Lundi 29 octobre 2012

Témoignage. Enregistrer au format PDF

Nous avons demandé au Père Olivier Guitton de témoigner sur ce que le concile Vatican II a apporté à son ministère de prêtre. Nous le remercions pour ce témoignage.

L’annonce est une surprise. En annonçant la convocation d’un concile le 25 janvier 1959, Jean XXIII créa la surprise. Cela se manifesta par divers écrits dans les journaux. En dehors de cela je ne saurais que dire car à cette période je n’étais pas en Bretagne. Je venais d’être ordonné diacre quand l’ouverture du Concile se fit le 11 octobre 1962. Au séminaire on suivait un peu ce qui se passait à Rome. Peut-être que j’ai davantage pris conscience de ce qu’était un Concile quand le Père Kervéadou est venu rencontrer les séminaristes pour dire son expérience de la découverte d’un autre visage de l’Eglise, manifesté par les autres évêques des différents continents. J’ai suivi les autres sessions du Concile en paroisse, au sein d’une équipe de prêtres. Cela a été pour moi une grande richesse, car on échangeait sur les informations qui nous parvenaient.

La parole de Dieu est accessible à tous. Ma première grande joie fut de pouvoir entendre et proclamer LA PAROLE de DIEU dans une langue que l’assemblée pouvait comprendre et que je comprenais. En fin je pouvais découvrir la richesse de la prière, que l’Eglise me demandait d’assurer, en son nom, au fil des jours.Enfin, il n’y avait plus une langue, soit disant sacrée, pour parler à Dieu. C’est sans doute là que j’ai commencé à prendre le goût de travailler la Parole de Dieu. J’avais hâte que les textes liturgiques soient traduits en français. Célébrer les sacrements, avec des paroles que je comprenais, a façonné le prêtre que je suis. C’est en ayant plusieurs prières eucharistiques que j’ai commencé à comprendre ce qu’était « La Prière Eucharistique ». Du coup, il y a eu un gros travail à faire personnellement pour redécouvrir et assimiler les rituels des différentes célébrations sacramentelles, au fur et à mesure de leur parution en français. Je constate que j’ai encore besoin de le faire aujourd’hui.

L’histoire humaine est la base de notre engagement. Ce que le Concile m’a appris clairement c’est qu’il ne faut pas avoir peur de notre histoire humaine. C’est dans cette histoire que vivent les baptisés et qu’une communauté chrétienne se situe. En Jésus le Christ, Dieu nous redit qu’il aime l’humanité et qu’il veut rassembler cette humanité. Il a été dit que le baptisé devait avoir dans une main le journal et dans l’autre la Bible et j’ajouterais qu’il doit être membre d’une communauté car on ne peut pas être chrétien tout seul. Et il a besoin d’une communauté qui accueille, qui partage et qui célèbre.

Le chrétien est à l’écoute de la société où il vit. Pour moi, c’est une nécessité de travailler La Parole de Dieu pour pouvoir permettre à toute personne de s’y confronter. C’est cette parole qui convertit et pas moi. Une autre nécessité c’est quand je rencontre une personne de rendre mon esprit disponible pour une écoute vraie de ce que l’autre voudra bien me dire de son histoire. C’est dans cette histoire que le Seigneur veut le rejoindre. Jésus est quelqu’un qui était toujours en déplacement et qui sortait pour aller vers l’autre, vers celui qui bien souvent était laissé de côté. Cela m’a demandé de prendre des temps de formation pour mieux saisir ce qui se vivait dans la société. Le service d’une communauté est de permettre à chaque membre d’exercer sa responsabilité de baptisé et de voir ensemble les moyens qui sont nécessaires pour être cet espace où d’autres pourront découvrir Jésus Christ et le célébrer.

Il faut que je regarde l’avenir de façon positive sinon je serai incapable d’inventer avec d’autres, les moyens nécessaires pour permettre à des personnes la découverte de Jésus Christ au sein d’une communauté de baptisés et d’en faire l’expérience.

Père Olivier Guitton.