Dimanche 28 octobre 2012

Toussaint : Fête du peuple de Dieu. Enregistrer au format PDF

info document -  voir en grand cette image

La Toussaint est la fête de tous les saints. Chaque 1er novembre, l’Eglise honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui ont été de vivants et lumineux témoins du Christ. Cette fête de la Toussaint n’est pas inspirée comme celles de Noël ou Pâques, d’un récit de la Bible. Elle est née à l’époque des premiers chrétiens. C’est au Moyen Age que l’Eglise décide de faire du 1er novembre une grande fête chrétienne, fête joyeuse de tous les Saints, même ceux dont on ne trouve pas le nom dans le calendrier, gens connus ou inconnus, amis de Dieu, qui ont voulu vivre comme le Christ, et ont suivi l’Evangile.

La toussaint, temps du souvenir et de la mémoire. Nous avons à expliquer aux enfants et aux petits enfants cette grande fête à ne pas confondre avec Halloween, cette tradition de se déguiser en sorcière ou en vampire pour éloigner les mauvais esprits de la nuit. La fête de la Toussaint ne doit pas, non plus, être assimilée à l’hommage que nous rendons à nos morts le jour suivant, le 2 novembre. Ce jour-là est le temps du souvenir et de la mémoire, le temps de la reconnaissance adressée à celles et ceux qui ont bâti le monde avant nous et nous ont transmis l’amour de Dieu.

La Toussaint, fête de la joie. Tous les Saints, d’hier et d’aujourd’hui nous disent de mille et une manières, la secrète béatitude d’aimer jusqu’à l’extrême comme le Christ nous a aimés. Cette joie est promise à celles et ceux qui prennent le risque d’aimer en choisissant la voie de la pauvreté du cœur et de l’humilité, de la douceur, de la justice, de la paix et de l’ouverture au prochain. D’abord : fêter la Toussaint c’est prendre conscience que Dieu nous invite à lui devenir semblables en prenant résolument le chemin des Béatitudes.

La Toussaint, chemin des béatitudes. Heureux sommes-nous si nous posons sur nous-mêmes et sur nos proches un regard de charité, et d’espérance, celui du Christ attentif aux pauvres, aux petits, aux blessés de la vie. Comme faisait l’Abbé Pierre, Mère Térésa, Sœur Emmanuelle, vous connaissez tous le don qu’ils ont fait d’eux-mêmes et leur vie au service des plus pauvres. Quand je dis cela, je ne suis pas en train de canoniser tout le monde. Strictement, Dieu seul est saint. La Bible le proclame et le répète.

La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite. Mais elle proclame et répète aussi au nom du Seigneur : « Vous serez saints, parce que je suis saint ». Ou encore : « Soyez saints, car je suis saint », « Sanctifiez-vous et soyez saints », « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait », dira Jésus. Je veux dire que seuls sont saints ceux qui ont la volonté et le courage de lire l’Evangile dans l’actualité  , de vivre l’Evangile au cœur de notre existence. Aujourd’hui, l’Eglise a besoin de Saints qui répondent aux grands problèmes de l’heure, en relation avec la science et la foi, la réconciliation et la paix.

Toussaint, une véritable catéchèse vivante. Le pape Jean-Paul II nous l’a bien fait comprendre : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. La vie de ces saints constitue une véritable catéchèse, vivante et proche de nous. Il est donc totalement faux de croire que les saints canonisés par l’Eglise le sont à cause de grâces extraordinaires, comme le don de miracles et de prophétie, ou des faveurs mystiques spéciales. Les saints ne sont pas non plus des totalement « parfaits ». En fait, il n’y a pas de différence essentielle entre la sainteté héroïque et la sainteté commune.

Toussaint, fête du peuple de Dieu. Ce sont des hommes et des femmes qui s’efforcent au jour le jour et en tout d’être fidèles à l’amour de Dieu et du prochain. « Il y eut des saints, même canonisés, de tempérament un peu rude pour eux et pour les autres », faisait remarquer le cardinal Salliège. Et un Abbé trappiste ajoutait : « Parfois, ce ne sont pas les saints que l’on devrait canoniser, mais ceux qui vivent avec eux ». Avouez que c’est très réconfortant pour nous. C’est en partageant la Parole et le Pain dans la célébration Eucharistique que nous constituons par excellence le peuple saint, celui qui est rassemblé par l’amour et qui le rayonne dans la vie quotidienne. Associons-nous à l’immense foule de celles et ceux qui ont accueilli le Salut de Dieu.

Jean Chilair Boncœur Curé de la paroisse de Matignon.