Dimanche 1er juillet 2018

Quand le patrimoine religieux ouvre à l’intériorité Enregistrer au format PDF

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serge kerrien
serge kerrien

Dans la « Lettre aux catholiques de France » (1996), les évêques invitent les chrétiens à proposer la foi dans la société. Que faut-il entendre par là sinon ouvrir des chemins qui permettent de faire l’expérience de la présence du Christ. Le patrimoine est un de ces chemins.

Le chemin du patrimoine

L’été et les vacances constituent des moments privilégiés pour que la richesse de notre patrimoine local soit porteuse d’une réalité encore plus riche : celle de l’élévation de l’esprit trop souvent englué dans les préoccupations matérialistes. Le patrimoine devient alors un enjeu d’humanisation et, par-delà de proposition de Dieu.

Nos églises, chapelles, calvaires et fontaines ont toujours été voulus comme des œuvres belles, en rapport avec la culture de leur époque, qu’ils soient des poèmes de pierre, comme nos églises et chapelles romanes et gothiques, qu’ils montrent les humbles pierres du pays, qu’ils s’intègrent au béton de nos villes. Ce patrimoine n’est pas seulement le témoin d’un passé de la foi ; il offre des lieux d’un art vivant, loin d’être figés, muséifiés. La dimension artistique et sa richesse ne doivent jamais nous faire oublier que ce sont des chemins d’élévation de l’âme, à l’image même des voûtes et des clochers pointés vers le ciel. Si l’art est un chemin d’élévation de l’humain vers Dieu, sa relation à la prière et à la Parole de Dieu doit toujours être pensée. Cela suppose que les espaces liturgiques soient préservés et mis en valeur. Alors, non seulement le patrimoine, en tant que tel, sera respecté, mais il s’en trouvera sublimé et deviendra chemin vers Dieu.

Un chemin d’intériorité et de silence

D’importants efforts d’aménagement intérieur et extérieur ont été réalisés pour mettre en valeur le patrimoine religieux. Les abords de nos églises et chapelles sont souvent très soignés grâce au concours de bénévoles et des collectivités locales.

Tous ont bien compris qu’il ne s’agissait pas de simples monuments à entretenir, mais de lieux à faire vivre aujourd’hui, qui offrent, dans un monde saturé de bruit, des espaces de silence et d’intériorité habités.

Alors, un livre de la Parole ouvert à un endroit visible attirera l’attention ; et qui sait ce qu’un passage de l’Ecriture, lu presque à la sauvette, peut provoquer dans les cœurs ? Une croix, un retable, une statue bien éclairée, un lieu de silence et de recueillement aménagé inviteront à la prière et au silence intérieur ; un bouquet de fleurs placé à l’entrée dira l’attention d’une communauté chrétienne aux visiteurs ; la propreté des intérieurs, montrera le respect et l’attention pour ces lieux où Dieu se donne à rencontrer. Nos contemporains, surtout les jeunes, sont en quête d’intériorité ; le nombre de visiteurs de notre patrimoine chrétien le dit bien.

Nous avons les moyens de la leur proposer.

En conclusion

L’ouverture, la mise en valeur de nos églises et de nos chapelles est un enjeu de proposition de la foi qu’il nous faut bien mesurer. D’abord pour les communautés chrétiennes qui réalisent ainsi la dimension missionnaire de toute vie baptismale. Ensuite pour le visage de communautés accueillantes et ouvertes au monde, porteuses d’un souci d’initiation à la prière et à l’intériorité. Enfin pour la prise en compte d’une culture qui humanise et, par-delà, conduit à Dieu. Entretenir notre patrimoine et l’ouvrir à tous ne relèvent pas seulement d’un amour de l’art, mais bien de la proposition de la foi.

Serge Kerrien Diacre permanent

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