Vendredi 18 juillet 2014 — Dernier ajout mercredi 17 septembre 2014

Quand l’art sacré ouvre à la prière Enregistrer au format PDF

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L’été est là, temps offert pour le repos, les promenades, les visites ; temps où l’esprit est disponible et se laisse saisir par la beauté de notre patrimoine religieux. Sa richesse attire des foules de visiteurs et porte une rare capacité à toucher les cœurs.

L’art et la foi
Expression de la foi de différentes époques, nos églises, nos chapelles et les œuvres d’art qu’elles renferment, proposent, à leur manière, la foi à nos contemporains.
Sobriété ou dentelles de pierre, humbles statues ou retables flamboyants, fenêtres étroites ou verrières lumineuses, tout l’art religieux n’a qu’une raison d’être : conduire le visiteur du visible à l’invisible.
Ainsi l’œuvre d’art invite à contempler ce que l’œil ne voit pas. Chemin vers Dieu, elle propose une rencontre qui nourrit la foi et peut y conduire. Pour que ce chemin de foi existe, quelques conditions sont nécessaires.

D’abord valoriser les signes
du mystère chrétien

L’autel, la croix, le lieu de la Parole, le baptistère, c’est vers ces lieux que le regard doit être attiré. La propreté des lieux et des objets, leur bonne ordonnance, la lumiè-re, sont autant d’éléments qui contribuent à créer une attirance vers Dieu.
Donnant à entrevoir ce que sera la liturgie céleste, l’architecture et les œuvres d’art chrétiennes portent une réelle proposition de la foi.
On évitera l’accumulation des objets. Ce n’est pas la quantité qui compte, mais ce que l’on fait découvrir de la présence de Dieu. Et puis, il faut vérifier ce que l’on propose au visiteur : une visite plus ou moins archéologique ou une découverte des signes et symboles de la foi ? Une visite purement culturelle ou une visite qui allie culture et proposition de prière ? Nos lieux de culte et ce qu’ils contiennent ne sont pas de simples objets d’art et de culture ; ils possèdent un sens profond qui conduit au mystère de Dieu. Ils ne sont pas des musées où l’on expose, dans des vitrines, des objets de culte. Ils sont des lieux vi-vants où se rassemble la communauté chrétienne. La foi au Christ n’est pas un objet de musée ; elle est une vivante invitation.

Statues, peintures, vitraux et bannières
Ils tiennent une grande place dans nos églises et chapelles. Leur présence rappelle l’union étroite entre l’Eglise du ciel et celle de la terre. A leur manière, les images des saints chantent la gloire de Dieu et annon-cent ce que chacun est appelé à devenir. Ne pourrait-on pas relier la vie des saints que nous vénérons à des passages de l’Ecriture ? Les notices biographiques ou historiques seraient ainsi heureusement complétées.

Et la prière ?
Nos églises et nos chapelles ne sont pas que des lieux neutres. Les œuvres d’art qu’elles contiennent ne sont pas qu’un décor. L’ensemble annonce une présence, une transcendance. Tout invite à une rencontre avec Dieu et le Christ.
Un espace préservé, lieu de silence, de prière et de médi-tation, est nécessaire, particu-lièrement devant la réserve eucharistique. Beaucoup de visiteurs ne savent pas ou ne savent plus prier. Alors pour-quoi ne pas mettre à leur dis-position des textes pour la prière ? Pourquoi ne pas rappeler le sens des cierges que l’on fait brûler ? Pourquoi vouloir à tout prix diffuser une musique alors que le silence invite bien plus à la prière et au respect ?
L’homme, pour vivre en homme, a besoin de gratuité, de beauté, de recueillement. L’art de nos églises peut les lui offrir ; l’enjeu n’est pas mince pour l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Serge Kerrien
Diacre permanent