Dimanche 3 avril 2016 — Dernier ajout vendredi 15 avril 2016

Que le mystère de Pâques reste présent dans notre vie Enregistrer au format PDF

Dans la prière de l’Église, le temps pascal s’est ouvert pour que nous puissions inscrire dans notre vie quotidienne la joie de Pâques. Les prières qui, chaque dimanche, ouvrent l’Eucharistie, sont riches de sens. Nous demandons à Dieu : de nous faire comprendre toujours mieux quel Esprit nous a fait renaître, • d’affermir en nous l’espérance de la résurrection, • de nous accorder la vraie liberté, • que le mystère de Pâques reste présent dans notre vie et la transforme.

Le peuple des baptisés est bel et bien « rayonnant de la joie pascale  » mais il a encore beaucoup à découvrir sur le sens de cette clarté du matin de Pâques. Oui, l’Église a besoin de ce temps d’intériorisation et d’approfondissement de l’événement de Pâques. L’Évangile du jour de Pâques nous dit bien de Saint Jean : « Il vit et il crut  » ; mais il ajoute aussitôt : «  Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.  » (Jean 20, 9)

Il a fallu ce temps pour que les disciples ouvrent leur intelligence et leur cœur à ce qu’ils n’osaient pas espérer, comme on le voit sur le chemin d’Emmaüs « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrit pour entrer dans sa gloire ?  » (Luc 24,27. Et le travail se fait. Tandis que nous accueillons la présence du ressuscité, « nous avons le cœur tout brûlant lorsque son amour y descend. » (Hymne pour les Laudes du matin de Pâques).

Notre cœur est lent à croire, car la résurrection du Christ ne nous arrache pas à notre condition humaine et à ses pesanteurs. La mort, si elle est vaincue, n’est pas contournée. Mais, dans la force de l’Esprit, nous pouvons vivre notre quotidien à la manière de Jésus, sur le mode du don, de la confiance et de l’espérance : « par le baptême, nous sommes unis au Christ par une mort qui ressemble à la sienne, et nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne. » (Rm 6,6)

Beaucoup d’équipes synodales vivent actuellement cette joie pascale en prenant le temps de se rencontrer. Dans ce temps offert aux autres, dans l’échange et le partage. Et il se passe des choses étonnantes : des histoires vécues, avec des hauts et des bas, mais aussi avec la mention de la présence du Christ, de l’importance de l’Évangile, de la rencontre précieuse d’un témoin, d’une religieuse ou d’un prêtre. Ces histoires partagées nous rappellent les « Actes des Apôtres  » : dans les témoignages les plus simples, c’est un autre amour que le nôtre qui est manifesté, c’est l’Esprit Saint, le don de Dieu !

+ Denis Moutel évêque de Saint-Brieuc et Tréguier