Jeudi 31 mai 2018

Servants d’autel : un service de la liturgie

0 vote
Serge Kerrien
Serge Kerrien

Depuis quelques années, de plus en plus de paroisses retrouvent la présence d’enfants et de jeunes au service de l’autel. En effet, les communautés chrétiennes perçoivent mieux le rôle de ces jeunes. Nous connaissons leur rôle, mais quels sont les enjeux du service de l’autel ?

Assurer des services

La fonction première des servants d’autel est d’assurer un certain nombre de services qui visent au bon déroulement et donc à la beauté de la liturgie. Les voir participer à la procession d’entrée derrière la croix, accompagner de lumières la proclamation de l’évangile, accueillir les offrandes et les porter à l’autel, servir le célébrant, encenser, etc… nous fait saisir que la liturgie n’est pas l’affaire du seul célébrant ; les servants manifestent la diversité des fonctions liturgiques. C’est dans la diversité et la complémentarité de ses membres que l’Eglise offre sa prière com-me Corps du Christ.

Apprendre le sens du service

Par ailleurs, en proposant aux jeunes un rôle liturgique, l’Église devient une école où se développe le sens du service. Tout baptisé est appelé à servir et à exercer un ministère dans l’Église. La liturgie est un lieu privilégié pour entendre un appel à s’engager davantage. Dieu appelle toujours et aujourd’hui encore à une vie conjugale engagée, au ministère ordonné de prêtre ou de diacre, à la consécration religieuse. Encore faut-il une proximité avec Lui pour entendre l’appel.

S’ouvrir à la vie de l’Église

Prenant une réelle part de responsabilité dans la vie de leur communauté, les servants d’autel s’ouvrent encore à la vie de l’Église. Bien accompagnés, ils comprendront, en la servant, le sens de la liturgie. Ils se nourriront de la Parole de Dieu. Ils apprendront les attitudes et les gestes de la prière. Ils découvriront la vie des Saints et l’année liturgique. Ils pourront partager, dans l’amitié, leur foi avec d’autres jeunes, alors qu’il leur est de plus en plus difficile de le faire dans les écoles, parfois même dans leur famille.

Savoir les accueillir

Cependant, des conditions sont nécessaires pour qu’un tel service soit attractif et formateur. D’abord que toute communauté chrétienne ait le souci d’inviter les enfants et les jeunes, et de leur donner toute leur place. Trop d’adultes s’estiment propriétaires des services qu’ils rendent alors que leur souci premier devrait être d’appeler des jeunes, de les former et de leur donner une vraie place. Et puis, nous ne sommes plus au temps où les servants venaient des familles les plus engagées dans la paroisse. Ils viennent d’horizons divers. Dès lors, le contact avec les parents est primordial. Il s’agira de les rencontrer, de leur expliquer ce que vivent les enfants, ce qu’on attend d’eux pour faciliter la pratique dominicale de leurs jeunes. Comme pour d’autres activités, on les sollicitera pour des services. Premiers éducateurs de la foi, ils répondent ainsi à leur vocation de parents et découvrent la vie de l’Église.

Les accompagner

Enfin, pour favoriser et réussir l’insertion des jeunes au service de la communauté, il faut que des adultes assurent une présence amicale, gèrent les questions matérielles, prennent des initiatives d’animation et de formation, comme dans n’importe quel groupe. Mais surtout, qu’une véritable animation spirituelle soit assurée, faute de quoi le service de l’autel ne se-rait qu’une occupation dominicale sans avenir et condamnée, à coup sûr, à disparaître. Voilà un beau défi pour une communauté chrétienne : il ne s’agit pas tant d’occuper les enfants ou les jeunes pendant la messe que de les mener à la rencontre du Christ.

Serge Kerrien Diacre permanent