à l’acceptation, au cœur de situations difficiles, énigmatiques, voire dramatiques. N’est-ce pas là un passage dans nos pauvres vies, de la fermeture en nous-mêmes à la capacité d’aimer comme le Christ. Mais il est clair que seule une foi profonde et aimante peut engendrer cela !

Le Christ nous apprend la patience d’une vie où tout n’est pas possible tout de suite ! Lorsque vient l’obstacle, la tragédie, la Foi donne les moyens de reprendre confiance, de continuer à construire. Croyons-le, l’Esprit-Saint est au gouvernail des profondeurs. Offrons notre médiocrité à la miséricorde de Dieu et à la tendresse de Marie !

Avec la société dans laquelle nous sommes, nous nous empêtrons souvent dans la course au profit maximal et dans la sa-tisfaction artificielle de l’immédiat et du paraître. Habitués à vivre immergés dans le bruit et dans le contact ininterrompu avec les autres, entraînés dans des rythmes accélérés et stres-sants, nous pourrions risquer d’oublier cet art de reconnaître l’essentiel, de l’oublier, lui, Jésus, « plus présent à nous mêmes que nous-mêmes ». Dans l’urgence on escamote parois les vrais enjeux des réformes.

On ne sait plus pourquoi nous faisons ce que nous faisons ! Evangéliser familles, jeunes, enfants, faire enten-dre à tous une « Bonne Nouvelle ». La transmission est confiée à tous et à chacun. Le Christ appelle à la fois à être levain enfoncé dans la pâte, et lumière mise en évidence sur un lampadaire. Chacune des deux logiques du témoignage est complémentaire de l’autre.

A chacun de nous de nous tenir à la fois humble et debout, dans le silence et dans la parole, à chacun d’oser se lancer sur des voies encore inexplorées pour étonner les habitants de chez nous en leur proposant ce message de bonheur. Entendront-ils ? En tout cas, il serait irresponsable de ne rien tenter pour relancer l’an-nonce de l’Évangile dans des formes adaptées. La véritable évangélisation relève moins d’une quelconque manifestation de masse que de la pédagogie de la rencontre au bord d’un puits (Jean 4). C’est bien là au niveau des réalités quotidiennes qu’un souffle est attendu.

Père Pierrick Jégonday Curé de la Paroisse Notre-Dame de Grande Puissance de Lamballe et de Moncontour Vicaire Episcopal