Mercredi 17 septembre 2014

Prier la Vierge. Enregistrer au format PDF

Mais pourquoi prier Marie ? La prière à Dieu, Père, Fils et Esprit, ne suffirait-elle pas ? En réalité, les chrétiens en sont venus à prier Marie au fur et à mesure qu’ils ont approfondi leur relation au Christ. Ils ont contemplé Marie dans sa relation à Dieu et au Christ, dans sa prière. Puis ils ont prié avec elle et ils l’ont priée en lien avec le Christ.

Le culte de la Vierge Marie, est né dans le rayonne-ment des fêtes de la Nativité du Seigneur. Il prendra un essor important au lendemain du concile d’Ephèse (431). De nombreuses fêtes mariales ponc-tuent l’année liturgique et, chez nous, la dévotion à la Vierge Marie s’exprime par les nombreuses chapelles qui lui sont dédiées et les pardons célébrés chaque année.

La prière de Marie. La prière de Marie que l’on connaît le mieux, c’est le Magnificat qu’exprime son action de grâce. Elle n’est pas la seule. A l’Annonciation (Luc 1, 34), Marie de-mande à l’ange de lui faire comprendre comment elle sera mère. Lors de l’escapade de Jésus à Jérusalem (Luc 2, 51), elle médite les choses dans son cœur ; elle ne comprend pas mais s’a-bandonne à l’Esprit. Aux noces de Cana (Jn 2, 3-5), elle demande à Jésus d’intervenir. Dans Actes 1, 14, on peut lire : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères ». On voit comment la prière de Marie peut nous apprendre à prier, avec des formes variées et la certitude que sa prière porte du fruit : écoute et méditation de la Parole, convivialité et communion, prière commune, vie selon l’Esprit et témoigna-ge. Ces fruits peuvent être ceux de notre propre prière. La prière de Marie n’est donc pas la prière particulière d’une mère dont le fils est Dieu. Sa prière pour-rait être la nôtre.

La prière à Marie. Elle s’est développée lentement au cours de l’histoire, d’abord sous la forme de béatitudes dans lesquelles les chrétiens ont lu les qualités de Marie : « Heureuse celle qui t’a porté et allaité » (Luc 11, 27) ; « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l’observent » (Luc 11, 28) ; « Tu es bénie entre toutes les femmes » (Luc 1, 42) ; « Heureuse celle qui a cru » (Luc 1, 45). Très vite, on trouvera mention de la Vierge Marie dans les prières eucharistiques. Marie y est mentionnée dans une prière d’action de grâce au Père, pour Jésus « né de la Vierge Marie ». Puis vien-dront les supplications à Marie dont le « Sub tuum » est la forme la plus anciennes (IVe siècle). Quant au « Je vous salue Marie » il n’est devenu que très progressivement la prière habituelle à Marie et la seconde partie n’a été introduite qu’au XVIe siècle par le pape Saint Pie V.

Est-il légitime de prier Marie ? La prière à Marie s’est dévelop-pée de manière populaire. Elle ne s’est jamais détachée de l’a-doration au Christ : adorant le Christ, le chrétien vénère sa mè-re. Parce qu’il vénère, il prie ; parce qu’il prie, il célèbre. Son amour pour Marie naît de l’amour du Christ pour elle. C’est le lien d’amour entre la mère et le fils que les chrétiens ont pressenti et qui nourrit leur piété mariale. La justesse de notre prière à Marie repose sur ceci : c’est une prière que l’on adresse à Dieu par l’intermédiaire de Marie qui a su se laisser totalement transformer par l’amour de Dieu. Par Marie, nous nous confions à la mi-séricorde de Dieu : « Priez pour nous, pauvres pécheurs ». Prier Marie, c’est entrer dans la communion des saints qui s’insèrent dans l’éternelle intercession du Fils près de son Père. Serge Kerrien Diacre permanent