Vendredi 30 mai 2014

Servir l’Église sert la liberté des chrétiens Enregistrer au format PDF

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L’Église est la communauté des croyants en Jésus-Christ. Comme tout groupe
humain, elle a besoin de se structurer. Chacun a sa place dans cette famille, ce corps pour reprendre l’image donnée par St Paul. Et c’est en prenant sa place, quand il donne et reçoit, vit et grandit, que le baptisé devient pleinement membre de la fa-mille du Christ..

L’Église s’est beaucoup structurée ces dernières années pour répondre à des contraintes économiques qui la concernent comme chacun bien sûr.
Son fonctionnement au quotidien dans ses trois missions d’enseignement de la foi, de célébration de la foi et d’organisation de la vie fraternelle et de l’attention au plus petit au nom du Christ, repose d’abord sur les bénévoles et parfois sur des salariés, souvent en mission de coordination pastorale.
La moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux… Mieux vaut un maximum de baptisés qui en font un minimum… que l’inverse.
L’appel à un service dans l’Église sert la liberté des chrétiens. Nombres de bénévoles témoignent que ce service rendu les a fait grandir dans leur foi, leur vie fraternelle, leur compréhension de l’Église.

Un autre aspect est la prise en charge matérielle de la communauté.
En France, l’Église Catholique ne vit que du don des baptisés. Ces dons prennent la forme des quêtes à l’occasion des célébrations, du casuel (offrande à l’oc-casion d’un sacrement, baptême, messe et mariage et aussi les obsèques) et du denier de l’Église (offrande annuelle pour soutenir la mission de l’Église). Le denier est réparti moitié-moitié paroisse et diocèse. Des dons et legs complètent de manière exceptionnelle les ressources de l’Église.

Comme curé, je me suis donné comme règle jusqu’à présent de suivre cette réalité sans regarder les noms des donateurs. Un rapprochement effectué à ma demande m’a appris cependant que moins d’un tiers des abonnés au bulletin paroissial donnait au denier de l’Eglise.
Les jeunes familles que je rencontre dans le cadre des préparations au mariage ou au baptême considèrent les prêtres et l’Église comme une profession libérale. « Elles ont besoin, elles donnent ; elles n’ont pas be-soin, elles ne donnent pas… ».

Vu la rareté des prêtres, cette logique mènerait à des tarifs très libéraux, et nous ne serions plus dans les préceptes de l’Evangile et du partage, mais dans la loi économique de l’offre et de la demande.

Tout baptisé est membre de l’Église.
Il y a bien des manières de vivre cette appartenance comme membre de l’Église : participer à sa vie catéchétique, liturgique, fraternelle et matérielle. Chacun est invité à donner en conscience ce qu’il peut : parta-ge de vie et de foi, partage des biens aussi.
On peut parler à l’Église, on peut parler de l’Église. Nous sommes l’Église.

A l’aube de nouveaux changements d’organisation dans certaines paroisses du diocèse, que chacun exerce en conscience et dans la joie du don sa responsabilité.
Père Olivier Gravouille