Dimanche 5 mars 2017

Seigneur, quand ton peuple assoiffé… ! Enregistrer au format PDF

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Ce titre très évocateur de l’une des hymnes de Carême   voudrait être la trame sur laquelle nous voulons tisser les exigences de ce temps fort, à nous proposé par l’Église, pour honorer l’événement pascal : le temps de Carême  .

 Le cri d’un peuple

Nous entamons sereinement, ce mois, notre marche de Carême  . C’est une démarche de foi car s’inscrivant dans une tradition. L’évidente implication est l’effort réel et concret à fournir pour répondre aux exigences de cette tradition. Un cri suppose, bien sûr, un manque, un besoin, un secours, un renfort. La réponse de Dieu à ce cri de détresse est d’abord l’invitation à nous mettre en marche dans une attitude d’écoute, rythmée par la confiance et la méditation des clauses de l’alliance de Dieu avec son peuple.

 Être à l’écoute

Le Seigneur répond à son
peuple par sa Parole. Le Carême   reste un temps qui nous invite à nous familiariser avec la Parole de Dieu à travers laquelle Il s’adresse à chacun de nous. Elle peut être lue et écoutée dans les assemblées, les communautés, les familles, à la catéchèse. La lectio divina est une source vitale pour toute aventure de foi. L’écoute de la Parole de Dieu s’exprime également par l’écoute et l’attention mutuelle entre nous. Apprenons donc à nous écouter pour laisser le Christ, Maître de la moisson, harmoniser nos différences et nos divergences. Cette écoute incite inévitablement à la prière, c’est-à dire à une vie de cœur à cœur avec Dieu. La tradition de l’Église propose en effet aux fidèles, en ce temps de Carême  , des rythmes de prières destinés à nourrir la prière continuelle. Certains sont quotidiens : la prière du matin et du soir, avant et après le repas, la liturgie des heures.

 Pour une réponse rassurante

L’attention du Seigneur à son peuple en marche ne souffre d’aucun doute : « Seigneur, quand ton peuple assoiffé criait sa souffrance à Moïse, tu ouvris pour lui le Rocher et soudain jaillit l’eau qui donne la vie aux pèlerins de la terre promise ». Cette réponse salvifique introduit tout l’homme dans une démarche de conversion permanente comme creuset de l’expérimentation de la providence divine. Le Carême   est alors comme un temps déterminant de conversion.

Du mot grec « metanoia », la conversion signifie changement d’esprit, retournement du cœur et du comportement.

Ce à quoi n’ont cessé d’appeler les prophètes de l’Ancien Testament.
Jean-Baptiste et Jésus en firent la condition de l’entrée dans le Royaume des cieux.
Les Apôtres prêchent le repentir comme préparation au Baptême et à la réception de l’Esprit Saint.
Le thème du passage de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière est la préoccupation majeure de l’évangéliste Jean.
La conversion marque l’entrée dans la vie chrétienne. Elle nous plonge dans la réalité des Béatitudes où nous sommes invités notamment à cultiver la pauvreté de cœur, un cœur qui sache déceler le manque pour épouser le partage.

Nous comptons sur l’intercession des saints en tant que pèlerins, pour que notre aventure de quarante jours au désert puisse porter des fruits de grâce.

Père Prosper GBAGUIDI