Mercredi 3 mai 2017

Vers une béatification du Père Ange Le Proust ? Enregistrer au format PDF

Le 25 mars 2017, le procès pour la béatification du Père Ange Le Proust (1624-1697), fondateur de la Congrégation Saint-Thomas de Villeneuve, a été officiellement ouvert. Un bel hommage pour ce religieux augustin qui a marqué par son action l’histoire religieuse, sanitaire et sociale de la ville de Lamballe.

Ange Le Proust est né le 3 décembre 1624 dans le Poitou. Devenu religieux de l’Ordre des Petits Augustins, il n’a que 35 ans lorsqu’il est nommé Prieur (ou responsable) du Couvent des Augustins de Lamballe. La ville ne lui est pas inconnue : il y a déjà vécu quelques années auparavant, en tant que professeur de philosophie dans ce même couvent. Le nouveau Prieur est un homme d’une grande spiritualité, passant des heures en oraison. Mais il sait aussi se démarquer : ainsi, il n’hésite pas à s’opposer à certains de ses Frères afin de rétablir le respect de la Règle de Saint Augustin, dont il est un fin connaisseur.

Mais une chose le préoccupe : le sort des pauvres et des malades de l’Hôtel-Dieu de la ville. Le bâtiment est petit et insalubre, et les malades sont physiquement et spirituellement à l’abandon. Il décide alors de fonder en 1661 une société de dames qui uniraient leurs revenus et vivraient une vie au service des plus pauvres : la Société Saint-Thomas de Villeneuve est née, portant le nom d’un saint espagnol réputé pour sa grande charité. La fondation reçoit l’appui de l’Évêque en personne, Mgr Denis de la Barde, et sous la houlette du Père Ange, les premières jeunes femmes à en être membres sont formées au soin des malades de l’Hôtel-Dieu. Bientôt, la société se développe et les communautés se multiplient en Côtes-d’Armor puis dans toute la Bretagne, appelées par les évêques et les conseils de ville.

Le Père Ange doit quitter Lamballe en 1665 pour Paris où il sera élu aux plus hautes fonctions de son Ordre, devenant même Supérieur Provincial en 1671. Mais il continuera de gérer sa fondation : celle-ci est officiellement reconnue par Louis XIV, et devient une congrégation religieuse en 1683. Le Père Ange décède en 1697, et est actuellement enterré dans la chapelle de la maison-mère de sa congrégation, à Neuilly-surSeine (Hauts-de-Seine). Aujourd’hui la Congrégation du Père Ange est présente sur trois continents avec des établissements de santé, des établissements scolaires et des missions, où les Sœurs contribuent à perpétuer le charisme de leur Fondateur. D’ailleurs, plus de 350 ans après son séjour à Lamballe, la ville porte encore les traces de son action : une rue du centre-ville a été baptisée à son nom et cela, heureuse coïncidence, à quelques dizaines de mètres de l’ancien Hôtel-Dieu de la ville (rue Charles-Cartel) où vit toujours une communauté de religieuses de Saint-Thomas.

La cause de béatification étant désormais introduite, c’est tout un travail de recherche qui débute : des témoins seront interrogés pour juger de la réputation de sainteté du religieux, des historiens retraceront sa vie à travers les archives qu’il a laissées, tandis que des théologiens étudieront ses écrits. Ce travail sera mené au niveau du diocèse de Nanterre (compétent du fait que le Père Ange y est enterré) ; une fois terminé, il sera transmis pour examen à la Congrégation pour la Cause des Saints au Vatican. C’est donc un processus au long cours qui s’annonce…

Agnès Wojciechowski

Archiviste de la Congrégation Saint-Thomas de Villeneuve