Mercredi 1er août 2018

Une journée avec les « Boulangères du Bon Dieu » au Carmel de Morlaix. Enregistrer au format PDF

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Pour clôturer notre année de caté, nous sommes allés passer une journée au Carmel de Morlaix. Comme fil rouge : la fabrication du pain d’autel et une ballade au cœur des jardins de la Bible en passant par ceux du monastère.

En ce début d’été, le soleil brille et donne un bel éclat à notre sortie. L’accueil chaleureux de sœur Jacqueline et de la jeune postulante Tina rassure les plus timides. Un temps d’échange avec la carmélite a permis à tous de mieux comprendre sa vie toute donnée au Christ, le choix radical qu’elle a fait 30 ans auparavant, une vie partagée entre ses 7 temps de prière quotidienne et son travail, la fabrication du pain d’autel.

Un peu hésitants au début, les enfants ont posé des questions, qui, au fil de la journée, ont été de plus en plus nombreuses. Comment concevoir pour un enfant de renoncer à la vie de famille, à la vie au-delà de ces murs, aux vacances, à une garde-robe variée et accepter une vie de prière et de travail dans un même et unique endroit jusqu’à la fin de ses jours ? Avec tout son humour, sœur Jacqueline a su témoigner de sa joie d’avoir tout donné au Christ.

Tout le groupe a pu ensuite visiter les ateliers, goûter à la pâte et même découper une grande hostie (ou plus exactement le pain d’autel, car il n’est pas encore consacré et sœur Jacqueline a bien insisté sur cela avec les enfants).

Chacun des participants a ensuite décoré une croix préparée en amont par René. Celle-ci signe du Christ vainqueur, pourra prendre place dans leur coin prière.

Accompagnés de parents et de catéchistes , les enfants ont assisté à l’office de midi et aux vêpres. Les carmélites étaient revêtues de la chape blanche pour marquer la solennité de la naissance de Saint Jean Baptiste .

Au cours de notre journée, nous nous sommes mis en chemin pour « un voyage intérieur ». Nous avons parcouru quelques jardins de la Bible, Ceux du monastère étant ce jour là, malheureusement indisponibles. Dieu aime les jardins et Il les a choisis comme lieu de Salut.

Quand nous lisons la Bible, nous réalisons que tout commence dans un jardin (celui d’Eden) et tout se termine dans un jardin (celui de l’Apocalypse). Entre les deux, le jardin du Cantique des Cantiques décrit la quête d’un homme cherchant sa bien-aimée et rappelle celle de Dieu pour son peuple égaré. En continuant notre déambulation dans le livre de la Parole, nous parvenons à Gethsémani, le jardin des oliviers qui devient celui de la tristesse et de l’abandon. Nous passons par le Golgotha, le jardin le plus aride qui soit, où le seul arbre est le bois de la croix. Mais ce lieu de mort va se révéler fécond : « Le jardin de l’agonie…devient le jardin de gloire ». Jésus nous ouvre les portes du jardin du Ciel. Nous continuons notre promenade, pour entrer dans le jardin du Ressuscité où Jésus apparaît à Marie de Magdala qui pleure et ne Le reconnait pas tout de suite. Les questions que Jésus lui pose, évoquent le cri de Dieu cherchant Adam, qui se cache après sa désobéissance. Ce cri va traverser toute l’histoire des hommes jusqu’au rassemblement final dans le jardin du Paradis : Le jardin éternel promis et gagné par le Christ, un monde baigné du bonheur divin.

Et surtout ne croyons pas que ces jardins qui jalonnent l’histoire du Salut, sont à contempler de loin. Notre cœur est comme un jardin en friches, envahi de ronces et d’épines, mais Dieu nous donne de bons outils (Sa Parole et la prière), l’eau de Sa Grâce à profusion et si j’osais employer cette image de « bons désherbants » (l’Eucharistie et la Réconciliation).

En quittant ce lieu de Paix et d’intériorité, nous gardons dans notre cœur cette image du jardin intérieur. Il y aura un avant et un après notre visite au carmel. Chaque nouvelle Eucharistie sera vécue différemment. Nous serons en communion aussi avec les carmélites pour qui le travail est aussi prière.

Prenons conscience de cette chance de visiter les ateliers du carmel qui n’ouvrent pas portes au public. C’est un véritable cadeau offert par les carmélites que nous tenions à remercier chaleureusement.

A chacun d’entretenir son jardin afin de donner du fruit et cela ne sera possible qu’en restant « greffés » au Christ.

Bernadette Bonnard catéchiste CM2