Samedi 29 septembre 2018

Prêtre, diacre : deux ministères complémentaires

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Les prêtres et les diacres sont invités à collaborer fraternellement et à se soutenir mutuellement à cause de l’unique sacrement de l’Ordre et de l’unique mission de l’Église : annoncer, célébrer, prier ensemble, servir et aimer tous les hommes.

Evoquer le prêtre et le diacre, c’est faire apparaître la double figure du Christ pasteur et serviteur, double figure désignée par le Christ lui-même : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert ». (Lc 22, 27), « Je suis le vrai berger ». (Jn 10, 11).

Ces deux figures ne s’opposent pas : elles se complètent et s’enrichissent.

Dans l’église

Dans le peuple de Dieu, Corps du Christ, les dons divers sont répartis en chacun pour le bien du corps entier (1 Co 12, 27-30). Tous ne font pas tout. Il apparaîtra très vite nécessaire de mettre en place des ministères de la communion de toutes ces différences, et de la représentation publique de la présence du Christ.

Ainsi vont émerger deux figures : celle du pasteur, portée par l’évêque puis par le prêtre au nom de l’évêque ; celle du serviteur, portée par le diacre. Ainsi, dans la vie de l’Église, de son gouvernement et de sa liturgie, il sera toujours visible que le Christ, vrai berger qui guide et conduit son peuple, est parmi nous comme celui qui sert, qui livre sa vie pour le salut de tous.

Dans la liturgie

Dans la liturgie, l’évêque ou le prêtre président en tant que pasteurs. Leur premier rôle est de faire prier l’assemblée, en s’adressant à Dieu au nom du peuple rassemblé.

Pour bien remplir sa fonction, celui qui préside a besoin d’être déchargé de plusieurs services importants. A commencer par la proclamation de l’Évangile qui est confiée au diacre-serviteur ou, s’il n’y a pas de diacre, à un autre prêtre si plusieurs concélèbrent. Les indications à donner aux fidèles (geste de paix, envoi, attitudes, etc..) le sont par le diacre.

Le pain et le vin apportés par les fidèles sont accueillis à l’autel par le prêtre et le diacre qui préparent aussi la table pour le repas du Seigneur.

Pendant la prière eucharistique, prière présidentielle, le diacre garde le silence. Mais, à la conclusion (doxologie), le prêtre élève le pain et le diacre le vin. Alors, les deux figures s’unissent, présentant au Père, le Christ unique devenu nourriture pour les membres de son Corps.

Le service d’abord

En parlant du pasteur et du serviteur, on peut laisser croire que ces deux figures sont égales, pire qu’elles s’opposent. Elles ne s’opposent jamais et elles ne sont égales que dans le Christ lui-même.

Dans la vie de l’Église, tous les fidèles sont appelés à servir ; quelques-uns seulement (évêques et prêtres) sont ordonnés comme pasteurs.

Mais, dans l’Église catholique, tous les évêques et prêtres ont d’abord été ordonnés diacres, comme pour indiquer que l’on n’entre au service du Christ que par le chemin du serviteur. Et c’est bien le service qui est premier puisque l’on parle du « service » de présidence. A la lumière du Christ et de l’Évangile, présider, gouverner, exercer l’autorité sont une forme de service, aussi bien dans l’Église que dans la société.

Le diacre, lui, permet à ce service de mieux s’exercer dans la mesure où il en prend une part. Mais son souci du service va plus loin.

Aux portes de nos communautés, les pauvres sont nombreux. Le diacre portera ce souci particulier, non seulement d’une présence auprès de toutes les formes de pauvretés, mais d’une sensibilisation permanente des chrétiens à cette exigence de la foi : « Chaque fois que vous l‘avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». (Mt 25, 40)

Le diacre est ainsi toujours au service de son évêque, de son curé, de sa communauté, des besoins du monde. Avec le prêtre et tous les baptisés, il dévoile et enrichit la figure du Christ pasteur et serviteur.

Serge Kerrien Diacre permanent