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Béatification - Canonisation

Pour les chrétiens, tous les hommes, grâce au Christ, sont appelés à « refléter la gloire de Dieu », à « être transfigurés » en cette même image. Personne ne peut donc être un modèle de vertu de par sa propre force (en termes théologiques, on dirait que personne n’est sans pé-ché). Par contre certains hommes et femmes ont vécu plus intensément les exigences de l’amour évangélique. Ce sont eux que l’on appelle les saints, au sens habituel du terme.

Un peu d’histoire.
Dès les premiers martyrs, les chrétiens ont vénéré des baptisés dont la vie leur semblait avoir mérité le partage de la sainteté divine. L’acclamation spontanée des fidèles suffisait pour qu’un chrétien soit reconnu digne de vénération.
Aux VI et VIIe siècles, le nombre des saints vénérés s’accrut considérablement, entraînant des abus. Les évêques établissent alors un processus de régulation incluant une enquête sur la vie des personnes présumées saintes.
Au XIIe siècle, les papes réclament le contrôle des cultes locaux rendus aux saints ; Grégoire IX institue des normes pour les procédures d’enquête.
A partir du XIVe siècle, ils autorisent un culte restreint pour les « bienheureux », chrétiens remarqués par la sainteté de leur vie et dont l’enquête de canonisation est en cours.
En 1588, le pape Sixte V distingue béatification et canonisation. C’est désormais une congrégation romaine (un des services du Vatican) qui prend en charge les demandes de canonisation.

La procédure.
N’est pas saint qui veut ! La procédure, soumise à des critères rigoureux, peut être longue. Il s’agit d’abord de démontrer le rayonnement spirituel du « serviteur de Dieu » pendant sa vie et après sa mort. C’est un signe de sa participation à la sainteté de Dieu et l’assurance que son exemple est accessible et bienfaisant pour les chrétiens.
Il faut ensuite qu’il y ait reconnaissance, par l’Eglise, d’un miracle et que l’on établisse, soit son martyre, soit ses vertus chrétiennes.
La procédure est identique pour la béatification et la canonisation. L’évêque du diocèse où le « serviteur de Dieu » est mort doit être saisi d’une demande de béatification ou de canonisation, de la part d’un fidèle ou d’un groupe de fidèles ; il peut aussi prendre lui-même l’initiative d’engager la procédure.
Sa mission première sera de recueillir et d’examiner les preuves de sainteté avancées en faveur de la cause introduite (nom donné à la demande). Celle-ci a un avocat, le postulateur de la cause, nommé soit par l’évêque soit par la congrégation romaine pour la cau-se des saints. Sa mission est de recueillir tous les écrits et les témoignages sur la personne. L’évêque fait examiner les écrits par deux théologiens et entendre les témoins. La copie de tous ces actes est envoyée à Rome avec les conclusions de l’évêque.
Ensuite la congrégation pour la cause des saints poursuit l’examen du dossier soumis aux consulteurs théologiens réunis sous la présidence d’un promoteur de la foi dont la mission est de ne rien laisser dans l’ombre. Le dossier, examiné par les cardinaux et évêques, membres de la congrégation, est présenté au Pape qui prend la décision finale.

Béatification, Canonisation,quelle différence ?
Les deux actes de béatification et de canonisation se distinguent par le degré d’extension du culte public. Ainsi, la béatification permet qu’un culte soit rendu à un bienheureux sur un territoire limité : un ou plusieurs diocèses, un ou plusieurs pays ou telle congrégation religieuse dont le bienheureux est issu.
La béatification précède la canonisation.
La canonisation consistera, pour le Pape, à étendre le culte du bienheureux à l’Eglise universelle et à l’inscrire sur la liste des Saints.
Cela nécessite normalement que de nouveaux miracles soient attribués au bienheureux.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Choisir le parrain ou la marraine

Aînés dans la foi, les parrains ou marraines seront témoins de la foi au Christ mort et ressuscité auprès de leur filleul. Avec les parents, ils accompagneront le baptisé sur le chemin de la foi, tout au long de sa vie. Ils seront un soutien pour l’enfant dans sa vie chrétienne, plus particulièrement lors de la préparation et la célébration des sacrements

Serge Kerrien
Serge Kerrien

Dans le rituel du baptême des petits enfants, nous lisons au n° 8 : «  Selon une très ancienne coutume de l’Eglise, on n’admet pas au baptême un adulte sans parrain, pris dans la communauté chrétienne. Chaque petit enfant, pour son baptême, doit aussi avoir un parrain ou une marraine. Sa présence élargit dans un sens spirituel la famille du futur baptisé et signifie le rôle maternel de l’Eglise. Il pourra, en certains cas, aider les parents afin que l’enfant parvienne un jour à professer la foi et à l’exprimer dans sa vie  ».

Ces quelques lignes sont très révélatrices du rôle actuel du parrain ou de la marraine, rôle qui a évolué au cours de l’histoire. Le rituel issu de Vatican II insiste sur la présence et le rôle des parents sans supprimer pour autant le rôle du parrain ou de la marraine. Il rappelle que les parents sont les premiers éducateurs de la foi de leurs enfants.
Pour autant, l’Eglise reconnaît le rôle affectif important des parrains et marraines. Elle rappelle qu’ils peuvent jouer un rôle déterminant dans l’éducation chrétienne d’un enfant, particulièrement lorsque les parents ne peuvent assurer leur responsabilité propre.
Alors une question se pose : comment choisir les parrains et marraines ?

Des conditions

Le code de droit canonique au Canon 874 donne les précisions suivantes :
« Pour que quelqu’un soit admis à remplir la fonction de parrain il faut :
-qu’il ait été choisi par la personne qui va être baptisée, par ses parents ou par ceux qui tiennent leur place ou, s’ils font défaut, par le curé ou le ministre, et qu’il ait les aptitudes et l’intention de remplir cette fonction.
-qu’il ait 16 ans accomplis, à moins que l’Evêque diocésain n’ait établi un autre âge, ou bien que le curé ou le ministre n’estime devoir admettre, pour une juste cause, une exception.
-qu’il soit catholique, confirmé, qu’il ait déjà reçu le très saint sacrement de l’Eucharistie et qu’il mène une vie cohérente avec la foi et avec la fonction qu’il va assumer.
-qu’il ne soit sous le coup d’aucune peine canonique, légitimement infligée ou déclarée. -qu’il ne soit ni le père ni la mère de la personne qui doit être baptisée.

Une attitude pastorale

On voit que les critères de choix sont très restrictifs, ce qui n’est pas sans poser de problèmes pastoraux difficiles à gérer. Souvent, quand les parents viennent inscrire leur enfant au baptême, ils ont choisi parrain et marraine. Il est difficile alors de tout remettre en cause, mais il serait possible de voir avec eux les critères de leur choix et d’approfondir la signification dont le parrain et la marraine sont porteurs. Ce sera une manière positive de réfléchir au parrainage et de le revaloriser. On pourra insister sur l’importance de l’engagement des parrains et marraines dans la durée. Les enfants vont grandir. La disponibilité des parrains et marraines, au moment de l’adolescence et de l’entrée dans l’âge adulte, peut avoir une grande importance tant dans le domaine de la foi que sur le plan purement humain. Ils accompliront d’autant mieux leur tâche qu’ils participeront eux-mêmes à la foi et à la vie de l’Eglise. Il serait donc souhaitable de pouvoir rencontrer parrain et marraine en même temps que les parents au moment de la préparation du baptême ; sinon au moins parler avec les parents sur ce qui les a conduits au choix du parrain et de la marraine.
Cela suppose un préalable : qu’on se pose la question du parrainage autrement que comme une simple formalité administrative.

Le Christ a proposé le baptême à tous pour que tous aient la Vie en Dieu. […]

Serge Kerrien Diacre permanent

Des lieux pour célébrer

Pour communier, le peuple des chrétiens a depuis longtemps éprouvé le besoin d’avoir des lieux bien identifiés. La ferveur des bâtisseurs se fait voir dans des ouvrages grandioses comme les cathédrales, mais aussi dans d’humbles chapelles qui étaient tout autant fréquentées.

Serge Kerrien
Serge Kerrien

De la salle à manger qui permettait aux premiers chrétiens de se réunir jusqu’aux cathédrales ou aux humbles chapelles, les communautés chrétiennes se sont donné des lieux variés pour célébrer : églises, cathédrales, basiliques, chapelle, oratoire, collégiale. On ne comprend pas toujours bien où se situent les différences en chaque lieu. Essayons d’y voir un peu plus clair.

 La cathédrale

C’est l’église où est placée la « cathèdre », siège de l’évêque, signe de l’unité des croyants dans la foi, de la continuité apostolique et du pouvoir du pasteur d’une Eglise particulière, c’est-à-dire diocésaine. Aux jours des fêtes les plus solennelles, par exemple pour la messe chrismale et les ordinations, les célébrations pascales, etc… l’évêque y préside la liturgie. La cathédrale doit être regardée comme le centre de la vie liturgique du diocèse.

 L’église

Le mot « Église » désigne la communauté des fidèles. Cette communauté a besoin d’un lieu pour faire assemblée, puisque « Église » veut dire « assemblée ». Le terme désigne donc à la fois l’Eglise dans son mystère, la communauté chrétienne locale et l’édifice où elle se réunit. Le bâtiment est adapté aux besoins liturgiques d’une communauté locale ; il comprend les éléments nécessaires aux célébrations dominicales et à la célébration de certains sacrements : chœur suffisamment vaste, autel, ambon, baptistère, lieux de réconciliation, réserve eucharistique…ces églises paroissiales jouent encore un rôle essentiel dans la vie religieuse et profane des communes.

 La basilique

Aux débuts de l’Eglise, les basiliques n’étaient pas des églises paroissiales. Elles sont bâties dans des sanctuaires où les pèlerins viennent prier sur la tombe d’un Apôtre ou sur celles des martyrs. Souvent, la tombe se trouve dans une crypte et le chœur de la basilique est surélevé pour permettre l’accès au tombeau. D’autres lieux, devenus lieux de pèlerinage à la suite de la venue d’une relique (Quintin, Guingamp, Dinan et les 2 cathédrales), de la découverte d’une statue (Auray), d’une apparition (Pontmain ou Lourdes), d’un vœu (Sacré-Cœur de Montmartre, N. D. d’espérance à Saint-Brieuc), voient s’ériger une basilique. Si la basilique n’est pas église paroissiale, elle ne possède pas de baptistère.

 La collégiale

Collégiale Notre-Dame de Grande Puissance
Collégiale Notre-Dame de Grande Puissance

C’est une église confiée à un collège de clercs, c’est-à-dire à un groupe de chanoines qui ne sont pas des chanoines du diocèse. Leur rôle est de chanter ou de réciter la Liturgie des Heures (bréviaire). En principe, une collégiale n’est pas une église paroissiale. Elle n’a donc pas de baptistère. C’est le cas à Lamballe

 La chapelle

Chapelle Saint Sauveur
Chapelle Saint Sauveur

Les chapelles sont nombreuses dans notre diocèse. Elles peuvent revêtir plusieurs réalités : soit un édifice religieux secondaire dans une paroisse (nos chapelles bretonnes), soit un lieu de culte dans une maison religieuse ou dans un hôpital, une école, un château, un évêché. On peut y célébrer la messe, la liturgie des Heures, y prier la Vierge Marie ou un saint. Elle n’a pas de baptistère.

 L’oratoire

C’est un lieu consacré à la prière, par exemple dans une église paroissiale ou une maison religieuse. C’est encore un petit édifice marquant un lieu miraculeux, érigé en « ex-voto » ou en souvenir, ponctuant des étapes de pèlerinage, appelant à la prière pour les défunts. Les oratoires sont nombreux et la France en compte plus de 12 000, souvent entretenus par des bénévoles. Il est à noter qu’on en construit toujours.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Dimanche, jour de la Diaconie

Dans les Églises chrétiennes, la diaconie est l’institution qui organise la charité envers les pauvres et les malades de la communauté. Elle est présentée comme la mise en œuvre de l’Évangile de JésusChrist à l’égard des pauvres, comme un témoignage personnel et communautaire et comme un service à l’égard de la personne et de la société.

« Le dimanche doit également donner aux fidèles l’occasion de se consacrer aux œuvres de miséricorde, de charité et d’apostolat ». (Dies domini n° 61)

 L’Eucharistie, une fraternité à vivre

Faire mémoire du Christ, chaque dimanche, ne saurait se réduire au seul mémorial du repas pascal, sans prise en compte du lavement des pieds et de la recommandation du Seigneur : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous (Jn 13, 15) ».

Dès les débuts de l’Eglise, les chrétiens ont vu dans l’Eucharistie une invitation au partage avec les plus pauvres, le lieu de l’apprentissage de nos relations fraternelles et le lieu de l’ajustement de nos attitudes envers les pauvres.

Les Pères de l’Eglise ont rappelé souvent, avec vigueur, le nécessaire ajustement de notre solidarité   avec les pauvres, quelles que soient leurs pauvretés, à la solidarité   dont Dieu fait preuve pour nous. Une assemblée fraternelle, l’écoute d’une même Parole, la récitation du Notre Père, le geste de paix, la communion au même pain sont autant de moments, de mots et de gestes qui construisent une vraie fraternité dont le Christ est la source ; ils nous rappellent sans cesse ce devoir de fraternité, de solidarité   concrète où les pauvres reçoivent aide et considération. Puisée à la table de l’Eucharistie, la charité du Christ rayonne dans et autour de la communauté. La vérité de nos eucharisties est à ce prix et le dimanche retrouverait ainsi une dimension prophétique annoncée par le lavement des pieds.

 Les acteurs du service de la charité

Mettre en relation directe dimanche et diaconie pourrait laisser croire que les diacres sont les seuls concernés par la dimension de solidarité   de l’Eucharistie. Bien entendu, leur mission les conduit à porter une attention particulière à cet aspect de la vie de l’Église et leur présence à l’autel en est le signe visible. Mais ce sont tous les baptisés qui ont à prendre
en compte le service des autres. Il s’agit pour chacun de se souvenir que le service des pauvres est constitutif de l’identité chrétienne, à l’image même du Christ serviteur et de traduire en actes la grâce reçue dans l’Eucharistie. Dès lors, une question se pose : comment portons-nous concrètement le souci des malades, des personnes âgées ou seules, des immigrés, des pauvres que nous croisons dans la rue, mais aussi des enfants que l’on considère comme des trublions ? Quel temps leurs consacrons-nous ? Quelles visites vivons-nous réellement ? Quelles invitations osons-nous faire ?

Des communautés chrétiennes en ont conscience et agissent, le dimanche et, par extension, dans la semaine. Mais sans doute faut-il aller plus loin, nous demander non seulement ce que nous faisons pour les pauvres mais surtout ce que nous leur demandons de faire pour nous.

La vraie charité est là. Demander au pauvre un service, c’est lui donner ce qui lui manque le plus : de la considération. De même que Dieu nous considère digne de sa Parole et de sa vie, nous avons à considérer le pauvre digne de nos attentions, de notre amitié, de notre besoin de lui pour être vraiment Corps du Christ.

Ainsi vécue, l’Eucharistie dominicale fait du dimanche le jour par excellence de la diaconie. Le Christ ressuscité nous appelle à une conversion de nos cœurs, de nos actes. En l’ouvrant à la dimension du service, nous en faisons un jour prophétique : celui de la venue du Royaume où la Bonne Nouvelle est portée aux pauvres.

Serge Kerrien

Diacre permanent

Je crois en Dieu

Ta Parole nous rassemble, un moment idéal pour nous interroger sur le sens de notre foi. Et n’y-a-t-il pas meilleur texte pour éclairer notre démarche que cette merveilleuse prière du Credo. Bien sûr nous la proclamons au cours des messes, mais réfléchir au sens profond des mots ne peut qu’aider à encrer notre foi en Dieu

Par le Credo, l’assemblée locale rassemble sa foi à celle de tou-tes les assemblées à travers le monde, toutes les Eglises expri-ment une même Foi. […]
« Le Symbole des Apôtres, ou profession de foi, vise à ce que tout le peuple rassemblé réponde à la parole de Dieu annoncée dans les lectures de la Sainte Ecriture et expliquée dans l’homé-lie et, professant la règle de la foi dans la formule approuvée pour l’usage liturgique, se rappelle et professe les grands mystè-res de la foi avant que ne commence leur célébration dans l’Eu-charistie. » (présentation générale du Missel Romain n° 67) *…+

L’utilisation du mot « symbole » doit se comprendre par la signification du mot grec « sumbalaïen » dont il découle : mettre ensemble, rassembler, réunir. Un chrétien seul ne peut pas dire que sa foi est la foi de toute l’Eglise. En proclamant le Credo, il rassemble sa foi à la foi de tous les fidèles et, en premier lieu, à la foi de ceux avec qui il fait assemblée. […] Une assemblée réunie autour de l’évêque ou du curé est bien l’Eglise présen-te en un lieu, mais n’est pas l’Eglise catholique universelle. Par le Credo, l’assemblée locale rassemble sa foi à celle de toutes les assemblées à travers le monde. […]
Enfin, il faut se souvenir que la foi est un don de Dieu. En proclamant le Credo, les fidèles s’unissent à Dieu en exprimant leur foi à Celui qui la leur donne. […]

Le Credo se décline en trois parties :
¨ Je crois en Dieu, Père, Créateur
¨ Je crois en Jésus, Fils unique sauveur
¨ Je crois en l’Esprit Saint et aux œuvres de l’Esprit.

En caractérisant chacune des personnes de la sainte Trinité, le Credo ne les sépare pas.

Il s’agit bien de la foi en un seul Dieu en trois personnes dont aucune n’agit sans lien avec les deux autres. Le Père crée l’univers et l’homme, mais jamais sans le Fils et l’Esprit. Le Fils rachète l’homme, mais en union avec le Père et l’Esprit. L’Esprit régénère, vivifie et sanctifie l’homme, mais ja-mais sans le Père et le Fils. […]
(extraits du texte de S. Kerrien dans leN° de mars 2013
d’Eglise en Côtes d’Armor)

Ta Parole nous rassemble, le 14 avril dernier a permis une réflexion riche et éclairante sur la prière du Credo.
Chaque groupe a pu partager le fruit de celle-ci avec l’assemblée au cours de la messe qui a suivi.

Le Père : la Source
Le Fils : le Fleuve
L’Esprit : le Courant

Le Père Tout Puissant
A l’œuvre dans nos vies, avec le Fils et l’Esprit, nous ne voyons pas toujours sa présence.
Malgré les obstacles que nous rencontrons comme l’individualisme, le matérialisme qui nous éloigne de Dieu, il est Dieu Père, Dieu créateur, époux, aimant mais aussi mystérieux et inconnaissable.

En quel Jésus je crois ?
Jésus est le visage humain de Dieu, il est présent en chacun de nous.
Je peux le découvrir à travers la Parole, la prière, la rencontre personnelle, la rencontre de l’autre.
Jésus, vrai Dieu, vrai homme me rejoint dans mon humanité : il est à la fois le tout proche et le tout autre.
Jésus, lumière qui me guide.
Jésus ressuscité, sauveur qui me pardonne, me renouvelle.
Jésus serviteur qui m’ouvre aux autres.
Jésus qui me montre que Dieu m’aime.
Jésus espérance, compagnon de route.
Jésus est un exemple de vie, il m’ouvre à l’Amour pour aller vers un don total !

Qu’est-ce que l’Esprit Saint ?
L’Esprit Saint signifie confiance. Il est difficilement accessible, on le comprend mieux avec « il a parlé par les prophètes », d’hier et d’aujourd’hui. Il est vivant en tout homme, il est le lien d’amour entre le Père et le Fils. Il nous permet de faire Eglise.

Je crois en l’Eglise Sainte
Etre saint , c’est partir tous les jours pour le devenir.
Je suis riche des cicatrices de mes péchés.
Dieu est présent dans nos vies.
Je crois que la Résurrection est en marche.

L’adoration

« L’Église et le monde ont un grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l’amour. Ne refusons pas le temps pour aller Le rencontrer dans l’adoration, dans la contemplation pleine de foi et ouverte à réparer les fautes graves et les délits du monde. Que ne cesse jamais notre adoration. »

Jean-Paul II
« Dominicae cenae »

Si vous ouvrez le dictionnaire au mot « adorer » vous lirez ceci : « Rendre un culte à un dieu, un objet divinisé ; aimer passionnément ; apprécier beaucoup ». La définition est large mais lorsque l’Eglise utilise le terme, chacun devine que l’adoration concerne Dieu et le Christ.

Adoration lors de la venue des reliques de Ste Faustine et de St Jean-Paul II
Adoration lors de la venue des reliques de Ste Faustine et de St Jean-Paul II

 L’origine

A l’origine, c’est une prière ou un discours adressé à un interlocuteur (en latin « oratio ad »). C’est encore le geste de mettre la main à la bouche (en latin « ad os ») pour envoyer un baiser à quelqu’un, ou de porter à la bouche le bord du vêtement de la personne que l’on veut honorer, ou encore de baiser la terre en signe de respect. Aux premiers siècles de notre ère, ces gestes étaient pratiqués pour honorer l’empereur romain et ses statues. Les chrétiens vont s’emparer de ces marques d’honneur et les réservent à Dieu et au Christ. Ainsi, la liturgie va introduire des gestes d’adoration ; on embrasse l’autel, l’évangéliaire, on adore la Croix le Vendredi Saint. Plus largement, l’adoration est tout acte visant le culte rendu à Dieu, mais le plus souvent, c’est le Saint-Sacrement qui est l’objet de l’adoration exprimée par la génuflexion ou l’agenouillement.

 L’adoration du Saint Sacrement

Elle naît au XIIIe siècle. A cette époque, les chrétiens ne communient presque jamais. Parce qu’ils se sentaient indignes de recevoir le Christ dans la communion, ils préféraient adorer le Christ présent dans le Saint Sacrement. Aujourd’hui, les chrétiens communient bien plus, néanmoins, ils ont gardé ce désir de contempler le Christ et d’y nourrir leur foi. C’est une manière très louable que l’Eglise encourage de « participer plus profondément au mystère pascal et de répondre avec reconnaissance au don de Celui qui, par son humanité, ne cesse de répandre la vie divine dans les membres de son corps » (Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n° 164). Le modèle de l’adoration du Saint Sacrement nous est donné
dans le temps qui suit la célébration de la messe du Jeudi Saint, devant les Saintes Espèces déposées au reposoir.

 Quel sens lui donner aujourd’hui ?

L’acte d’adoration par excellence est la messe qui nous unit à l’offrande du Christ à son Père. L’adoration du Saint Sacrement n’a de sens que si elle renvoie à la messe puisqu’elle vise à prolonger en nous le mystère de l’Eucharistie. Ceci a deux conséquences pratiques : l’adoration se fait devant le tabernacle ou sur un autel où l’Eucharistie est habituellement célébrée ; l’hostie exposée a été consacrée lors de la messe qui a précédé l’adoration. (cf. Rituel de l’Eucharistie en dehors de la messe). L’adoration peut revêtir diverses modalités : -la visite au Saint Sacrement présent dans le tabernacle, -l’adoration du Saint Sacrement exposé, -l’adoration perpétuelle qui mobilise une communauté religieuse ou des chrétiens dans un lieu particulier. Pour ces deux dernières modalités, l’Eglise recommande que les fidèles entendent et méditent des textes de l’Ecriture, puissent chanter des chants eucharistiques et bénéficier de prières adaptées, tout en alternant la prière silencieuse et la prière communautaire.
Enfin, on se souviendra que l’adoration ne peut se limiter à un acte individuel : par le pain eucharistique, nous rejoignons le corps tout entier de nos frères humains, pour lesquels le Christ est mort. L’adoration est fondamentalement missionnaire : elle nourrit le croyant, non pas pour un cœur à cœur enfermant, mais pour témoigner au monde du don que Dieu lui fait de son Fils.

Serge Kerrien

Diacre permanent

L’adoration aujourd’hui

A l’heure où je me pose pour la rédaction de cet article au sujet du terme de l’adoration, deux points me viennent spontanément à l’esprit. De quoi s’agit-il ? A qui s’adresse cette attitude ?

Le terme d’adoration désigne une attitude qui ne peut prendre acte que lorsque l’homme se reconnaît créature devant son créateur, c’est-à-dire Dieu. Adorer Dieu c’est le reconnaître comme notre créateur, notre sauveur, le maître de ce qui existe avec un amour infini pour l’humanité et digne d’une miséricorde en surabondance. L’adoration est donc une attitude qui ne s’adresse qu’à Dieu pour nous les croyants.

A l’heure où on prône l’idolâtrie des stars, Dieu ne peut entrer dans ce tableau. Dieu est au-dessus de tout cela, il est plus grand que tout, il est de l’ordre du divin. Une star, toute aussi importante soit-elle, reste une figure humaine, dotée d’un talent mis en avant par des moyens technologiques, matériels, virtuels. Il est donc de notre devoir d’adulte d’attribuer le vocabulaire adéquat à chaque circonstance si l’on souhaite transmettre aux futures générations nos convictions de chrétiens et l’importance de reconnaître Dieu, créateur de toute vie.

Je me permettrai de rappeler la plus belle des prières qui existe : celle du Magnificat, entonnée par la Vierge Marie lors de l’Annonciation :
« Magnifique est le Seigneur, tout mon cœur pour chanter Dieu, magnifique est le Seigneur, Alléluia, alléluia »

L’adoration a toujours existé, cependant certaines époques ont été plus « éduquées » à cette pratique. Aujourd’hui, lors de nos retraites premières eucharisties, profession de foi, soirée réconciliation, nous proposons aux jeunes de découvrir et de vivre ce « tête à tête » avec Dieu, mais en communion avec nos frères.

Les enfants se rendent compte qu’il se passe quelque chose de particulier. Plongés dans cette ambiance, ils savent où regarder, se tenir en silence, Jésus leur devient plus familier. Leurs regards sont plongés vers ce bel ostensoir dans lequel la lunule contient l’hostie consacrée. Nous sommes à chaque fois surpris de voir comment les jeunes aiment et savourent ce temps d’adoration.

A l’heure où l’on parle de zapping constant, réserver un temps concret, rien que pour Dieu, rejoint ces jeunes en quête de repère, de sens à leur vie . Pas besoin d’en faire des longueurs, mais cadrer ce temps en donnant des clés de lecture. Voilà comment on peut y parvenir : -le moment, -le salut, -la position, -l’adoration, -l’action de grâce -l’au revoir.

Benoit XVI disait : « l’adoration est un baiser à Jésus dans lequel je dis : je suis à toi et je prie afin que toi aussi tu demeures toujours avec moi »

Et si chacun de nous se posait véritablement la question, maintes attitudes changeraient ne serait-ce qu’aux célébrations dominicales.
A chacun de nous de prendre le temps de la réflexion.

Michelle Gérel

Animatrice LME

L’aspersion

Dans la liturgie, l’aspersion consiste habituellement à projeter de l’eau sur des personnes ou sur des objets, en signe de purification. L’aspersion principale est celle du baptême : par trois fois, l’on verse de l’eau sur la tête de celui que l’on baptise. Le geste implique à la fois le fait d’être lavé et le fait de recevoir un principe vital, celui de la vie divine.

Serge Kerrien
Serge Kerrien

Le rite d’aspersion est fréquent dans la liturgie, parfois à la messe du dimanche et, toujours, aux célébrations des funérailles. Ces deux moments ne sont pas les seuls. Quel est donc le sens de ce rite et quand l’utilise-t-on ?

  L’origine

Au point de départ, on trouve ce geste dans les religions païennes. Les chrétiens des premiers siècles vont s’en emparer et le sanctifier par une prière de l’Eglise en vue d’exorciser et de purifier. Au VIe siècle, on ajoutait parfois à l’eau du sel ou d’autres ingrédients en fonction du rite célébré. Cette eau était toujours destinée à l’aspersion des lieux : maisons, églises, champs, et l’aspersion dominicale concernait, au départ, les différents lieux des monastères. Si la pratique s’est généralisée et maintenue, c’est parce qu’on en a fait, par la suite, un souvenir du baptême.

 Le sens

Dans la liturgie, l’aspersion est habituellement un signe de purification. Pour bien en saisir le sens, il convient d’en référer au baptême. Par trois fois, on verse de l’eau sur la tête de celui que l’on baptise. C’est la façon habituelle de baptiser, bien que le baptême par immersion soit plus ancien et plus signifiant. Le geste baptismal signifie qu’on est lavé de toute souillure et qu’on reçoit la vie divine que l’eau symbolise. Toute aspersion comporte ce double aspect : purification et réception de la vie divine.

 Dans les célébrations

L’aspersion va trouver place dans un certain nombre de célébrations. Ainsi, au cœur de la vigile pascale, après la renouvellement des promesses du baptême, le célébrant asperge l’assemblée en souvenir du baptême. En effet le rite de l’aspersion dominicale, organisé au IXe siècle, porte un net caractère baptismal. Le dimanche est par excellence le jour mémorial du mystère pascal et donc mémoire du baptême.

  • Dans la célébration des funérailles, le rite d’aspersion est très ancien. Le rituel l’explique : « L’aspersion peut rappeler que le baptême est le lien qui unit dans la foi le défunt et l’assemblée. Cela sera plus manifeste si toute l’assemblée vient, à la suite du prêtre (ou du célébrant laïc) faire ce geste qui conclura alors le dernier adieu » (Rituel des funérailles n° 102). Ne pas proposer ce geste, ou le réduire, en gomme la dimension de solidarité   baptismale. La tradition, qui consiste à bénir le corps du défunt dans la chambre mortuaire, porte la même signification ; la visite dit la solidarité   humaine dans l’épreuve, la bénédiction rappelle la solidarité   baptismale et la communion des saints.
  • Quant au rituel de la dédicace, il propose l’aspersion de la nouvelle église, rappel aussi du baptême qui fait des chrétiens le temple de Dieu. En effet, l’assemblée est aspergée la première ; les murs de l’église, l’autel et l’ambon le seront ensuite. Et quand on se signe soi-même avec l’eau bénite, on appelle sur soi une plus grande libération du mal et une nouvelle effusion de la grâce divine.
  • Dans d’autres occasions, l’aspersion d’eau bénite est encore utilisée. Le livre des bénédictions les mentionne : bénédiction des familles et de leurs membres, d’une première pierre, d’une maison, d’une école, d’un hôpital, d’un lieu de travail, etc… des animaux, des objets pour le culte, d’une tombe.

On le voit, l’Eglise utilise fréquemment l’aspersion, mais à chaque fois le but est le même. Il ne s’agit pas de poser un acte magique qui tiendrait de la protection et de l’assurance tout risque. Il s’agit toujours de rappeler le mystère pascal et d’inviter les personnes présentes à renouveler la foi de leur baptême.

Serge Kerrien
Diacre permanent

L’offrande des mages

« En entrant dans la maison, les mages virent l’enfant avec Marie, sa mère et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe » ( Matthieu 2, 11). Cette scène nous est bien connue et la représentation qu’en font nos crèches l’ont ren-due populaire. Quel en est le sens ?

- Un peu d’histoire
Le plus ancien témoignage atteste d’une célébration de l’Epiphanie, à Paris, le 6 janvier 361 ; mais nous ignorons le contenu de cette fête. A Rome, l’Epiphanie est célébrée peu après 350 ; elle a pour but de distinguer la Nativité (naissance du Christ) et l’Epiphanie (manifestation aux païens). Aujourd’hui, toujours fixée au 6 janvier mais souvent célébrée le dimanche suivant, l’Epiphanie célèbre avant tout la manifestation aux Mages, qui prolonge la manifestation de Noël.

- Le mystère célébré
La fête de l’Epiphanie, nous fait lire et méditer la révé-lation de la personnalité et de la divinité de Jésus. Cette révélation est destinée à des hommes en recherche qui sont les représentants des nations païennes auxquelles l’Evangile est aussi destiné. Noël et l’Epiphanie sont donc deux moments, deux aspects de l’unique mystère du Fils de Dieu venant parmi les hommes et leur apportant la lumière. Les deux fêtes sont complémentaires et inséparables.

- Les Mages et leurs présents
Ces Mages, assez énigmatiques, ne figurent que dans l’évangile de Matthieu mais occupent dans notre liturgie et notre imaginaire toute la scène de l’Epiphanie. La tradition les a portés au nombre de trois à cause des présents ; puis elle leur a donné des noms et, au 9e siècle, une apparence pour représenter les trois races humaines connues à l’époque. Le premier a reçu le nom de Melchior ; il se présente comme un vieillard à la barbe blanche.
Il offre l’or à Jésus, manifestant ainsi qu’il le reconnaît roi (seuls, les rois pouvaient frapper de la monnaie en or). Le deuxième, jeune et imberbe, au teint légèrement foncé s’appelle Gaspar. Il offre l’encens à Jésus, reconnaissant ainsi sa divinité (on brûlait l’encens devant les dieux païens et, au temple de Jérusalem, le Grand prêtre entrait dans le Saint des Saint pour offrir à Dieu l’encens). Le troisième est noir de peau, porte une barbe épaisse et s’appelle Balthazar. Il offre à Jésus de la myrrhe, en prévision de sa mort et de sa mise au tombeau (la myrrhe est une plante aromatique dont on se servait pour embaumer les morts).
Ces mages qui sont des savants et des astrologues seront qualifiés de rois par Tertullien, vers l’an 200, en référence au psaume 72 : « Les rois d’Arabie et de Saba lui offriront des présents ».

- Et la galette ?
Cette coutume, propre à la France, apparaît au début du XIVe siècle. La galette terminait le repas de l’Epi-phanie. Et, comme les mages avaient apporté des pré-sents à Jésus, une part du gâteau était mise de côté et offerte au premier mendiant qui se présentait. Dans les familles riches, on invitait des écoliers pauvres et celui qui trouvait la fève se voyait octroyer une bourse d’études. A d’autres époques, l’enfant qui trouvait la fève avait le droit de tout dire ce jour là à sa famille, sans craindre de représailles.

Aujourd’hui, nous célébrons la fête des Rois, nous partageons la galette. Avons-nous encore conscience de la visite des mages, de la nécessité d’annoncer au monde l’Evangile et de donner à nos tables une place aux plus démunis ?

Serge Kerrien
Diacre permanent

La bénédiction des rameaux

Le dimanche des Rameaux ouvre la semaine sainte. Commémorant l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem et introduisant au mystère de la Passion, les rites de cette fête restent très populaires, particulièrement la bénédiction des rameaux.

 Un peu d’histoire

La fête des Rameaux est née au IVe siècle à Jérusalem, sur les lieux mêmes où Jésus était entré, acclamé par la foule qui agitait des palmes ou des rameaux d’olivier, en criant : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ».
Cette fête, (avec procession ? on ne le sait pas), rapidement répandue en Orient, n’est attestée à Rome qu’au VIIe siècle. Et les premiers témoignages de la procession en Gaule datent du IXIXe siècle. La procession est introduite à Rome au XIe siècle et on la fait précéder de la bénédiction des palmes ou des rameaux. Tous les fidèles font la procession puis assistent à la messe, palmes à la main.

Au moyen-âge, la procession fait halte au milieu des tombes qui entourent l’église. Chaque famille s’agenouille sur la tombe de ses proches, le prêtre bénit les tombes et les fidèles y plantent les rameaux de buis, symboles d’immortalité, puisque le buis reste toujours vert. On ne célèbre plus beaucoup l’entrée du Christ à Jérusalem, mais plutôt la confiance que les défunts vivent une vie éternelle dans la Jérusalem céleste.

Aujourd’hui, avant la messe, la liturgie prévoit la bénédiction des rameaux, suivie de la lecture d’un des évangiles de l’entrée de Jésus à Jérusalem et d’une procession jusqu’à l’église. La messe qui suit ne mentionne les rameaux que dans l’antienne d’ouverture.

 Quel en est le sens ?

Jusqu’à une époque récente, et c’est sans doute encore un peu vrai aujourd’hui, les Rameaux attiraient des chrétiens peu pratiquants, désireux de rapporter le buis bénit qu’ils accrocheraient dans leur maison, parfois même dans les étables, pour conjurer les maladies. Dans certaines régions le buis était aussi planté en bordure des champs ou sur les tombes.

La liturgie nous en donne un tout autre sens. En nous faisant méditer l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, elle nous invite à porter nos regards sur les rameaux. Ces rameaux printaniers coupés aux arbres manifestent le renouveau de la nature et sa puissance de résurrection après l’hiver. Ils sont signes de la victoire permanente de la vie sur la mort. Ils apportent donc une signification symbolique que les évangélistes nous ont donnée et que l’Eglise reconnaît : au-delà de l’acclamation d’une foule versatile qui réclamera bientôt la mort de Jésus, il y a promesse de victoire de la vie sur la mort, victoire qui apparaîtra en pleine lumière au matin de Pâques.

Il faut aussi remarquer, et cela peut nous aider à en comprendre l’unité, que toute la route de la semaine sainte est bordée d’arbres. Le dimanche des Rameaux l’inaugure avec des palmes, des rameaux d’olivier ou des branchages printaniers. Le jeudi soir, le Seigneur mène le combat de son agonie au jardin des oliviers. Le Vendredi, l’Eglise livre à notre adoration le bois de la croix, bois que la lumière du cierge pascal éclairera d’une fleur de feu.

Ainsi, lorsque chacun ramène chez lui le rameau bénit et qu’il le place sur la croix de sa maison, c’est pour garder en mémoire que la croix, instrument de supplice et de mort, est pour le chrétien un signe de vie : du bois de la Croix jaillit la vie que Dieu nous partage.

La commémoration des défunts

Proche de la Toussaint mais conçue à une époque différente et dans un but bien différent, la commémoration des fidèles défunts était souvent célébrée à la messe ou aux vêpres de la Toussaint. Pourtant, cette invitation de l’Eglise à prier pour les défunts porte un caractère bien spécifique ; il convient donc de distinguer les deux célébrations.

La prière pour les défunts.
La question se pose régulièrement de savoir s’il est légitime et utile de prier pour les défunts : à quoi bon, puisqu’ils sont entre les mains de Dieu ?
A cette question, l’Eglise répond par une pratique très ancienne : c’est chaque jour qu’elle prie pour les morts, par exemple dans les prières eucharistiques qui comportent toutes une intercession pour les défunts. En demandant à Dieu de se souvenir d’eux et de les recevoir dans sa lumière, l’Eglise nous invite aussi à nous en souvenir chaque jour et plus particulièrement le 2 novembre.

D’où vient cette commémoration ?
Au VIIe siècle, les moines commencèrent à offrir une messe pour les défunts de leur ordre, le lende-main de la Pentecôte. Au Xe siècle un moine, Odilon de Cluny, instaura cette commémoration. Il savait bien qu’une société ne peut vivre sans le souvenir de son passé, qu’une famille ne peut oublier ses ancêtres, que tout homme doit garder la mémoire de ses parents et de ceux qu’il a aimés. Il eut la bonne idée de proposer cette journée où l’Eglise fait mémoire des défunts, le 2 novembre, au lendemain et dans la lu-mière de la Toussaint.
Comment ne pas penser, en effet, que, parmi les dé-funts, beaucoup de saints sont près de Dieu, sans attendre béatification ou canonisation venues de la terre. Cette pratique s’étendit aux autres monastères, puis aux paroisses.
Au XIIIe siècle, Rome inscrivit ce jour sur le calendrier de l’Eglise universelle. La date du 2 novembre fut maintenue pour que tous les membres de la communion des saints soient commémorés en des jours successifs : les saints parvenus à la gloire du ciel, le 1er novembre, et les autres le 2.
Aujourd’hui, cette journée de prière, même si elle commence la veille, voit les foules se rendre dans les cimetières, chacun fleurir les tombes et se recueillir devant ses morts.

La messe pour les défunts.
Pratique très ancienne de l’Eglise, la recommandation de messes pour un défunt, à l’occasion de ses funé-railles, tend à disparaître, au profit d’offrandes de fleurs ou de don pour la recherche médicale.
On ne peut que le regretter et sans doute les chrétiens auraient à retrouver le sens de la communion des saints, c’est-à-dire de cette solidarité   que le baptême instaure entre tous les membres de l’Eglise du ciel et de la terre.
Offrir une messe pour un défunt, c’est manifester que la mort ne saurait détruire les liens établis pendant la vie terrestre, et que par son mystère pascal, le Christ, nous donne la vie éternelle. Solidaires sur la terre, les chrétiens restent solidaires par-delà la mort. Il est nécessaire de s’en souvenir.
« Les chrétiens intercèdent pour les fidèles défunts, déjà membres du Christ mort et ressuscité, afin qu’ils passent définitivement de la mort à la vie. Par la célébration de l’eucharistie, ils offrent pour eux, dans l’action de grâce, le sacrifice de la Pâque du Christ en ré-mission des péchés. Ils prient Dieu, riche en miséricorde, afin que les défunts ne restent pas prisonniers de la mort, mais qu’ils entrent dans la Pâque définitive et connaissent la paix et la joie de Dieu ».

Serge Kerrien
Diacre permanent

La confirmation, un sacrement méconnu ?

Le nombre restreint de baptisés confirmés, la maigre participation des communautés chrétiennes à sa célébration font de la confirmation le plus mal connu des sacrements. Pourtant, sa célébration est vitale, non seulement pour les confirmands, mais pour tout chrétien. Tout baptisé est appelé à faire signe dans le monde par son existence quo-tidienne. Les sacrements ont été institués pour que la grâce reçue porte du fruit et fortifie le chrétien dans son témoignage de foi et l’annonce de l‘Evangile. La confirmation, elle aussi.

Un sacrement de l’initiation chrétienne
Pour devenir chrétien, trois sacrements sont nécessaires et indissociables : le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Ces trois sacrements déploient, chacun à sa manière, des phases différentes d’une même ac-tion divine. L’œuvre de l’Esprit commence au baptê-me et s’accomplit dans la confirmation et l’eucharistie. La confirmation ne complète pas le baptême, déjà don de l’Esprit ; elle l’actualise et le renforce.
Etre confirmé, c’est donc être plus profondément introduit au mystère chrétien. Pour être un chrétien achevé, les trois sacrements sont nécessaires ; si l’un d’entre eux manque, le chrétien est un peu infirme et ne peut totalement s’épanouir dans la foi.

Confirmation et Eglise diocésaine
C’est l’évêque ou son délégué qui confirme.
Pourquoi ?
Dans l’Eglise primitive, on baptisait surtout des adultes. Après le baptême l’évêque accueillait le nouveau baptisé et le marquait au front par l’onction du Saint Chrême. Ensuite, le nouveau baptisé était accueilli dans la communauté et partageait avec elle l’eucharistie.
Le rôle de l’évêque était essentiel : il était celui qui faisait l’onction, signe du don de l’Esprit, et qui introduisait le baptisé dans une Eglise particulière ; celle dont il était l’évêque.
La présence de l’évêque ou de son représentant rappelle cette double dimension : le signe du don de l’Es-prit et le lien à une Eglise diocésaine.

Des conséquences
La première concerne tous les chrétiens qui n’ont pas encore reçu le sacrement de confirmation. Quel que soit leur âge, ils sont invités à s’y préparer pour rece-voir la grâce spécifique de ce sacrement et pouvoir accomplir leur mission en plénitude. Il n’y a pas d’âge pour être confirmé, il y a simplement le désir de s’ouvrir au don que Dieu fait de sa grâce. Vous qui n’êtes pas confirmés, y avez-vous sérieusement pensé ? Vous chrétiens portez-vous le souci d’inviter à la confirmation ?
La seconde concerne les communautés chrétiennes. L’absence massive des chrétiens lors des célébrations de la confirmation est à la fois un scandale et un non-sens. Un scandale, parce que les motifs invoqués tiennent du confort personnel : il n’y aura pas de place ; ce sera trop long ; il faut se déplacer, etc… Or, tout sacrement est lieu de construction de l’Eglise autour de l’évêque ou de son représentant. C’est l’Eglise, c’est-à-dire chaque baptisé, qui accueille et accompagne ceux qui célèbrent une étape de leur vie de foi. Personne ne peut dire que la célébration d’un sacrement ne le concerne pas ; ce serait réduire l’Eglise à sa propre personne et choisir ce qui ne dérange pas son propre confort.
Un non-sens pastoral. Partout on entend des plaintes et on pleure l’absence des jeunes dans nos assem-blées. Mais comment pouvons-nous demander leur présence quand, nous-mêmes, nous nous absentons le jour où ils sont invités à prendre toute leur place de chrétiens adultes ? Comment osons-nous nous plaindre quand nous refusons de leur tendre la main et de les accueillir comme des membres à part entière de nos communautés ?
Chacun saura y réfléchir.

Serge Kerrien
Diacre permanent

La préparation pénitentielle

- Quel en est le sens ?

info document -  voir en grand cette imageContrairement à ce que l’on entend souvent dire, la préparation pénitentielle n’est pas un rite pénitentiel, encore moins une forme du sacrement de pénitence et de réconciliation. Elle ne peut se comprendre sans ce qui précède et ce qui suit. La célébration commence par le peuple qui s’assemble ; les divers ministres interviennent progressivement, l’assemblée se construit peu à peu en Corps du Christ qui vient célébrer son Seigneur. Mais on ne va pas arriver immédiatement à l’essentiel (la Parole et l’Eucharistie) ; on va se préparer à accueillir ce Dieu qui se fait conversation et nourriture.

Pour cela, l’assemblée, dans toutes ses composantes, se tourne vers le Christ ressuscité pour trouver face à Lui l’attitude spirituelle qui fera de chacun un priant et un écoutant de la Parole, après des débuts de célébration souvent agitées et activistes.

- Quatre possibilités

Les quatre possibilités offertes par le missel sont rarement mises en œuvre en fonction des temps liturgiques ou des fêtes. Ainsi, au temps pascal, le missel recommande le rite de l’aspersion ; en temps ordinaire, la 2e formule qui comprend deux versets alternés suivis d’un Kyrie révèlera toute sa puissance ; le « Je confesse à Dieu » suivi d’un Kyrie permettra à chacun de reconnaître sa part de responsabilité dans un peuple de pécheurs ; la formule litanique, qui peut comporter autant d’invocations que souhaité donnera une couleur spécifique au Carême  , à l’Avent ou à une grande fête liturgique.
La préparation pénitentielle s’achève par la prière pour le pardon que prononce le prêtre. Il ne s’agit pas d’une formule d’absolution sacramentelle au sens strict, mais c’est bien le pardon de Dieu qui est offert à chaque membre de l’assemblée. Cela ne dispense pas du sacrement de réconciliation mais permet de savoir que l’Eglise dispose de plusieurs moyens pour apporter le pardon de Dieu

- Une attitude

La préparation pénitentielle requiert une attitude intérieure. Chaque chrétien, tourné vers le Christ, apprend de Lui qu’il est sauvé, que le salut lui est donné.
Il apprend aussi que la préparation pénitentielle est une acclamation au Christ.
En acclamant le Christ pour ce qu’il est, le chrétien découvre ce que lui-même n’est pas encore et qu’il a à devenir. Il ne s’agit donc pas tant de faire un examen de conscience nombriliste, que de regarder le Christ, de l’acclamer pour apprendre de Lui que le salut est donné. Le chrétien se sait sauvé ; alors il peut connaître son péché. Cette attitude spirituelle requiert, pour l’assemblée, un temps de silence suffisant pour tourner son cœur vers le Seigneur et ses yeux vers la Croix, signe de sa rédemption. info document -  voir en grand cette imageEn effet, l’attitude du cœur ne suffit pas. Elle se doit d’être portée par une attitude extérieure juste qui permette de vivre en plénitude ce temps donné pour préparer nos cœurs à célébrer. Nous le savons aussi : la prière chrétienne est une prière adressée. Ainsi, la préparation pénitentielle s’adresse au Christ (Ce n’est pas parce qu’il y a trois invocations qu’elle est trinitaire). Il convient donc de se tourner vers celui que l’on acclame : le Christ en croix. La bonne attitude, tout au long de la préparation pénitentielle, sera d’avoir les yeux fixés sur la Croix du Christ.
Ceci vaut pour tous les acteurs de la liturgie : célébrant, assemblée, animateur, chorale, etc…Rien ne serait pire qu’un même rite donne à voir des attitudes différentes ; elles empêcheraient d’être une assemblée qui invoque et supplie celui qui la sauve.

La procession des offrandes

Dans les quatre textes du Nouveau Testament qui nous rapportent les gestes de Jésus au soir de la Cène, on trouve quatre moments qui fondent l’eucharistie chrétienne : Jésus prend le pain et la coupe de vin, prononce l’action de grâce, rompt le pain pour le partager, donne le pain et la coupe. Le 1er de ces moments constitue, dans notre litur-gie, l’apport des dons ou procession des offrandes.

Garnir l’autel
La présentation du missel insiste, au n° 73, sur les pré-paratifs de la table eucharistique : nappe, cierges, fleurs plutôt disposées autour que sur l’autel, missel, corporal et purificatoire. On évitera toujours d’encom-brer l’autel de multiples objets inutiles : lumignons, vases sacrés, livres, burettes…
En effet, les choses parlent autant que les mots. Seul un autel bien dégagé dira l’importance de ce qui va se passer parce qu’il sera prêt à recevoir dignement le pain et le vin. L’autel n’est pas une crédence, mais la table du repas du Seigneur. Normalement la patène et le calice n’ont pas à y être dès le début de la messe puisque « faire présenter le pain et le vin par les fidè-les est un usage à recommander » (Présentation du missel n° 73).
Apporter les dons
Même dans une église aux dimensions modestes ou dans un oratoire de semaine, il est bon que le pain et le vin soient à une certaine distance de l’au-tel pour que leur apport, par les fidèles, soit visible. Normalement, ce sont des fidèles qui apportent au prêtre ou au diacre, le pain et le vin pour la célébration de l’eucharistie. Une procession très déployée n’est pas toujours nécessaire, mais il est indispensable que le geste d’apport des dons soit visible. En effet, c’est toute l’assemblée qui est concernée par le mys-tère d’échange entre Dieu et les hommes : l’homme apporte à Dieu les dons venus de lui, fruits de la terre et de son travail, pour en recevoir, dans le partage du pain venant de l’autel, ce même don divinisé.
La procession des dons
Lorsque l’on fait une procession plus solennelle, elle part du fond de l’église. Ce sont des membres pris dans l’assemblée qui apportent le pain et le vin. Et il est souhaitable que ce soient des adultes, d’une part pour la visibilité des dons, d’autre part pour le sens même des offrandes, fruits de la terre et du travail. Les enfants trouveront leur place en apportant lumiè-res ou fleurs qui seront déposées avant le pain et le vin. D’autres dons, en argent ou en nature, peuvent aussi être apportés mais ils ne doivent pas être dépo-sés sur l’autel qui ne reçoit que le pain et le vin. Il est d’ailleurs souhaitable qu’il n’y ait qu’un seul plateau pour le pain et qu’un seul vase pour le vin.
Parfois, on a pris l’habitude d’ajouter à la procession le missel, les burettes, le calice. Ils n’ont rien à y faire : ce ne sont pas des dons. Pas plus d’ailleurs que toutes sortes d’objets qui trouveront leur juste place dans la procession d’entrée, dans la mesure où ils signifient des caté-gories de fidèles, des ac-tions ponctuelles ou des réalisations pastorales.
Bien réalisée, la procession des dons, lorsqu’elle tra-verse l’assemblée, permet à chacun de déposer sa vie avec le pain et le vin, et de l’offrir à Dieu. Avec le pain et le vin, nos vies sont aussi consacrées dans cet admi-rable échange où Dieu accepte nos dons pour nous faire don de sa vie.
Serge Kerrien
Diacre permanent

Le Carême , un temps favorable

Le Carême   n’est même pas seulement un exercice de sobriété néces-saire à tous ceux qui veulent rester éveillés et lucides, en ayant comme objectif : Pâques. Le Carême   est un chemin vers la résurrection. Puisque nous sommes baptisés dans le Christ, nous nous préparons à participer à sa résurrection. Entrer en Carême   c’est se tourner vers la résurrection du Seigneur pour prendre le même chemin que lui. […]
Extrait « d’entrons en carême   » par le Père MARIN Jean-Claude

Six mots et une histoire
C’est maintenant… Voici… Aujourd’hui… Trois mots qui disent l’urgence de se convertir pour se préparer à vivre la nuit de Pâques.
Jeûne… Prière… Aumône… Trois autres mots qui sont les composantes autour desquelles le Carême   s’est construit progressivement comme préparation à Pâques. Et le lien entre les trois mots est très étroit : nos quarante jours de privations (le jeûne) doivent servir aux plus pauvres (l’aumône) et se nourrir à la source de la prière.
Au IVe siècle, le Carême   va s’enrichir de la démarche du catéchuménat. Ses rites vont influencer l’esprit de ce temps, par le choix des lectures qui donne aux futurs baptisés le sens de leur démarche, une démarche de conversion pour une création nouvelle à Pâques. A cela va s’ajouter la réconciliation des pénitents. Ainsi le Carême   a déjà, au Ve siècle, du mer-credi des cendres à la semaine sainte, les traits essen-tiels de ce qu’il est aujourd’hui.

Le Carême  , pour quoi faire ?
Quarante, chiffre symbolique qui désigne, dans l’Ecriture, un temps assez long de maturation et de préparation. Quarante jours que l’Église donne aux baptisés pour qu’ils retournent leur cœur. Quarante jours où, de dimanche en dimanche, Dieu laisse tomber sa Pa-role qui produira les épis nouveaux des cœurs renouvelés. Quarante jours pour renouer, renouveler et approfondir l’Alliance scellée au baptême entre Dieu et chacun de ses enfants. Le chemin que l’Eglise nous donne d’emprunter dans l’année B est celui de l’histoire des alliances entre Dieu et les hommes.

« Souviens-toi ! ».
Les premières lectures de l’année B nous font suivre les grandes étapes de l’histoire de l’ancienne alliance entre Dieu et les hommes : Noé et l’alliance des origi-nes (1er dimanche), nous relirons l’alliance avec Abraham (2e dimanche), Moïse au Sinaï où Dieu donne sa loi d’alliance comme chemin de liberté (3e dimanche), restauration de l’alliance après l’exil à Babylone (4e dimanche) annonce d’une nouvelle alliance inscrite, mais dans les cœurs (5e dimanche). Et, comme fil conducteur les mots du psalmiste : « Souviens-toi de ton alliance… ».

Le Fils de la nouvelle Alliance
Les évangiles vont se centrer sur Jésus Christ sauveur de tous les hommes. Nouveau Moïse traversant victorieusement les quarante jours dans le désert (1er dimanche), Fils bien –aimé qu’il faut écouter, (2e dimanche), Jésus est le nouveau temple de la nouvel-le alliance (3e dimanche). Mis à mort sur la croix, il est le Fils de l’homme, élevé de terre, en qui tout homme qui croit trouve le salut (4e dimanche), qui attire à lui tous les hommes (5e dimanche). Il est la Parole éternelle d’un Dieu fidèle à son alliance.

Des signes et des témoins
L’alliance dont Dieu a l’initiative après le déluge est universelle. Dieu l’établit avec tous les êtres vivants ; l’arc-en-ciel en est le signe.
La croix est le signe donné de la nouvelle alliance, de l’amour de Dieu planté au cœur du monde. Objet de supplice et de mort, elle est le signe de la victoire de la vie de Dieu.
Des témoins de l’Alliance : Noé, Abraham, Moïse, les prophètes, Jésus. Progressivement, le croyant va dé-couvrir, par eux, qui est Dieu : un Dieu qui fait alliance ; un Dieu qui n’a pas refusé son propre fils ; un Dieu qui trace pour son peuple un chemin de liberté ; un Dieu qui pardonne ; un Dieu qui sollicite la réponse d’un cœur.
Ainsi, pas à pas, le chrétien est entraîné vers Pâques, passant des eaux du déluge aux eaux du baptême qui le sauvent et lui donnent de participer par le Christ, avec le Christ et dans le Christ, à la vie de Dieu.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Le cierge pascal, signe du temps pascal.

Chaque dimanche, les chrétiens se rassemblent pour faire mémoire du mystère pascal et célébrer le Christ ressuscité. Les signes de Pâques sont donc donnés à voir (premier jour de la semaine, eau des bénitiers, cierges à l’autel, etc…). Pendant les 7 semaines du temps pascal, ces si-gnes sont particulièrement mis en évidence et, parmi eux, le cierge pascal.

Le cierge pascal, lumière du monde
Le cierge pascal nous renvoie d’emblée à la célébration du samedi saint. En tête de la procession qui part du feu nouveau, il conduit le peuple de Dieu vers la Parole et les signes du salut que Dieu donne. Et c’est le Christ, lumière du monde, qui conduit chaque baptisé aux sources du salut pour qu’il soit, à son tour, lumière du monde. Voilà pourquoi le temps pascal met en valeur le cierge pascal qui sera orné, encensé et mis à une place d’honneur dans le chœur.

 Historique du cierge pascal

La coutume d’allumer le cierge pascal trouve probablement sa source dans le rite ancien du Lucernaire (allumage des lampes). La tradition pour les fidèles d’allumer les cierges au cierge pascal remonte à Rome, aux premiers siècles de l’Eglise. Dans le royaume franc, on ajoutera sur le cierge une croix gravée ou tracée ainsi que la première et la dernière lettre de l’alphabet grec (Alpha et Oméga). Les chiffres qui composent l’année en cours sont placés entre les quatre branches de la croix. On fixe aussi parfois cinq grains d’encens scellés avec les clous de cire rappelant les plaies du Christ en croix.
Ces symboles visent à rappeler que le Christ est le début et la fin de tout, que le salut englobe toute l’histoire, que la vie éternelle dans la lumière du Christ nous est offerte par sa mort et sa résurrection.
Le cierge pascal invite donc le chrétien à méditer, pendant 50 jours, la joie et le bonheur d’avoir été plongé, par le baptême, dans la mort et la résurrection du Seigneur.

 Quand éteindre le cierge pascal ?

Autrefois, le cierge pascal était éteint au jour de l’Ascension, comme pour signifier la montée aux cieux de Jésus. La liturgie actuelle nous le fait éteindre et conduire au baptistère à la fin de la messe de la Pentecôte.
Pourquoi ce changement ? Le cierge pascal, nous l’avons dit, est un des signes du temps pascal, et le temps pascal ne s’achève pas à l’Ascension mais à la Pentecôte. Par ailleurs, la liturgie n’aime ni le mime, ni l’allégorie. Elle est toujours dans le mémorial. Et le temps pascal est ce temps qui nous est donné pour vivre spirituellement de la résurrection du Christ afin de pouvoir l’annoncer au monde sous l’impulsion de l’Esprit. L’Eglise naît à la Pentecôte et désor-mais tout baptisé a pour mission de porter au monde la flamme du Res-suscité. La lumière de Pâques sort du Cénacle pour illuminer le monde ; chaque baptisé a pour vocation d’être visage du Ressuscité.

À partir de la Pentecôte, le cierge pascal est placé près de la cuve baptismale. Il est allumé pour les baptêmes, et le nouveau baptisé en recevra la lumière du Christ. On l’allume aussi à proximité du cercueil à l’occasion des sépultures. Il manifeste ainsi que le Christ ressuscité donne sens à notre vie et à notre mort ; il rappelle que, depuis le matin de Pâques, le Christ a vaincu les ténèbres de la mort pour nous faire partager sa lumière de Ressuscité.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Le diacre permanent

Rétabli par le concile Vatican II, le diaconat permanent reste encore une énigme pour beaucoup de chrétiens. Dans la mesure où le diacre est surtout visible dans la liturgie, certains le voient comme un sous-prêtre, voire un vicaire au service d’une paroisse, d’autres comme un grand enfant de chœur ou un super-laïc. Que peut-on en dire ?

 La prière d’ordination

Elle éclaire la nature et le rôle du diacre. Décrit comme un service ministériel reçu de Dieu pour l’Église, le ministère diaconal se déploie à travers quatre pôles : le service de l’Église, le service de l’évêque, le service des malades et des pauvres, le service du témoignage. C’est à partir de ces pôles et des charismes personnels du diacre que sa mission est déterminée.

 Un ministère spécifique

Collaborateurs de l’évêque et des prêtres, les diacres ne sont pas les suppléants des prêtres. Ordonnés en vue du service, ils ont une mission spécifique : être les signes permanents du Christ conduisant son Église sur les chemins du service, particulièrement des plus pauvres. Un diacre n’est pas ordonné en fonction de son désir personnel mais pour un besoin de l’Église diocésaine. Il n’entre donc en concurrence ni avec les prêtres, ni avec les laïcs engagés. Son rôle, complémentaire des autres, est d’un autre ordre. L’ordination diaconale n’est pas la reconnaissance des mérites ou des talents ; elle n’officialise pas ce que l’ordonné faisait déjà ; elle le situe de manière nouvelle dans l’Église pour répondre à un service clairement identifié. Pour cela, le diacre reçoit un pouvoir réel qui visibilise son action.

 Des conséquences

Les diacres agissent, au nom de l’Église, dans un espace social que leur mission détermine. Ils sont aussi présents dans la célébration liturgique, non pas pour un supplément de solennité, mais pour être le signe du Christ-serviteur et de l’Église dans la diversité de ses missions. Ils contribuent ainsi à rendre les communautés chrétiennes plus attentives aux lieux où le témoignage évangélique est nécessaire. Leur ministère de la Parole et de la liturgie est imprégné par le service de la charité. Ainsi, dans la liturgie, le diacre ne préside pas l’assemblée, il lui sert la Parole, reçoit les offrandes et les porte à l’autel, mais surtout il est attentif aux besoins spirituels des uns, aux besoins matériels des autres. Par son attitude, il aide l’assemblée à entrer dans la prière, à s’orienter vers le Christ. Il y trouve lui-même le terreau de sa propre vie spirituelle et la nourriture nécessaire à son ministère.
Mais son ministère liturgique est plus vaste. Préparer et célébrer les sacrements tiennent de plus en plus de l’éveil à la foi et de l’accompagnement des personnes éloignées de l’Église. Quant à l’attention aux malades, aux personnes isolées, aux exclus de toute sorte, elle découle directement de son ministère liturgique. Dans une paroisse, il peut être celui qui veille à la prise en compte des tâches d’entraide et de solidarité  . Il soutient le travail des laïcs. Enfin, le diacre peut être plus ou moins directement associé à la tâche épiscopale, soit auprès de l’évêque, soit dans un service diocésain.
Le diaconat permanent n’a pas encore totalement trouvé son identité. Cela viendra si les diacres ne revendiquent rien mais se mettent humblement au service de besoins identifiés et si les communautés chrétiennes, au lieu de vouloir en faire les supplétifs des prêtres, les accueillent comme signe du Christ serviteur et comme un appel à se faire servants des pauvres.
Serge Kerrien
Diacre permanent

Mgr Denis Moutel et les diacres du diocèse lors de l’ordination diaconale de Paul Plantet

Le dimanche : une histoire

serge kerrien
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Le dimanche pour les chrétiens est le « jour du Seigneur », le jour de la Résurrection du Christ, le premier jour de la semaine. « Ce jour est le premier, celui où Dieu fit le monde en transformant la ténèbre et la matière, et celui où Jésus-Christ, notre Sauveur, est ressuscité des morts » (Saint Justin 1re apologie 67,8).

Depuis les débuts de l’Église, les chrétiens ont célébré le dimanche. Mais autour d’éléments intangibles, il n’a pas toujours ressemblé à ce que nous vivons aujourd’hui.

 Au point de départ

Les actes des Apôtres nous rapportent que les assemblées liturgiques dominicales prennent vite une importance particulière (Act 2, 42-44 ; Act 20, 7) : rassemblement de la communauté dans une maison, enseignement, liturgie eucharistique, repas fraternel, partage avec les plus pauvres. Au début du deuxième siècle, la « Didaché » fournit des renseignements plus précis : rassemblement eucharistique du dimanche autour des évêques et des diacres, célébration des baptêmes et de la pénitence, très probablement le même jour. En 112, une lettre de Pline le Jeune à l’empereur Trajan rapporte qu’il y a deux assemblées le dimanche. La première, liturgique avant le lever du soleil. La seconde, le soir, peut-être un simple repas.

 Du IVe au VIIIe siècle

La paix constantinienne a des conséquences sur le dimanche. Les chrétiens se rassemblent dans des basiliques nouvellement édifiées. La liturgie, désormais en latin, y gagne en durée et en solennité. Au IVe siècle, le dimanche devient jour de repos et la religion chrétienne devient religion d’état. Des foules considérables envahissent les églises. Peu à peu, la cessation du travail devient l’élément majeur du dimanche qui garde ses éléments premiers : catéchèse, eucharistie, repas, service des pauvres et des absents.

 Du Moyen Age à Vatican II

La messe dominicale est le cœur du dimanche, qui reste un jour de repos, de rencontres festives, de visites aux malades et aux pauvres, de participation aux œuvres de charité. Mais l’Eucharistie est concurrencée par les exercices de piété. A partir du XIIe siècle, le rassemblement du dimanche se fait de plus en plus autour des lieux de pèlerinage, du culte des reliques, des mystères représentés, de la vie des saints. Au XIIIe siècle, ce sera autour de la crèche et des processions du Saint Sacrement. Ainsi, même s’il reste un jour de repos, consacré au culte, le dimanche n’est plus le jour où une communauté chrétienne établie se rassemble pour l’Eucharistie. Ce sont les périphéries de la célébration eucharistique qui vont éviter une banalisation complète du rassemblement dominical. A la fin du Moyen-âge, l’interdiction du travail dominical revient fortement, transformant le dimanche en obligation morale, mais lui redonnant sa dimension.

Le Concile de Trente recentre le rassemblement dominical sur la messe et la catéchèse. Le XVIIe siècle est marqué par les messes solennelles, les cantates, le théâtre religieux et par un absentéisme important à la messe. La prédication qui a lieu en dehors de la messe prend de l’ampleur au point de devenir, dans les villes, un rendez-vous mondain. Le XVIIIe siècle retrouve le souci pastoral de rassembler la communauté chaque dimanche presque exclusivement pour le culte.

Au XIXe siècle, on redécouvre la façon dont l’Eglise primitive vivait le dimanche. La messe redevient centrale mais le rassemblement dominical s’y limite.

 Et aujourd’hui ?

L’époque n’est guère favorable au dimanche. Les loisirs l’ont envahi et les activités commerciales tendent à en faire un jour comme les autres. Pourtant, Vatican II a insisté sur l’importance, pour les chrétiens, du dimanche comme célébration du mystère pascal (S.C. 106). Nos communautés chrétiennes perdraient beaucoup à se priver de l’Eucharistie et à ne pas renouveler leur manière de vivre le dimanche.

Serge Kerrien

Diacre permanent

Le dimanche, jour du baptême

serge kerrien
serge kerrien

« Le dimanche est en effet, le jour où, plus qu’en tout autre, le chrétien est appelé à se souvenir du salut qui lui est offert dans le baptême et qui fait de lui un homme nouveau dans le Christ » (Dies Domini n° 23)

 Baptême et Eucharistie

Le dimanche est par excellence le jour où l’Église rassemblée fait mémoire de la mort et de la résurrection du Seigneur. Il est, de ce fait, jour de création nouvelle. L’Eucharistie célébrée plonge le chrétien dans le mystère pascal pour faire de lui un homme nouveau dans le Christ. Pour saisir le lien étroit qui relie baptême et Eucharistie, reportons-nous à la Vigile pascale. En cette nuit, la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne rappelle l’unité des trois sacrements. Entre eux, existe un lien structurel et structurant qui les rend indissociables. Dès lors, lorsque, dans l’année liturgique et encore bien plus le dimanche, nous célébrons l’un d’entre eux, nous sommes nécessairement renvoyés aux deux autres. Ainsi, chaque Eucharistie dominicale renvoie à la grâce du baptême et au don de l’Esprit Saint.

 La foi de l’Église

Le dimanche est aussi ce jour où, au cœur même de la liturgie eucharistique, le peuple chrétien proclame sa foi, la foi de son baptême. Si la foi est la rencontre personnelle avec Jésus le Christ, cette foi personnelle dépend aussi de la foi des autres. L’une ne va pas sans l’autre. Proclamer sa foi, chaque dimanche, rappelle au chrétien que son baptême lui fait vivre une relation personnelle au cœur d’une relation commune au Christ-Seigneur. Cette foi proclamée en assemblée renvoie au baptême où c’est la foi de l’Église qui porte la foi personnelle. Le symbole proclamé le dimanche souligne et ravive la communion dans la foi née de la plongée baptismale.

 Liturgie et dimension baptismale du dimanche

Depuis quelques années, nos communautés chrétiennes redécouvrent avec bonheur la dimension sacramentelle du dimanche. Cette dimension est particulièrement vécue et honorée lorsque des chrétiens se réunissent pour des temps de catéchèse, que des catéchumènes sont accueillis et que les étapes de leur chemin d’initiation sont célébrées au cours du rassemblement eucharistique. Bien des communautés
en ont pris acte et honorent la dimension baptismale du dimanche, par exemple pendant le carême   où catéchumènes, accompagnateurs et communauté chrétienne se retrouvent. Accompagner les catéchumènes en garants de la foi et le signifier liturgiquement appelle chaque membre de la communauté à se convertir et à se préparer à commémorer son propre baptême à la vigile pascale. Quant au baptême des petits enfants au cours de la liturgie dominicale, il ne peut qu’aider le chrétien à relire sa vie baptismale pour en accueillir, dans l’Eucharistie, la permanence de la grâce.

Enfin, la liturgie de la messe recommande, dans le rite pénitentiel, l’aspersion d’eau bénite particulièrement au temps pascal. Belle manière qu’a la liturgie de rappeler que toute existence chrétienne naît de l’évènement baptismal et s’y renouvelle sans cesse.

Jour mémorial de notre salut, le dimanche est riche de la dimension baptismale puisqu’il fait des chrétiens, des hommes nouveaux dans le Christ. Ils ont été baptisés dans la foi de l’Église. Chaque dimanche, la liturgie les invite à répondre à l’appel que Dieu leur fait au baptême ; elle leur donne, dans l’Eucharistie, les moyens de cette réponse. Elle fait de chacun un « être pascal ».

Serge Kerrien


Diacre permanent

Le dimanche, jour du Christ ressuscité

serge kerrien
serge kerrien

Dimanche de Pâques, depuis maintenant près de 2000 ans, nous célébrons Jésus-Christ jailli du tombeau. Avec notre Sauveur, nous avons maintenant la certitude intérieure que la mort, qui nous attend tous, n’aura pas le dernier mot.

 Jour du Christ Ressuscité

Depuis les débuts de l’Eglise, le dimanche est, pour nous chrétiens, le jour mémorial de la Résurrection que nous célébrons dans la foi. Que la Tradition le nomme premier jour de la semaine, jour du Seigneur, huitième jour, jour de la Résurrection, le dimanche est le jour où l’Eglise, fait mémoire du mystère pascal du Christ mort, ressuscité et dont elle attend la venue dans la gloire. Le Christ ressuscité lui-même, dans les apparitions à ses apôtres, leur apprend ce jour comme son jour. (Jn 20, 19 ; Lc 24 ; Jn 20, 26). Et les Actes des Apôtres témoignent que les premiers chrétiens se réunissent le dimanche soir pour célébrer l’Eucharistie (Ac 20, 7). L’Eglise a d’emblée saisi qu’elle devait se rassembler le dimanche parce que le Seigneur Jésus vient au milieu d’elle, qu’il célèbre avec elle sa Passion et sa Résurrection et qu’il met le chrétien en désir de sa venue dans la gloire. Chaque dimanche la liturgie fait le chrétien communier au mystère du Christ.

 Une liturgie Christo-centrée.

La Constitution sur la liturgie affirme que le Christ est le principal acteur de la liturgie (Sacrosantum Concilium n° 7). Toute liturgie, et plus particulièrement la liturgie dominicale, est participation de l’Eglise à l’œuvre du Christ présent et agissant dans l’assemblée, dans le prêtre qui préside, dans la Parole proclamée et l’homélie qui la commente, dans le signe sacramentel donné, présence réelle et mystérieuse. En déclinant les différentes modalités de la présence du Christ dans la liturgie, l’Eglise rappelle que la liturgie est chrétienne en tant qu’elle est polarisée sur la personne du Christ. C’est lui qui est au cœur de la liturgie dominicale. Et la liturgie rappelle au monde qu’il a besoin d’un Sauveur, le Christ, que son horizon est eschatologique puisqu’elle annonce celui qui vient dans la gloire, le Christ.

 Des conséquences

Définir le dimanche et sa liturgie comme christocentrés entraîne quelques conséquences. Si la liturgie est l’action du Christ, elle n’appartient à personne.
Elle est ce don que le Christ fait à son peuple pour qu’il le rencontre en son mémorial. Tout acteur de la liturgie se doit de favoriser la rencontre du Christ et de son Corps qu’est l’Eglise rassemblée. Il se doit de s’oublier pour que le Christ paraisse et agisse. Se pose dès lors la question des dimanches à thème. La foi chrétienne est une foi incarnée qui prend en compte la vie des hommes dans la célébration du dimanche. Mais si le dimanche est le jour du Christ, c’est Lui que nous célébrons, et non des valeurs, des actions de solidarité  , des moyens d’évangélisation, si légitimes soient-ils. Si nos actions ne plongent pas leurs racines dans le Christ lui-même, elles se transforment vite en un humanisme respectable mais qui n’est plus annonce du Christ, source de la vie chrétienne qui invite à la conversion des cœurs et des pratiques.

Enfin, si le dimanche est le jour du Christ en son mémorial pascal, il convient de ne pas oublier le service des pauvres par fidélité à la recommandation du Christ lui-même. Le jour du Christ ne serait pas totalement jour du Christ sans la prise en compte d’un monde à transformer par un Amour célébré. Le dimanche est bien jour du Christ qui donne sa vie, se fait nourriture et sert le pauvre pour qu’à son tour le chrétien soit Parole, pain et serviteur pour le monde.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Le dimanche, jour eucharistique

Serge KERRIEN
Serge KERRIEN

« Si le dimanche est le jour de la résurrection, il n’est pas seulement le souvenir d’un évènement passé : il est la célébration de la présence vivante du Ressuscité au milieu des siens (Dies Domini n° 31). Cela induit qu’avant d’être un précepte à accomplir, l’Eucharistie dominicale irrigue la vie chrétienne dont elle est, comme le rappelle Vatican II, la source et le sommet.

 Un jour pour rendre grâce

Lorsque l’Église célèbre l’Eucharistie au cours du dimanche, elle rappelle que le chrétien rend grâce, avec le Christ, pour les dons de Dieu. Nous suscitons souvent de Dieu des réponses à nos demandes ; nous sommes plus avares de merci et d’action de grâce. Si nous considérons que le dimanche est jour eucharistique, l’action de grâce doit l’illuminer. Bien sûr en participant à l’Eucharistie, mais aussi en donnant gratuitement à Dieu -de notre temps pour entrer en conversation avec Lui, -de notre énergie pour l’annoncer et servir les autres.

L’Eucharistie est grâce.

Le dimanche est ce jour où le chrétien est invité à entrer avec Dieu dans un échange de gratuité, de grâce, pour que sa vie soit tout entière action de grâce.

 Au cœur de la vie de l’Église

Le dimanche ne serait pas totalement eucharistique s’il conduisait à une pratique individuelle : « J’ai eu ma messe ». La vie eucharistique ne saurait être solitaire. L’Eucharistie dominicale ne construit pas des croyants juxtaposés, mais réalise le mystère de l’Église. Prétendre croire et ne pas pratiquer le rassemblement dominical, c’est réduire la foi en un cœur à cœur avec Dieu et alors manquer à l’Église, Corps du Christ. Plus encore, pour être totalement Eucharistique, le dimanche se doit d’être épiphanie de l’Église, d’une Église visible au milieu du monde et dont le dimanche est le rendez-vous, à un moment où la société civile cherche à le banaliser. Notre sens du dimanche et de l’Eucharistie en sera approfondi et notre pastorale du dimanche renouvelée.

 Pour servir les autres

« L’Eucharistie est un évènement de fraternité et un appel à vivre la fraternité. » (Dies Domini 72). Cette dimension de l’Eucharistie dominicale mérite une attention particulière. La célébration a rappelé qu’on ne peut être chrétien seul et qu’elle est source d’une solidarité   à vivre. Nos Eucharisties seraient vaines si, à la suite et à l’imitation du Seigneur qui nous partage sa vie, nous ne portions pas, le dimanche, l’attention aux personnes malades, isolées ou dans la détresse. La charité ne manque ni de moyens ni de sollicitations. Portant une attention plus grande à leur famille, à leurs proches - le repas dominical sert à cela - consacrant du temps à une action caritative, à l’exercice d’une forme de bénévolat, à l’écoute de celles et ceux qui attendent la sortie de la messe pour enfin parler à quelqu’un, les chrétiens donneraient un authentique témoignage de la charité du Christ.

Notre société porte d’immenses solitudes.

En ouvrant le cœur et l’intelligence du chrétien à l’attention aux autres et à leur service, l’Eucharistie dominicale non seulement construit une Église fraternelle mais crée une sociabilité nécessaire au vivre ensemble.

L’enjeu du dimanche comme jour eucharistique est immense. Source et sommet de la vie chrétienne, il fait du chrétien un être du rendre grâce et de l’Église, Corps du Christ, un serviteur de l’humanité. Alors le dimanche, jour eucharistique, est clairement prophétique puisqu’il annonce le salut à tout homme.

Serge Kerrien

Diacre permanent

L’Eucharistie dominicale ne construit pas des croyants juxtaposés, mais réalise le mystère de l’Église

Le dimanche, un jour de fête

serge kerrien
serge kerrien

Pour beaucoup de nos contemporains, le dimanche est un jour dévoré par de multiples activités, un jour d’ennui où la solitude pèse, un jour où l’on dort pour récupérer. Alors, comment parler de jour de fête ?

Et pourtant, nous avons besoin de faire la fête pour être heureux. L’Église, dans sa grande sagesse, a ponctué de fêtes l’année liturgique et, avec le dimanche, elle nous rappelle cette nécessité habituelle de la fête. Le dimanche, comme jour de fête, est donc un trésor pour nous aider à vivre, et l’obligation dominicale une façon de nous rappeler qu’il ne faut pas oublier de faire la fête, au risque de nous enfermer dans le travail, de devenir les esclaves de la rentabilité et du rendement.

 La fête et l’année liturgique

On ne peut pas faire tout le temps la fête ; ce serait insupportable. Pour que le dimanche soit une fête, il est nécessaire qu’il se distingue des autres jours de la semaine et que les jours de fête de l’année liturgique ne ressemblent pas à un dimanche ordinaire. Tout mettre au même niveau c’est tomber dans la monotonie et l’ennui et aplatir le temps liturgique. Si les dimanches ordinaires ressemblent au dimanche de Pâques ou de la Pentecôte, il n’y a plus de fête puisqu’il y a tout le temps la fête. Nous aurions tout intérêt à retrouver une forme de sobriété de nos dimanches ordinaires pour que les dimanches de fête le soient vraiment, sans pour autant tomber dans une forme de misérabilisme des dimanches ordinaires. En y veillant, nous déployons, de manière ajustée, toutes les facettes du mystère chrétien.

 La fête et la gratuité

La gratuité est une dimension essentielle de la fête et, paradoxalement, toute fête implique un coût : il faut la préparer. L’année liturgique est ainsi bâtie : le Carême   prépare Pâques, l’Avent prépare Noël, la semaine prépare le dimanche. Cette question du coût nécessaire nous interroge sur le dimanche et nos pratiques liturgiques : peut-on faire la fête sans prendre le temps, sans recherche de beauté, sans musique, sans chants, sans fleurs, sans habits de fête ? Même si la fête est gratuite et ouverte à tous, elle exige donc un minimum de préparation.

 Le dimanche et le repos

Le dimanche a aussi quelque chose à voir avec le temps. Difficile à faire entendre dans notre contexte, quand les acteurs économiques en font un jour comme les autres. Dans les trois premiers siècles de l’Église, le dimanche n’était pas un jour de repos. Il le deviendra progressivement parce que l’homme est fragile et que l’activisme n’est qu’une course en avant qui masque la peur du lendemain. Dans sa sagesse, l’Église l’a compris et elle a fait du dimanche un jour de libération de l’homme parce que la fête libère.

 Le dimanche et nos vies

Il est donc essentiel pour la vie de nos familles, pour notre société, d’avoir le dimanche pour faire la fête. Ainsi, le repas familial du dimanche est un moment important pour construire une sociabilité familiale. Ce n’est pas toujours facile à cause de nos activités. Il reste alors le dimanche soir où les familles savent trouver de nouvelles formes de convivialité. Les enjeux sont énormes pour nos vies personnelles, nos vies familiales trop souvent éclatées et tiraillées par de multiples activités, voire par le travail dominical imposé. L’enjeu est aussi pour nos communautés chrétiennes qui ne pensent pas assez à proposer des temps de convivialité qui brisent les solitudes et créent un lien social vrai dont l’Eucharistie célébrée et partagée est l’anticipation et le signe.

Serge Kerrien

Diacre permanent

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Le dimanche, jour de Dieu, jour de l’homme

serge kerrien
serge kerrien

Le 31 mai 1998, le Pape Jean-Paul II offrait à l’Eglise sa lettre apostolique « Dies Domini » sur la sanctification du dimanche. Divisée en cinq chapitres, cette lettre rappelle les fondements du dimanche chrétien, la place essentielle de l’Eucharistie dominicale, tout en prenant en compte les dimensions sociologiques du dimanche et son aspect prophétique.

Pour reprendre la réflexion menée depuis plusieurs années sur Eucharistie-Assemblée-Dimanche, la lettre de Jean-Paul II sera notre point d’appui. En relire les grandes lignes peut aider les communautés chrétiennes à redonner du sens et du contenu au dimanche.

 L’importance du dimanche.

Tout d’abord, s’appuyant sur le texte du Concile Vatican II, le Pape Jean-Paul II invite les chrétiens à redécouvrir le sens du dimanche de façon renouvelée, sa place dans le mystère du Christ, le caractère irremplaçable de sa célébration, le sens qu’il peut aujourd’hui prendre, non seulement pour les chrétiens mais aussi pour toute existence humaine.

Notant l’évolution récente des sociétés civiles qui ne considèrent plus le repos dominical comme normatif aux différentes activités humaines, le Saint Père analyse la modification de la terminologie (on est passé du dimanche au week-end), la multiplication des activités culturelles, politiques, sportives, la nécessité de faire la fête. Il note que ces évolutions tendent à faire du dimanche la fin de la semaine et non plus le jour premier, celui du mémorial des temps nouveaux inaugurés par la résurrection du Christ.

L’urgence serait donc que les chrétiens approfondissent le sens du dimanche comme ce jour où ils se rendent plus particulièrement dociles à l’œuvre en eux de l’Esprit Saint.

 Des situations diverses.

Ensuite, le Pape invite à noter la diversité de situation des communautés chrétiennes : -communautés vivantes et ferventes vivant le dimanche avec intensité, d’une part ; -communautés à la foi trop peu motivée dont les membres ont banalisé le dimanche au point de ne plus saisir la nécessité d’en faire le jour du Seigneur.
-chez les uns l’eucharistie dominicale et toute la vie de communauté qu’elle déploie deviennent centrales et moteurs de la vie chrétienne ;

  • chez les autres une forte diminution de la conscience de l’aspect central de l’Eucharistie et de la prière communautaire.

A ces situations, il convient d’ajouter la difficulté que soit assuré, à cause du manque de prêtres, le rassemblement dominical.

Pour mieux répondre à ces situations et pour éviter de chercher d’abord des solutions pratiques qui pourraient, à long terme, s’avérer des impasses, il convient de reprendre les raisons doctrinales profondes qui fondent la pratique dominicale et sa longue tradition :
« Les fidèles doivent se rassembler pour entendre la Parole de Dieu et participer à l’Eucharistie, et faire ainsi mémoire de la passion, de la résurrection et de la gloire du Seigneur Jésus, en rendant grâce à Dieu qui les a régénérés pour une vivante espérance par la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts » (1 P 1,3).(2)

Le Saint Père insiste également pour que l’on prenne en compte le dimanche dans sa globalité :

  • -jour de l’Eucharistie,
  • -jour de la communauté,
  • -jour du repos,
  • -jour de la fraternité,
  • -jour du don toujours nouveau de l’amour du Christ. (1).

C’est ce que nous tenterons de faire, article après article, tout au long de l’année.

Serge Kerrien

Diacre permanent

(1) Vatican II S. C. n° 106

Le dimanche, jour de l’Eglise

Serge Kerrien
Serge Kerrien

Au n° 34 de « Dies Domini », Jean-Paul II rappelle la dimension ecclésiale de la messe dominicale et en tire des conséquences pastorales qui peuvent nous aider à prendre les justes décisions

 L’assemblée eucharistique dominicale

Dès les débuts de l’Eglise, les chrétiens sanctifient le dimanche de façon spécifique en tenant une assemblée eucharistique. La dimension communautaire et ecclésiale en est déjà bien perçue. Mais le dimanche n’est pas seulement le jour de la célébration eucharistique ; il comporte des temps de catéchèse et de convivialité. L’assemblée dominicale et ses périphériques deviennent le lieu où se construisent, s’entretiennent et s’affirment l’identité chrétienne et l’Eglise. En participant à l’assemblée dominicale, le chrétien exprime et réalise son appartenance à l’Eglise.

 L’apprentissage de l’Eglise célébrante, enseignante, servante

Le rassemblement dominical n’a pas comme seul but la célébration de l’Eucharistie. A travers ce que l’Eucharistie donne à vivre, comme dans ce qui précède et ce qui suit, le chrétien découvre et apprend ce qu’est l’Eglise. Il apprend que si elle est une, elle n’est pas uniforme. Il découvre que si elle est une institution structurée, elle est d’abord le mystère du corps du Christ. La célébration Eucharistique lui fait expérimenter l’Eglise en prière comme acte de louange. Il approfondit et enrichit son sens de l’Eglise comme lieu du service des autres, de l’apprentissage de la vie fraternelle, comme chemin permanent de conversion et d’engagement dans la vie des hommes. Quant à la catéchèse, elle trouve toute sa place le dimanche à la fois dans la célébration liturgique, catéchisante par elle-même, et dans des temps spécifiques proposés au cours de la journée pour tous les chrétiens, quel que soit leur âge.

 Des conséquences pastorales

Si le dimanche est considéré comme le jour de l’Eglise, la dimension communautaire doit trouver sa place, tant dans la célébration dominicale que dans le choix des lieux où l’Eucharistie est célébrée. C’est là que s’affirme le sens de la communauté et qu’elle se construit. La célébration eucharistique paroissiale prime sur toutes les autres célébrations.

La seconde conséquence tient à la figure de l’assemblée. C’est une assemblée aux visages et aux âges variés qui est appelée à célébrer. Au-delà de la particularité des engagements, des courants de spiritualité, des mouvements d’Eglise, des communautés religieuses, tous se retrouvent pour louer le Seigneur d’une même voix et lui rendre grâce d’un même cœur. L’assemblée favorise ainsi l’apprentissage de l’Eglise et de la vie ecclésiale, particulièrement pour les enfants et leurs parents. Dès lors, à favoriser les messes de groupes, on risquerait de créer des chapelles au lieu de construire l’Église.

Ainsi, quand la dimension ecclésiale du dimanche est prise en compte et réalisée, le dimanche reste bien ce jour où, autour de l’Eucharistie, l’Eglise se construit comme mystère d’union trinitaire et comme société humaine chargée de porter au monde l’Evangile.

Il convient donc de penser le dimanche en tenant compte des missions de l’Eglise : célébrer, enseigner, servir.

Il serait important que les baptisés redécouvrent l’ensemble des aspects du dimanche. Il est, non seulement le jour où l’assemblée des chrétiens se réunit, mais aussi le jour où la communauté, enseignée et nourrie, sert les hommes et témoigne de la Bonne Nouvelle.

C’était nettement le souhait des orientations diocésaines « Eucharistie-Dimanche » qu’il ne faudrait pas oublier trop vite.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Le dimanche, premier et huitième jour de la semaine

serge kerrien
serge kerrien

Depuis que le dimanche est célébré, les chrétiens lui ont donné plusieurs noms : premier jour de la semaine, jour du Seigneur, huitième jour, jour de la résurrection. Que le dimanche soit à la fois présenté comme le premier et le huitième jour de la semaine peut étonner et sembler paradoxal. Pourtant il n’en est rien, les deux appellations étant parfaitement complémentaires.

 Le premier jour de la semaine

« Depuis les temps apostoliques, [le premier jour après le sabbat], premier jour de la semaine, commença à caractériser le rythme même de la vie des disciples du Christ. Désormais ce sera l’une des caractéristiques qui distingueront les chrétiens du monde environnant ». (Jean Paul II, Dies Domini 21). Les Actes des Apôtres nous rapportent que les chrétiens de Troas se rassemblaient le lendemain du sabbat (Ac 20, 7). Cette pratique de toute l’Eglise primitive repose sur un fait déterminant qui donne sa signification au dimanche : c’est lors de ce premier jour de la semaine que le Seigneur ressuscité se donna à voir pour la première fois, à Marie Madeleine (Jn 20, 1 ; Mt 28, 1 ; Mc 16, 2 ; Lc 24, 1) et aux disciples, le soir de ce même jour (Jn 20, 19). La seconde apparition du Christ ressuscité a lieu « huit jours plus tard » (Jn 20, 26). Le rythme hebdomadaire de l’assemblée chrétienne trouve là sa source. Chaque dimanche, parce qu’il est mémorial de la résurrection, est le rendez-vous incontournable de la communauté chrétienne avec son Seigneur, nécessaire à son identité et à sa vie. Cette pratique, héritée de l’Eglise des Apôtres, sera la matrice de l’année liturgique et du temps chrétien. L’appellation « premier jour de la semaine » nous enseigne que le dimanche est le jour choisi par le Seigneur pour rencontrer ses disciples ; c’est un don que nous recevons sans cesse de Lui ; comment des chrétiens peuvent-ils refuser ou négliger ce don qu’il nous fait de nous rencontrer ? Et à bien observer, on verra que les dons à l’Eglise de la paix et de la joie, le don de l’Esprit à la Pentecôte (Jn 20, 19-23), le pardon des péchés, la monstration des plaies (Jn 20, 26-27), l’éveil et la confession de foi de ceux qui croient sans avoir vu, nous sont donnés un dimanche et donnent sens à ce jour comme à l’eucharistie que l’on y célèbre. Premier jour de la semaine, le dimanche est mémorial de la résurrection du Christ qui inaugure la création nouvelle.

  Le huitième jour de la semaine

« Le fait que le sabbat soit le septième jour de la semaine fait envisager le jour du Seigneur à la lumière d’un symbolisme complémentaire : le dimanche est le premier jour et aussi le huitième jour, c’est-à-dire placé, par rapport à la succession septénaire des jours, dans une position unique et transcendante, qui évoque non seulement le commencement du temps, mais encore son terme » (Jean Paul II, Dies Domini 26). Pour le comprendre, il nous faut garder en mémoire le cycle de la semaine juive (7 jours rappelant la création) et y ajouter un nouveau jour : celui de la résurrection et le don de l’Esprit. C’est une nouvelle création qui s’inaugure, le commencement d’un monde nouveau qui fait de chaque baptisé une créature nouvelle dans le Christ. (Si de nombreux baptistères sont de forme octogonale, ce n’est pas un hasard). Le dimanche rappelle que désormais nous vivons dans un monde nouveau qui vient du monde ancien et qui est appelé à s’accomplir totalement au jour final où Dieu sera tout en tous. Le dimanche est donc ce jour nouveau qui fait du chrétien une créature nouvelle, crée en lui le désir de la venue du Seigneur à la fin des temps et lui fait reprendre le cri de l’Apocalypse : « Viens, Seigneur Jésus ». Huitième jour, le dimanche inaugure les temps nouveaux et fait de la vie baptismale une marche dynamique et nouvelle vers le Seigneur qui vient.

On comprend dès lors pourquoi les chrétiens sont conviés à se rassembler le dimanche. Ce choix est significatif pour une juste compréhension de l’eucharistie. Si les chrétiens avaient choisi le jeudi, ils auraient donné à comprendre que la messe était la reprise de la dernière Cène et qu’elle n’avait rien à voir avec la résurrection. S’ils l’avaient située le vendredi, elle aurait été assimilée à la mort de Jésus sur la croix. Mais c’est le dimanche, jour de la résurrection, qu’elle est célébrée pour fêter par delà la mort du Christ la victoire de Dieu, la re-création de toutes choses comme accomplissement de la création primitive et comme inauguration d’un monde nouveau en devenir.
Le dimanche est bien à la fois le premier et le huitième jour de la semaine.

Serge Kerrien

Diacre permanent

Le jeûne

Jeûner c’est se priver momentanément de quelque chose qui nous est nécessaire ou très agréable pour se donner le temps de retrouver l’essentiel. « Il est écrit que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui vient de la bouche de Dieu. » (Mt 4,4)

Serge Kerrien
Serge Kerrien

« Mais toi, quand tu jeûnes… » (Mt 6, 16-18)
La liturgie du mercredi des Cendres nous fait entendre l’évangile de Matthieu où le Christ fait trois recommandations à ses disciples : l’aumône, la prière, le jeûne. La pratique du jeûne très ancienne, elle a été remise à la mode par certains courants. Pour l’Eglise, l’invitation au jeûne revêt un autre aspect dont la longue tradition nous révèle le sens.

 Dans l’Écriture

Il est peu question de jeûne dans l’Ancien Testament. Trois passages y font référence :

  • Lorsque Moïse reçoit la Loi sur la montagne (Exode, 28), ;
  • Lorsque le prophète Joël demande au peuple, de revenir au Seigneur dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil (Jl 2, 12-18) ;
  • Surtout lorsqu’Isaïe qui décrit le jeûne qui plait à Dieu et que ce jeûne consiste d’abord en des œuvres de miséricordes (Is 58, 1-12).
    Dans les évangiles, peu d’allusions au jeûne sinon lors des tentations de Jésus au désert (Mt 4, 2 ou Lc 4,1-4) et quand Jésus recommande de jeûner en secret. Dans les Actes des Apôtres, le jeûne et la prière précèdent l’imposition des mains et l’envoi en mission de Paul et Barnabé (Ac 13, 3).

 Dans l’histoire de l’Église

On trouve trois types de jeûnes.
Dès les débuts de l’Eglise le jeûne du mercredi et du vendredi est institué. Mais, au 9e siècle, ne subsistent que l’abstinence du vendredi et le jeûne du mercredi des cendres et du vendredi saint.
Le jeûne comme exercice spirituel de préparation à certains sacrements :

  • Le jeûne pré-baptismal des adultes qui allaient recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne ;
  • Le jeûne des pénitents publics avant le pardon de leurs péchés et leur réintégration dans l’Église ;
  • Le jeûne pour les futurs prêtres, quelques jours avant leur ordination.
  • Le jeûne eucharistique, instauré à la fin du 4e siècle. Il consistait à s’abstenir de toute nourriture et boisson entre minuit et le moment de la communion. On voit que ces jeûnes prenaient des sens différents : pénitence pendant le carême   ; attente avant les sacrements ou le jour de Pâques ; préparation à la communion.

  Aujourd’hui

Le jeûne a toujours sa place dans la pratique de l’Église. Même s’il a été assoupli, le jeûne eucharistique existe toujours. Ainsi, l’Église demande aux fidèles de s’abstenir de tout aliment ou boisson au moins une heure avant la communion. Ni l’eau ni les médicaments ne rompent le jeûne.
Quant au jeûne recommandé pendant le Carême  , il a pris un tout autre sens. Il ne consiste pas seulement à se priver de nourriture le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Il consiste surtout à prendre le temps de réfléchir à notre rapport au monde, aux objets, aux biens de consommation.

Le jeûne consiste surtout à prendre le temps de réfléchir à notre rapport au monde […]

De nos jours, la tentation n’est plus de nous priver de nourriture pour obtenir l’admiration des autres ou une satisfaction personnelle. Elle est peut-être d’afficher une belle voiture, de beaux habits, un train de vie supérieur pour « paraître » aux yeux des hommes. Elle est sans doute aussi de donner plus de temps à des loisirs, à la télévision, à des lectures futiles, au lieu de donner du temps à la parole de Dieu et à sa méditation.
Jeûner consiste à faire en nous une opération vérité : où va notre désir ? À quoi donnons-nous de l’importance ? Quelles sont nos intentions profondes ?

La pratique bien comprise du jeûne consistera pour nous, comme le demandait déjà le Seigneur par la voix d’Isaïe, à moins consommer, à respecter la nature, à faire des œuvres de miséricorde, pour se nourrir et s’abreuver de la Parole de Dieu.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Le Notre Père

Dimanche 9 décembre, « Ta Parole nous rassemble ».
A l’issue d’un diaporama présentant une interrogation sur la prière du « Notre Père », les jeunes et adultes présents ont eu à réfléchir, en groupes, sur une phrase différente de la prière. Puis lors de l’homélie, ils ont partagé avec l’assemblée leur réflexion qui est relatée ci-dessous.

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« Notre Père qui est aux cieux »
Nous sommes tous frères devant Dieu.
Nous pouvons Lui parler comme nous parlons à notre père.
Même si Tu es loin de nous, Ta présence nous habite.

« Que ton nom soit sanctifié »
En Te nommant, nous Te rendons présents et nous Te reconnaissons comme Père.
Nous sommes donc tes enfants et frères les uns des autres appelés à vivre en Fils de Dieu.
Tu es Saint, le tout Autre, le « Je suis » en Amour.
Nous, enfants de Dieu, que faisons-nous pour que ton nom de Dieu Père et Amour soit annoncé ?

« Que ton règne vienne »
Dans nos vies, dans l’Église, dans le monde, que notre amour sur terre soit signe de l’avènement de ton royaume.
Donne-nous ton esprit de lumière et de vérité.
Que nous soyons des artisans de paix, des bâtisseurs de ton royaume
et des témoins de ton amour.

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel »
Ta volonté est de nous sauver tous.
Tu veux notre bonheur mais nous avons à agir. Ce bonheur est à notre portée dans notre quoti-dien et nous avons à Te faire pleinement confiance et Te donner notre « oui ».
La volonté de Dieu est de nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés.

« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour »
Aujourd’hui, notre Père, nous Te faisons confiance.
Nous Te demandons de nous donner chaque jour ce dont nous avons besoin pour Te suivre.
Que Ta présence et Ta force nous aident à parta-ger, à travailler avec les autres, à être heureux, à rendre heureux, à savoir donner, à savoir recevoir.

« Pardonne-nous nos offenses comme nous pardon-nons à ceux qui nous ont offensés »
Cette phrase interpelle, est dérangeante.
Qu’est-ce qu’une offense aujourd’hui ?
Nous avons l’impression d’avoir perdu la notion du mal.
Le pardon reste difficile.
Comment dépasser la loi du talion ?
Comment vivre le pardon aujourd’hui en contradiction avec une société qui encourage l’individualisme et l’ambition ?

« Ne nous soumets pas à la tentation »
C’est une phrase surprenante où Dieu peut être perçu comme un père tentateur qui nous teste. Alors, nous avons voulu y voir une aide en repre-nant l’ancienne formule « Ne nous laisse pas suc-comber à la tentation » Cette formulation mon-tre que Dieu nous tend la main mais nous laisse libres. Cependant nous avons hâte d’arriver à la demande suivante qui nous invite à la confiance.

« Délivre-nous du mal »
Donne-nous le discernement pour reconnaître le mal qui nous empêche d’aimer Dieu et nos frères.
Dans Ta miséricorde, donne-nous l’élan d’amour pour nous libérer de ce qui nous enferme.

Le Seigneur soit avec nous ! Et avec votre esprit.

Ce simple dialogue va instaurer chacun comme sujet spirituel et ceci de trois manières. D’abord comme partenaire à part entière du Seigneur.
Ensuite, nous situer avec d’autres, au sein d’une même assemblée. Enfin nous tourner vers le Seigneur, élever nos cœurs et rendre grâce.

On entend quatre fois ce dialogue pendant la messe :

à l’ouverture, avant l’Evangile, au début de la prière eucharistique, avant la bénédiction finale.
Quel est le sens de ces formules ?

« Le Seigneur soit avec vous ».
Le terme « Seigneur » désigne ici le Christ ressuscité. Il faut donc comprendre que le prêtre souhaite à l’assemblée la présence du Christ ressuscité, comme il l’a promis : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 20). Cette formule situe clairement les deux partenaires de la célébration : le Christ et les fidèles. Le prêtre, qui n’est pas cité, agit comme serviteur de la rencontre. Quant au « vous », s’il concerne directement les fidèles présents, il désigne à la fois chaque membre présent, l’assemblée, l’Eglise, ceux qui ne sont pas là et que nous portons dans la prière.

« Et avec votre esprit ».
Le prêtre a formulé un voeu ; l’assemblée lui répond par un autre voeu. La compréhension de cette réponse des fidèles a donné lieu à des débats de spécialistes. L’interprétation la plus admise est la suivante. Le prêtre a souhaité à l’assem-blée de se tenir en présence du Ressuscité ! En retour, l’as-semblée souhaite au prêtre que le Seigneur soit avec lui, c’est-à-dire que l’Esprit Saint qu’il a reçu au jour de son ordi-nation pour l’accomplissement de son ministère le rende apte à présider la liturgie. Cette courte formule lui rappelle que rien, dans la liturgie, ne relève d’une initiative personnelle. C’est l’Esprit qui agit. C’est l’Esprit qui donne au prêtre de présider au nom du Christ.Une invitation à une attitude intérieure.

« Le Seigneur soit avec vous » nous renvoie au récit de l’Annonciation et à la salutation de l’ange (Lc 1,28). Ce souhait n’est pas une formule banale : il nous est fait la même annonce qu’à la Vierge Marie et nous devons nous en réjouir. Cela signifie aussi que la présence du Christ ne commence pas à la consécration mais avec le rassemblement et la proclamation de la Parole de Dieu.

« Et avec votre esprit » nous invite à ne pas considérer le prêtre avec des critères purement humains (« je l’aime ou je ne l’aime pas »), mais avec les yeux de la foi comme quel-qu’un qui a reçu l’Esprit Saint pour présider la prière.

Ce simple dialogue va instaurer chacun comme sujet spirituel et ceci de trois manières. D’abord comme partenaire à part entière du Seigneur lui-même qui nous dit sa présence, nous invite à l’accueillir et à nous adresser à Lui comme à quelqu’un qui vient à notre rencontre. C’est le fondement même de la prière.
Ensuite, ce dialogue nous situe avec d’autres, au sein d’une même assemblée qui va prier en disant : « Nous ». La prière liturgique n’est jamais un acte solitaire ; elle fait de chacun un membre du peuple de Dieu. Enfin, ces quelques mots qui ouvrent trois moments essentiels de la liturgie eucharisti-que n’ont qu’un seul but : nous sortir de notre nombrilisme, de nos égoïsmes pour nous tourner vers le Seigneur, élever nos cœurs et rendre grâce.

Ainsi donc, dans la présence du Christ ressuscité, une assem-blée se constitue pour devenir louange. A chacun de recevoir le souhait du prêtre avec la même disponibilité intérieur que la Vierge Marie, de répondre pour reconnaître dans le prêtre non pas seulement l’homme mais celui qui a reçu l’Esprit pour exercer son ministère, d’ouvrir son cœur au Seigneur qui vient nous nourrir de sa Parole et de sa Vie et, pour cela, de rendre grâce.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Le Triduum Pascal

« J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous » (Lc 22,15)

Les gestes, les mots, les silences du Seigneur, dans cet espace de trois jours, expriment sa passion pour le Père et pour nous. Regarder ses gestes ; laisser descendre ses mots ; nous taire avec Lui. Nous laisser impressionner, en Église, par le désir du Christ…

Serge Kerrien
Serge Kerrien

« Espace de trois jours », le Triduum pascal, qui va de la messe du soir du jeudi saint, au dimanche de Pâques inclus, est le cœur de l’année liturgique. Ce sont trois jours marqués par des célébrations uniques et par une prière plus intense des communautés chrétiennes.

 L’histoire

A l’origine, les chrétiens célébraient, dans la nuit du samedi au dimanche de Pâque, la totalité du mystère pascal. Très vite, la communauté de Jérusalem voulut suivre pas à pas, sur les lieux mêmes, la passion, la mort et la résurrection de Jésus. Ce chemin s’achevait, le dimanche de Pâques, par la célébration de la résurrection. Bientôt, toute la chrétienté adoptera les trois jours saints et leur liturgie.

 Le Jeudi Saint

Dans l’évangile, Saint Jean met ainsi en avant le sens du Jeudi Saint : la célébration de l’offrande du Christ à la Cène (Jn 13, 1). La Pâque d’Israël fait mémoire des merveilles de Dieu dans l’espérance des bienfaits à venir. Cette Pâque va devenir celle du Christ serviteur, donnant sa vie pour nous. C’est l’heure de Jésus, de sa Pâque, de son passage vers son Père, l’heure du plus grand signe d’amour qui soit : le don de sa propre vie. Un geste particulier marque la célébration : le lavement des pieds. D’abord indépendant de la célébration de l’Eucharistie, ce rite a été introduit comme signe du Christ serviteur. Le Jeudi Saint est aussi un jour où la messe est célébrée en mémoire de la Cène du Seigneur et du don de l’Eucharistie. Elle est normalement concélébrée pour manifester l’unité du sacerdoce. Ce jour est enfin marqué par l’adoration eucharistique qui suit la messe, temps donné pour méditer et approfondir la foi au mystère de l’Eucharistie.

 Le Vendredi Saint

Il commémore la Passion du Seigneur dont on lit le récit. Le chrétien est invité à contempler le mystère de la Croix, à regarder Celui que les hommes ont transpercé, et qui, seul, peut vaincre les forces destructrices du monde. Jour de contemplation du Christ qui donne sens à nos propres crucifixions et ouvre à l’espérance (Ps 21). Les grands rites en sont la mise en
évidence : prosternation en silence, Parole proclamée, grandes intercessions, vénération de la Croix, communion au corps brisé du Sauveur. La célébration se termine par l’entrée dans le silence où le chrétien suit le Christ mis au tombeau.

  La veillée pascale

Célébrée dans la nuit du samedi au dimanche, elle clôt la semaine sainte et ouvre au temps pascal. Cette veillée s’est mise en place progressivement.
Elle comporte quatre grands moments : le feu et la lumière, la Parole, les baptêmes et la profession de foi, l’Eucharistie. Ici encore, les rites sont uniques et d’une force symbolique rare. En effet, la veillée pascale se présente comme une action symbolique du Christ qui nous fait passer de la nuit à la lumière, de la mort à la vie. Le chrétien est invité à fixer les yeux sur Jésus traversant la mort, entrant dans la gloire et nous apprenant à attendre sa venue à la fin des temps. C’est un apprentissage à marcher à la suite du Christ, lumière de nos vies.
La veillée pascale ouvre sur le jour de Pâques où le chrétien s’attache à suivre les disciples au tombeau vide, à entendre l’annonce de la Résurrection du Christ, cœur de la foi.
On voit l’importance de ce triduum pour la foi.
Chemin rituel qu’il convient de respecter dans sa totalité, il offre aux chrétiens de contempler le mystère du Christ, mystère de salut, et d’aller au cœur de la foi.

Serge Kerrien

Les « signes » du Carême

Nous sommes invités à entrer en Carême   et à nous mettre en route vers Pâques. Des signes marquent cette période et nous interpellent. Pourquoi les Cendres ? Pourquoi le prêtre revêt des ornements violets ?
Le nombre quarante, quel sens ?

Le rite des Cendres

Les cendres proviennent des rameaux de l’année pré-cédente brûlés pour l’occasion. Deux formules sont proposées pour le rite.
« Convertis-toi et crois en la Bonne Nouvelle. » Rece-voir les Cendres, c’est répondre à Dieu qui invite à la conversion.
« Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourne-ras en poussière. » Celle-ci nous apprend à être réaliste sur notre condition en ne rêvant pas notre vie mais en la considérant et en la partageant avec tous « à égali-té » sous le regard de Dieu.

Le violet

La couleur de l’attente de la rencontre avec le Christ. Le violet se compose du mélange des couleurs rouge et bleu qui manifestent pour le rouge l’humanité du Christ et le bleu sa divinité. Le violet est utilisé pen-dant le temps de l’Avent qui prépare l’Église à l’Incar-nation, la venue de Dieu dans le monde. Le violet est également utilisé pour le temps du Carême   qui invite à préparer l’humanité à entrer dans le passage de Pâ-ques.
A Noël, Dieu entre dans le temps de l’homme. A Pâ-ques, l’homme entre au plus intime de la vie de Dieu. Le violet est donc la couleur de la préparation aux deux mystères essentiels de la foi : l’Incarnation et la rédemption.
Le violet est utilisé aussi pour le sacrement de la ré-conciliation qui restaure l’homme par l’amour de Jésus Christ. Il est aussi utilisé au moment des funérailles chrétiennes pour dire le passage du baptisé auprès de Dieu.

Le nombre quarante

Selon la Genèse 7, 12 : la pluie est tombée 40 jours et 40 nuits provoquant le Déluge.
Selon le livre de l’Exode 24, 18 : Moïse passa 40 jours et 40 nuits sur la montagne.
Selon le 1er livre des Rois 19, 8 : Élie marcha pendant 40 jours et 40 nuits jusqu’à la montagne de Dieu à
Horeb.
Selon le Deutéronome 8, 2 : le peuple des Hébreux marcha pendant 40 années dans le désert avant de s’installer en Terre promise.
Selon le second livre de Samuel 5, 4 et le 1er livre des Rois 11, 42 : les rois David et Salomon régnèrent tous deux 40 ans.
Selon le livre de Jonas 3, 4 : la grande ville de Ninive disposait de 40 jours pour se convertir.

Tableau de Marie PUEL -  voir en grand cette image
Tableau de Marie PUEL

Selon les Évangiles, Jésus se retire 40 jours dans le dé-sert où il jeûne et assume sa mission s’opposant aux séductions du diable.
Les 40 jours de notre Carême   assument la totalité de cet héritage. Ces 40 jours sont un don. Un cadeau of-fert à chacun pour consolider sa foi, son cœur de croyant, sa vie fraternelle pour être plus en vérité et grandir, apprendre et devenir plus homme forgé par la Parole. Ce parcours est fondamental pour chacun car bordé par la Parole de Dieu. Avec la Parole de Dieu, l’homme du Carême   peut s’appuyer sur trois puissants que lui donne l’Église pour entreprendre cette route intérieure : le jeûne, l’aumône et la prière.
Source : site internet croire.com

Les attitudes dans la liturgie

Comme dans toute relation, les attitudes que nous observons lorsque nous sommes en dialogue avec Dieu en disent beaucoup sur nos intentions. Le sens des différentes positions, debout, à genoux… qui nous est présenté ici nous permettra de mieux prier.

Serge Kerrien
Serge Kerrien

Le premier instrument de la liturgie est le corps. La foi chrétienne est une foi incarnée. Encore faut-il bien comprendre le sens des attitudes que nous sommes invités à prendre pour qu’elles ne soient pas que formelles : elles sont un des éléments de la prière.

 Se tenir debout

C’est l’attitude liturgique la plus ancienne. Elle fut la position habituelle du culte pendant le premier millénaire de l’Eglise. Toutes les religions anciennes utilisaient cette position pour le culte : se tenir debout exprimait le respect, la vénération et la disponibilité totale. Contrairement à l’agenouillement qui était l’attitude du serviteur et de l’esclave, le fait de se tenir debout revêtait, pour les premiers chrétiens, une signification particulière : tout baptisé, libéré par le Christ, est un homme libre et la foi chrétienne rend tous les hommes frères ; il n’y a plus d’esclave. Ainsi, les premiers chrétiens ne s’agenouillaient qu’un court instant, avant que le célébrant ne prononce l’oraison du jour. Le Concile de Nicée, en 325, interdit même de s’agenouiller le dimanche et durant tout le temps pascal : le chrétien se tient debout, déjà ressuscité. On écoutait aussi les lectures debout, par respect pour les Ecritures. Pendant la prière eucharistique et les bénédictions, on s’inclinait profondément.

 Se mettre à genoux

La tradition de s’agenouiller pour la prière a toujours existé (Actes 20,36). Cette attitude, introduite progressivement dans la liturgie, signifie la pénitence, la supplication, l’adoration. L’importance de l’agenouillement ira de pair avec la prise de conscience de plus en plus forte de la présence réelle du Christ et de l’indignité de l’homme face à un tel mystère. Au IXe siècle, cette attitude deviendra habituelle pendant la messe, sauf au moment de l’Evangile que l’on écoute debout.

 S’asseoir

C’est une posture d’écoute, de réceptivité, de repos. L’habitude de s’asseoir fut prise au XVIe siècle, lorsque l’on commença à disposer des bancs dans les églises. Cette attitude est la meilleure pour les parties de la messe où les fidèles n’ont qu’à écouter (lectures, homélie, annonces, présentation des dons, temps après la communion) mais jamais pendant l’Evangile.

 La génuflexion

C’est un geste typique du catholicisme, signe d’adoration et de respect envers la présence du Christ dans le Saint Sacrement. Il ne se fait donc que devant de Saint Sacrement à l’autel ou au tabernacle.

 S’incliner

C’est un geste très populaire dans les Eglises orientales où la génuflexion n’existe pas. Attitude d’humilité, elle exprime notre petitesse devant le Seigneur. L’inclinaison ne fut introduite dans la liturgie qu’au IVe siècle. Antérieurement, c’était un geste réservé à l’adoration des idoles, de l’empereur, des princes et des officiels.

 Lever les yeux et les mains

Lever les yeux et les mains vers le ciel est une attitude traditionnelle de la prière. C’était fréquemment l’attitude de Jésus (Mt 14-19). Depuis les origines, la coutume veut aussi que les chrétiens lèvent les mains vers le ciel pour signifier l’accueil et le don. Il est heureux qu’ils aient retrouvé ce geste de prière qui est aussi celui du prêtre à l’autel. Toutes ces attitudes ont un seul but, dans la liturgie : engager notre corps dans une démarche spirituelle où les attitudes extérieures ouvrent les attitudes intérieures de la rencontre de Dieu

Serge Kerrien, Diacre permanent

Nos attitudes

Quelles que soient nos attitudes (debout, à genoux, assis, génuflexion…), gardons l’essentiel du don de l’Eucharistie. Le Seigneur nous rejoint dans nos vies. L’important n’est pas tant dans l’attitude extérieure que dans l’attitude d’intériorité. Que chaque membre de l’Église se respecte mutuellement et s’accueille fraternellement, telle devrait être notre devise quotidienne.

L’équipe rédaction du bulletin

Les équipes liturgiques

La Constitution sur la liturgie du Concile Vatican II ne parle pas des équipes liturgiques. Elles sont pourtant nées de la réforme liturgique, animées du désir de connaître, de mettre en œuvre la liturgie de l’Église et d’aider les communautés chrétiennes à mieux participer aux célébrations dominicales. Cinquante ans après leur naissance, comment comprendre et définir leur rôle ?

Des équipes
Il est souhaitable qu’une communauté paroissiale pos-sède plusieurs équipes liturgiques, formées de mem-bres des différents relais paroissiaux. Ce travail en commun favorisera l’unité d’une paroisse autour d’un même service pastoral.
La composition des équipes devrait pouvoir répondre aux deux critères suivants : une représentation des différentes catégories de fidèles et des différentes compétences que requiert la célébration, par exemple pour le choix des chants.

Une formation
En matière de liturgie, la bonne volonté ne suffit pas. Une formation liturgique est nécessaire : formation de base à ce qu’est la liturgie de l’Église ; formations spécialisées pour la lecture, le chant, les bouquets…
En effet, la liturgie n’appartient ni à l’assemblée, ni à l’équipe liturgique, ni même au prêtre.
Elle est la liturgie de l’Église, une liturgie qui nous est donnée. Elle ne s’invente pas ; elle s’apprend.
Il est donc essentiel de connaître et d’avoir saisi l’in-tention de l’Église quand elle célèbre.

Un rôle renouvelé
Aujourd’hui, la liturgie de l’Église est assimilée par les communautés chrétiennes, les répertoires de chants sont établis, les lecteurs formés existent et les bou-quets ont trouvé leur juste place.
Le rôle d’une équipe liturgique en est nécessairement modifié. Quel serait-il ?
D’abord de prier ensemble et faire de l’équipe une cellule d’Église disponible à l’Esprit-Saint pour un servi-ce de la communauté.
Ensuite lire les textes, y compris le psaume, et partager ensemble les richesses de la Parole de Dieu. De ce partage naîtra la prière universelle, réponse que l’assemblée fait à Dieu après l’écoute de sa Parole. Ainsi la vie du monde, de l’Église, de la communauté est por-tée dans la prière.
Ce travail est trop souvent négligé : il est tellement plus facile de pomper directement la prière dans une revue ! Dans ce partage de la Parole, des questions peuvent surgir.
L’équipe peut les porter à celui qui fera l’homélie pour qu’il puisse les intégrer à sa prédication.
Des équipes pourraient aussi s’ouvrir plus largement à des fidèles qui voudraient venir partager la Parole de Dieu.
Ceci demande que les rencontres des équipes se fas-sent dans un quartier, un relais. Cette proximité évite à l’équipe d’être un cercle fermé et permet une vie spirituelle dans des lieux où l’Eucharistie n’est pas cé-lébrée chaque dimanche.
Enfin, l’équipe liturgique peut proposer des mises en œuvre pour tel rite, tel temps liturgique, tel dimanche particulier. L’important étant qu’un des membres de l’équipe veille au bon déroulement de la célébration.

Conclusion
L’équipe liturgique joue un rôle important pour la vie spirituelle des communautés et la beauté de la liturgie, à condition de considérer son rôle comme un service des autres.
Elle n’a pas à dicter la liturgie : elle la sert pour qu’elle touche les cœurs, que la Parole de Dieu soit entendue et méditée, que la prière de l’assemblée soit juste ; bref, que la liturgie soit un chemin de foi.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Les espaces de l’église

Serge Kerrien
Serge Kerrien

Maison de Dieu et maison du peuple de Dieu, l’église doit assumer plusieurs fonctions essentielles à la vie de la communauté chrétienne, et cela depuis les premiers siècles. Elle est, tout à la fois, lieu de rencontre des frères, lieu d’enseignement de la foi, lieu d’adoration et de prière, lieu de célébration des sacrements, lieu mémorial et signe au milieu du monde

De ce fait, nos églises comportent des espaces variés définis par leur fonction.

 Le porche

s’est développé à l’époque médiévale. Souvent sur le côté sud, le côté du soleil, il est un lieu d’accueil et d’entrée dans l’église. Pendant longtemps, au moins jusqu’à l’époque gothique, il ouvrait sur un narthex.

 Le narthex

était une sorte d’avant-nef, un genre de vestibule interne, ouvert sur la nef mais clos sur l’extérieur. On y célébrait les baptêmes en cas d’absence de fonts baptismaux ; on y recevait les possédés, les marginaux et les pénitents publics auxquels l’accès à la nef était interdit. Avec l’architecture gothique, ils sont réduits en taille, s’ouvrent davantage vers l’intérieur de l’église et deviennent une simple avant-nef. On trouve encore ce type d’espace sous les tribunes des orgues, en fond de nef ; un certain nombre de chapelles ou d’églises de Bretagne en possèdent soit au fond, au porche principal, soit sur les côtés si la porte principale s’y trouve.

 La nef

désignait, dans les basiliques civiles, une salle en longueur allant du portail à l’hémicycle. Après l’édit de Constantin (313), les communautés chrétiennes construisent les églises sur le schéma des basiliques romaines. La nef est alors cette partie qui va de la façade à la croisée des transepts ou à d’éventuels collatéraux qu’on appellera les bas-côtés. C’est le lieu où se tiennent les fidèles lors des célébrations. Les transepts forment une nef transversale qui coupe à angle droit la nef principale et donnent à l’église la forme d’une croix. Dans les églises d’Occident, la nef a longtemps été séparée du chœur et elle l’est encore parfois par une barrière de pierre ou de bois (le chancel), un jubé ou des grilles. En Orient, cette séparation est appelé « Iconostase » parce qu’elle est constituée d’icônes. Jusqu’à une époque récente, la nef et les transepts n’avaient ni bancs ni chaises. Ils permettaient une libre circulation des fidèles pendant les offices.

 Le chœur

est le lieu où se trouvent l’autel principal, orné d’un retable pour les plus anciens, l’ambon, le siège de présidence et parfois le tabernacle. Les liturgies s’y déroulent. On y trouve parfois des stalles, sièges en bois, souvent richement sculptés, où les chanoines se plaçaient pour chanter l’office ou assister aux différentes liturgies. Le chœur s’achève soit par une abside soit par un mur plein. C’est aussi dans cette partie de l’église que se tenaient les chantres.

 Le déambulatoire

entoure le chœur dans les cathédrales et les grandes églises. C’est un espace de circulation qui, tout en protégeant le chœur de la foule, permettait les processions, la visite des pèlerins aux tombeaux des saints placés dans les cryptes, sous le chœur. Le déambulatoire desservait aussi les nombreuses chapelles réparties dans l’abside et où les prêtres célébraient leur messe privée quotidienne. Certaines églises, très vastes, peuvent avoir un double déambulatoire.

Nos églises ont évolué au cours des siècles pour répondre aux nécessités de la liturgie et aux besoins des fidèles. Elles évolueront encore. L’important est que les fidèles et les nombreux visiteurs qui les arpentent ou y prient puissent en découvrir le sens.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Les processions de la messe

La liturgie est l’hommage rendu à Dieu de tout l’humain ; les mouvements corporels font donc partie intégrante de cet hommage. Non seulement la marche appartient à l’activité de l’homme, mais encore elle est le symbole de la progression de l’homme vers Dieu.

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Serge Kerrien

Toute messe réunissant une assemblée comporte
quatre processions. Dans la procession, du latin « procedere » qui signifie « s’avancer », on ne se dé-place pas comme dans la vie courante ; on manifeste avec calme et dignité l’importance de l’action qui se déroule.

A l’ouverture
Chaque fois qu’il le peut, le prêtre qui préside n’entre pas seul, mais normalement précédé des autres ministres, des jeunes au service de l’autel, de fidèles portant la croix, des luminaires, l’encensoir (s’il n’y a ni ministres, ni servants de messe) on chante alors le chant d’entrée.
Le but de cette procession n’est pas de faire beau ou solennel, mais de manifester que c’est toute l’Église qui marche à la rencontre de son Seigneur. Il est alors important que, partant de la sacristie, elle traverse l’assemblée.

Avant l’Evangile
Pour que cette procession puisse avoir lieu, il faut que la paroisse dispose d’un évangéliaire que l’on apporte solennellement pour la proclamation de l’Evangile. Ce livre aura été apporté à la procession d’entrée et dé-posé sur l’autel. Pendant le chant de l’Alléluia, le prêtre ou le diacre qui proclamera l’Evangile va chercher le livre sur l’autel. Ceux qui portent l’encensoir et les cierges l’attendent au pied de l’autel. Le lecteur, tenant le livre à bout de bras, se rend alors à l’ambon, entouré de ceux qui portent encensoir et luminaires. Ceux-ci se tiennent debout, tournés vers l’ambon, manifestant ainsi le respect particulier dû à l’Evangile du Christ. La proclamation achevée, l’Evangéliaire reste à l’ambon, sa place normale.

La procession des dons

Normalement, le pain et le vin, ainsi que les autres objets nécessaires à la liturgie eucharistique (patène, burettes, calice, coupelles, ciboire, corporal, purificatoire, manuterge) ne se trouvent pas sur l’autel dès le début de la célébration. Une distance minimale entre l’autel et le lieu où sont le pain et le vin signifiera qu’on passe de la liturgie de la Parole à la liturgie de la Table. « Il est bien que la participation des fidèles se manifeste par l’offrande du pain et du vin… » (P. G. M. R n° 140).
Cette présentation donne lieu à une procession qui permet à chacun de déposer, avec le pain et le vin, sa propre vie en offrande. Pour cela, la procession des dons doit revêtir une forme de sobriété et ne com-porter ni les burettes, ni le missel, ni toute sorte d’objets qui ne font pas mémoire de la Cène du Seigneur. Pendant qu’elle se déroule, on peut chanter ou jouer de la musique.

A la communion
Trop souvent, nos démarches de communion ne sont pas des processions. Pourtant, il s’y joue, quelque chose d’essentiel : la préparation intérieure à recevoir le don que Dieu nous fait de sa vie.
L’agitation, le brouhaha empêchent cette attitude intérieure. Il suffirait, pour donner à ce moment toute sa dignité, que deux servants d’autel ou deux membres de l’équipe liturgique aillent chercher les fidèles au fond de l’église. Chacun trouve ainsi sa place au fur et à mesure que la procession s’avance sans précipitation, et peut se préparer à recevoir le Corps du Christ.
Un chant peut aussi accompagner cette démarche.
Ainsi, à travers ces différentes processions, chacun peut physiquement effectuer le déplacement et se laisser transporter, déplacer, convertir. A une condition : que les processions soient belles par leur simplicité, leur dépouillement et leur dignité.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Les Rogations

Comment peut-on s’approprier et remettre « à la page » une tradition très liée à la campagne. Sans doute en n’oubliant pas, que même en ville, Dieu compte sur nous pour prendre soin de sa création. Nous avons des réflexions à mener pour rénover ce rite et se l’approprier

Le terme est encore familier aux plus âgés d’entre nous ; sans doute bien moins aux jeunes générations plus urbaines. Pourtant cette tradition pourrait nous ouvrir des perspectives pastorales pour notre temps.

 L’origine

Au Ve siècle, en un temps tragique de famines et de catastrophes naturelles, Saint Mamert, évêque de Vienne en Isère, institua un jeûne et des processions chantées pendant les trois jours qui précèdent l’Ascension. Il s’agissait de prières de supplication (du latin « Rogatio » qui est l’action de demander, de supplier) pour demander à Dieu d’écarter un péril imminent. Le péril passé, la tradition instaurée par Saint Mamert persista et la coutume se répandit dans d’autres diocèses. On demandait à Dieu, par l’intermédiaire des saints, de bénir les travaux des champs en vue des récoltes à venir. La procession des Rogations était un moment important et assez incontournable dans la vie rurale.

 Aujourd’hui

L’exode rural, la déchristianisation, les rapports nouveaux de nos sociétés à la nature et aux saisons, l’évolution des modes de culture et les remembrements, ont profondément modifié le rapport à la nature d’une société majoritairement urbaine. De plus, la situation de l’Eglise dans le monde rural a beaucoup changé. Les mentalités ont aussi évolué et on ne compte plus beaucoup sur la prière pour obtenir la pluie ou le beau temps, ou pour éviter les gelées tardives. Il est assez normal que les citadins n’attachent pas la même importance à la succession des saisons. La vie au bureau ou dans les entreprises ne dépend que peu des variations climatiques et le citadin qui s’énerve chaque jour dans les encombrements de la circulation n’éprouve guère le besoin de participer à une procession qui lui paraît d’un autre âge.

 Quel avenir ?

Aujourd’hui, beaucoup de nos contemporains se sentent concernés par l’avenir de la planète et les questions écologiques. Il serait intéressant de regarder comment l’Eglise, à d’autres époques, a géré le rapport à la création et d’y trouver une source d’inspiration pour aujourd’hui. Nous avons peut-être à redécouvrir la richesse des gestes, des symboles que le temps et les changements de civilisation ont obscurci, non pas pour les reproduire à l’identique (ce serait de l’archéologie liturgique) mais pour redire que Dieu bénit l’activité des hommes, qu’il leur a confié sa création pour qu’ils travaillent à sa croissance. Des pratiques rythment déjà la vie (Noël, les Rameaux, Pâques, la Toussaint) et pas seulement en milieu rural. Les célébrations lors des fêtes de la moisson ou des vendanges sont restées vivantes et rassemblent bien au-delà des agriculteurs ou des producteurs.
L’Eglise laisse aux conférences épiscopales la possibilité de proposer de nouvelles formes de para-liturgie qui demanderaient à Dieu de bénir les activités humaines, en particulier les fruits de la terre, et de donner aux baptisés le désir de mieux préserver la nature comme un trésor que le Seigneur leur confie. Ainsi, l’Eglise italienne, encouragée par le Pape Benoît XVI, a-t-elle instauré, le premier septembre, une journée de la sauvegarde de la création, journée de réflexion et de prière. De tels moments, dont la date pourrait varier en fonction des lieux et des saisons, offriraient au croyant de se souvenir qu’il n’existe que par l’amour de Dieu et que si Dieu nous a confié la terre, ce n’est pas pour en faire n’importe quoi.
Alors, les Rogations ? Peut-être à réinventer.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Les scrutins

Lorsque des élections sont annoncées dans notre pays, on en parle souvent comme d’un scrutin. La liturgie utilise le même terme pour désigner des rites particuliers.
De quoi s’agit-il ?

Un temps de retraite et de conversion
Le terme « scrutin » est emprunté au latin « scrutinium » qui signifiait l’action de « fouiller, de rechercher, de visiter ». Dans les premiers siècles de l’Eglise, la préparation au baptême, pendant le carê-me, donnait lieu à un certain nombre de rites préparatoires appelés « scrutins ». Il s’agissait de scruter les intentions des catéchumènes, en s’assurant de leurs dispositions intérieures et en pratiquant sur eux un exorcisme.
Aujourd’hui, trois scrutins subsistent pour les catéchumènes. Ils sont célébrés au cours de la messe des 3e, 4e et 5e dimanches de Carême  . Mais leur sens a changé dans la mesure où le discernement des dispositions intérieures a été effectué, bien en amont, par les équipes d’accompagnement, les pasteurs et le service diocésain du catéchuménat. Il s’agit désormais d’un temps de retraite spirituelle et de conversion qui précède la célébration du baptême à la veillée pascale.
Pendant les 40 jours du Carême  , les catéchumènes, vivent, avec tous les chrétiens, comme un entraînement, par la prière, l’écoute de la Parole de Dieu, la conversion, la charité. Cette période peut se révéler difficile pour eux, en raison de doutes, de combats intérieurs, de pression de l’entourage, etc… Ils ont besoin de la force de Dieu, de la prière, du soutien de tous. L’Eglise leur propose un itinéraire spirituel jalon-né par la célébration des trois scrutins, afin qu’ils soient fortifiés et préparent leur cœur à recevoir les dons du Seigneur.

Les trois scrutins
Un parcours spirituel de conversion demande de la durée, des efforts à poursuivre, et des recommence-ments. On ne peut pas se convertir au Christ en une seule fois. Cela requiert persévérance et répétition. Il convient donc de s’en remettre à la sagesse de l’Eglise et de ses rites, et de célébrer les trois scrutins. Le Missel recommande, par ailleurs, de faire proclamer les évangiles de l’année A si l’on célèbre des scrutins.
En effet, ces évangiles (la Samaritaine, l’aveugle-né, Lazare) évoquent l’un des grands symboles du baptême chrétien : l’eau, la lumière, la vie nouvelle.

La célébration des scrutins
Les trois scrutins, ont une même structure, très sim-ple. Ils prennent place après l’homélie et s’appuient, sur les évangiles de l’année A. Les rites se déroulent de la façon suivante :

  • Les catéchumènes sont invités à s’avancer vers le célébrant et à s’incliner ou à se mettre à genoux.
  • Suit un temps de prière silencieuse, puis une prière litanique choisie dans le rituel de l’initiation chrétienne des adultes. Cette prière, invoque le Seigneur pour les catéchumènes, pour les membres de la communauté chrétienne et pour tous les hommes.
  • Vient alors la prière d’exorcisme, très belle prière, en lien avec l’évangile, et qui mériterait d’être méditée en profondeur. Elle est dite par le célébrant qui préside la liturgie. Celui-ci étend les mains sur les appelés pour la dernière partie de la prière. On peut précéder la prière d’une imposition de la main sur chacun des catéchumènes. L’onction d’huile est aussi possible, avec l’huile des catéchumènes que l’évêque a bénie lors de la messe chrismale.

Enfin, les catéchumènes sont normalement renvoyés, sous la protection du Seigneur, et invités à revenir le dimanche suivant.

Serge Kerrien
Diacre permanent

« Tes signes font renaître
Dieu d’Amour qui donne vie !
Tes signes nous libèrent
Par la main de Jésus-Christ »

Bernard/ Akepsimas

Mercredi des Cendres

Le Mercredi des Cendres est la lecture de notre feuille de route pour le Carême  . C’est la mise en route pour ce long chemin qui va durer 40 jours et qui va donner le sens de ce temps.

 Mercredi des Cendres : entrée dans le Carême  

Cette trace de cendres grises, nous allons la regarder longuement sur le front de ceux qui nous entourent. Elle sera déposée sur nous comme un symbole inaugural du temps de Carême   où nous entrons.

  Signe de vérité

Les cendres, en poussière insaisissable dans notre paume ou sur notre front, nous font envisager la vérité de notre condition humaine. Nous sommes les fils et les filles d’Adam, le « terreux », tirés comme lui de la poussière du sol. Nous sommes une poussière d’étoile, ce qui nous ramène à notre dimension réelle dans l’univers, avec notre condition mortelle malgré nos moyens techniques. Nous lisons dans cet infime tas de poussière le signe de notre péché et de notre dignité chrétienne parfois en cendres. Nous laissons s’éteindre la lumière de notre baptême, il ne reste pas grand chose de notre générosité première et de nos engagements à la suite du Christ. Regardons encore attentivement : cette grisaille n’est-elle pas l’image de nos illusions perdues, de nos projets avortés, de nos enthousiasmes envolés ? C’est un petit désert que nous avons entre nos mains ou sur notre front, une poussière qui nous renvoie à nos stérilités, à nos existences parfois sans fleurs ni fruits.

  Signe d’espérance

Mais ces cendres, dans nos mains ou sur notre front, nous ne les portons pas comme une condamnation, mais comme un appel à la vie. Pour guérir l’aveuglené, Jésus n’a-t-il pas pris de la poussière du sol, pétrissant un peu de boue, comme s’il voulait nous dire qu’il était venu modeler un homme nouveau comme au matin de la création ? Par sa résurrection, il a vaincu la mort et nos cendres sont destinées à une transfiguration à la suite du Christ. Au souffle de l’Esprit, durant ce temps de Carême  , le feu peut jaillir des braises cachées sous les cendres encore chaudes. Il suffirait de quelques brindilles de prière et de Parole de Dieu pour que s’élève à nouveau la flamme de la foi et du don de soi. Les forêts brûlées repoussent toujours parce que la vie est la plus forte. Le désert refleurit à la moindre pluie. L’eau de notre baptême peut irriguer nos jachères craquelées et sur nos cendres, s’épanouiront les fleurs de la joie et de la tendresse. Regardons la trace des cendres dans nos mains ou sur nos fronts. Elle nous invite à une vie nouvelle.

  Symboles du Carême   L’aumône, la prière et le jeûne comme Dieu les aime

La prière, le jeûne et l’aumône sont les trois grandes actions du Carême  . Jésus nous instruit à leur sujet, pour que nous n’en fassions pas des actes de bravoure et de compétition, mais d’attention à Dieu. L’aumône, le jeûne et la prière ne permettent plus guère à un chrétien de se faire remarquer. Il s’agit donc de transposer les propos de Jésus dans les situations actuelles et, dans ce sens, de considérer ces œuvres comme représentant trois domaines du comportement humain. Le mot aumône suggère nos relations sociales, tout ce qui peut aider le prochain et l’empêcher de se perdre. En évoquant la prière, Jésus attire l’attention sur ce qui devrait nous tenir à cœur, dans notre rapport à Dieu, à savoir une relation personnelle et filiale. Le jeûne, enfin, peut évoquer, pour chacun, le souci de sa propre personne, ou encore l’image que nous voulons donner de nous-mêmes aux autres. Pour le comportement dans ces trois domaines, Jésus invite à agir sous le regard du Père des cieux et à prendre des initiatives qui lui plaisent, celles qu’inspire l’Esprit et qui permettent au Christ d’accomplir son œuvre de salut par nos mains.

  Prière d’Évangile

Au seuil de notre montée vers Pâques, tu nous invites, Dieu d’infinie tendresse, à revenir vers toi de tout notre cœur. Apprends-nous à partager sans forfanterie, à prier dans le recueillement et la discrétion, à pratiquer le jeûne sans infliger à autrui le spectacle d’une fausse componction. En recevant l’humble signe des cendres, nous croyons que tu sauras y voir la poussière de nos routes et la boue qui alourdit si souvent nos pas. Tu sauras aussi, toi qui as ressuscité des morts ton Fils crucifié, faire surgir de nos braises enfouies un feu capable d’embraser le monde

Source : Site Croire.com

Messe Communautaire et messe dans les relais.

Lorsque chaque clocher avait un prêtre résident, la question de
l’Eucharistie dominicale ne se posait pas. Aujourd’hui, elle se pose de manière cruciale, sans doute à cause du manque de prêtre mais plus fondamentalement, à cause du manque de chrétiens.

La vraie question est donc celle de la signification du rassemblement eucharistique.

 La messe du dimanche.

Depuis toujours, les communautés chrétiennes se rassemblent le dimanche, jour mémorial de la Résurrection, pour entendre la Parole de Dieu et partager l’Eucharistie.
Dans ce rassemblement dominical l’Église, corps du Christ, se constitue et se manifeste comme Église. Il y a là un enjeu considérable. En effet la messe du dimanche constitue, par l’écoute de la Parole du Seigneur et la communion à son corps, la communauté rassemblée comme Eglise, signe de salut au milieu du monde. Participer à la messe du dimanche est essentiel pour le baptisé, sinon il s’éloigne de ce qui constitue le cœur de sa foi, se coupe de sa communauté qui s’en trouve alors appauvrie avec pour conséquence une fragilisation de l’assemblée chrétienne qui n’est ni ressourçante, ni signe d’Église. À partir de cet enjeu, il faut penser des solutions pratiques.

 Articuler la messe du dimanche et la vie liturgique des relais.

Aujourd’hui la célébration de l’eucharistie du dimanche n’est plus possible dans chaque relais. La pratique des A. D. A. P. a montré ses limites : perte de la dimension sacrificielle de la célébration, disparition de la dimension communautaire du repas eucharistique symbolisée par la fraction du pain, affaiblissement de la dimension ministérielle du rassemblement dominical puisque le prêtre est absent.

Il convient d’articuler la messe communautaire au centre de la paroisse

La célébration d’une A. D. A. P. ne peut donc revêtir qu’un caractère exceptionnel. Dès lors, il convient d’articuler la messe communautaire au centre de la paroisse et les messes ou d’autres types de célébrations dans les relais. Pour cela, quelques critères sont nécessaires.

  • L’Eucharistie du dimanche est nécessaire et centrale pour la vie d’une paroisse. Elle est donc célébrée chaque dimanche à la même heure et dans la même église.
  • Des messes, le samedi soir et (ou) le dimanche soir peuvent être célébrées à tour de rôle dans les relais si elles sont nourrissantes et visage d’Eglise.
  • Chaque jour de la semaine, la messe peut rassembler, dans un relais, les chrétiens qui désirent prier ensemble. Ces messes sont autant d’occasions de se rassembler autour du curé.
  • D’autres types de rassemblements sont possibles, y compris le samedi soir et le dimanche (célébration de la Parole, Laudes, Vêpres, Complies, baptêmes) mais jamais en concurrence avec l’Eucharistie.
  • Tenir compte, avant toute décision, de la situation géographique, de la facilité ou des difficultés de déplacement, des réalités sociales. Et toujours se poser la question fondamentale : en décidant des horaires et des lieux des célébrations, eucharistiques ou non, quelle Eglise se construit, quelle Eglise se donne à voir comme signe de salut au milieu du monde ?

Redécouvrir nouvelle manière de vivre le dimanche chrétien : jour du Seigneur

Les enjeux de nos décisions ne sont pas minces et trop souvent, les réactions affectives prennent le pas sur une vision pastorale plus vaste.
Peut-être, dans ces temps difficiles de germination d’une nouvelle chrétienté, nous faut-il redécouvrir une nouvelle manière de vivre, autour de l’Eucharistie, le dimanche chré-tien, jour du Seigneur.
Serge Kerrien
Diacre permanent

Ordinaire ?

Serge Kerrien
Serge Kerrien

Le dictionnaire définit généralement l’ordinaire comme ce qui est habituel, sans grande surprise. On penserait assez vite qu’il ne présente que peu d’intérêt. Pourtant, dans la liturgie, ce terme revêt des significations assez éloignées de ce que l’on pourrait penser. Du latin « ordinarius », il signifie ce qui est « conforme à la règle ».

 L’ordinaire de la messe.

L’ordinaire concerne essentiellement le répertoire musical. Cet ensemble, appelé « ordinaire de la messe », comporte traditionnellement :

  • -le Kyrie,
  • -le Gloria,
  • -le Credo,
  • -le Sanctus,
  • -l’Agnus Dei
  • -et l’Ite Missa est.

Dans le répertoire grégorien, Kyrie, Gloria, Sanctus, et Agnus étaient regroupés en séries qui, progressivement, étaient proposées pour une catégorie de fête ou pour un temps liturgique.
Si l’on voulait aujourd’hui refaire la liste des chants de l’ordinaire, elle serait plus longue et plus complexe car elle comporterait, en plus des pièces déjà citées :

  • -l’acclamation d’anamnèse
  • -et le Notre Père avec sa doxologie.

Il faudrait aussi préciser que plusieurs formules sont utilisées pour le rite pénitentiel et l’anamnèse, souvent aussi pour le Gloire à Dieu, la Profession de foi, le Sanctus et l’Agnus Dei.

Cependant cette notion d’ordinaire de la messe serait sans doute à retravailler aujourd’hui pour retrouver une couleur musicale propre à certains temps liturgiques comme :

  • -l’Avent,
  • -le temps de Noël,
  • -le Carême  ,
  • -le temps pascal.

La mauvaise habitude de changer sans cesse les pièces de l’ordinaire, d’un dimanche à l’autre, finit par banaliser les temps liturgiques au lieu de les distinguer, ce qui ne facilite pas les bonnes habitudes spirituelles. Il ne s’agirait pas de choisir des ordinaires entièrement bâtis sur la même phrase musicale, ce qui empêche les attitudes spirituelles, mais de regrouper différentes pièces, qui auraient un peu la même couleur musicale, et de les réserver à tel ou tel temps liturgique, comme un marqueur du temps et du rite que chaque pièce accompagne.

 Le temps ordinaire.

Voilà un temps liturgique qui n’a rien d’ordinaire. En effet, comme les autres moments de l’année liturgique, il présente des caractéristiques propres.

On l’appelle « ordinaire » parce qu’il se situe entre deux cycles festifs de l’année liturgique. Les 34 semaines qui le constituent ne visent pas à célébrer un aspect particulier du mystère chrétien. On va y cheminer au fil des jours vers le Père, dans la lumière du Christ, sous la conduite de l’Esprit.

C’est le temps de la fidélité, temps qui n’est pas que routine répétitive, mais où, dans la patience, le chrétien apprend à vivre l’expérience du disciple, une expérience de compagnonnage avec Jésus qui enseigne ses disciples.

Chaque dimanche du temps ordinaire est aussi mémorial hebdomadaire de la Pâque du Seigneur, jour de l’assemblée des chrétiens autour de la Parole et de la table de l’Eucharistie, jour de la célébration des baptêmes et de leur souvenir.

Nous avons à réfléchir à la manière dont nous traitons le temps ordinaire. Ainsi, il faut veiller à ne pas surcharger la liturgie des dimanches du temps ordinaire ; elle requiert un déroulement simple, sans surcharge rituelle ou musicale ; sinon, comment l’ordinaire, se distinguerait-t-il de la fête ?

Nous avons besoin de cette spiritualité paisible qui nous permet de mieux vivre les temps de fête.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Porter la communion aux malades

Lorsque nous célébrons l’eucharistie, c’est pour constituer le Corps du Christ, donc n’exclure personne et surtout pas les malades qui sont ap-pelés aussi à être membres du Corps du Christ. Leur porter la commu-nion, c’est vivre la charité, l’amour qui rend service. Si ce service n’é-tait pas rendu, il manquerait des membres au corps du Christ.

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Un service qui part de l’assemblée et y renvoie.

Porter la communion n’est jamais un geste individuel. La personne qui porte la communion et celle qui la reçoit sont de la communauté chrétienne. On ne peut isoler l’eucharistie de la communauté qui la célèbre. Il est donc normal que les porteurs de communion déposent la custode sur la crédence avant la messe et soient envoyés explicitement au moment de l’envoi, au nom de la communauté, porter la communion. Quant aux personnes qui reçoivent la communion, elles seront invitées à s’unir à la communauté qui a déjà prié pour elles. Le lien avec l’assemblée est ainsi concrétisé.

Un geste de foi.
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Porter la communion se vit dans une relation et un climat de foi. Les attitudes, la manière dont on porte la custode et le respect qu’on lui porte, les prières, les moments de partage, les silences manifesteront la foi que demande le geste de communion. On ne saurait donc se contenter d’un geste banal ni d’une distribu-tion trop rapide. En effet, porter le Christ à un malade relève d’un geste liturgique et renvoie au service du frère, mémorial du Christ serviteur. De ce fait, porter la communion même dans un cadre amical, requiert un minimum de déroulement rituel, de prière commune, de temps pour chaque chose et chaque geste, un napperon, une lumière, parfois des fleurs lorsque c’est possible. L’important est de faire de ce moment, un moment de fête et de joie.

Un déroulement adapté.

Bien souvent les lieux ou l’état de santé des personne déterminent les manières de faire. A domicile, il sera plus facile de disposer l’espace et de prendre son temps. Souvent, des visites amicales auront précédé la communion qui s’inscrit ainsi dans une relation qui déborde un simple moment.
En foyer logement ou maison de retraite, la communion peut être portée à chacun dans sa chambre. Mais il peut être intéressant de réunir les personnes qui communient, pour vivre ensemble une prière commune. Alors, il est souhaitable que la référence au diman-che qui précède soit marquée, par exemple par la lecture de la Parole de Dieu.
En milieu hospitalier, on tiendra compte de la disponibilité du malade et des soignants. Si le temps est compté, on fera plus sobrement mais bien et sans précipitation. Si les conditions sont trop difficiles, mieux vaudra reporter la communion à un autre moment, en nous rappelant que nous sommes au service des ma-lades, et non l’inverse.

Si le malade est dans une chambre à plusieurs lits et qu’il soit le seul à communier, on demandera si la communion ne dérange pas les autres. On fera une célébration discrète et courte, sans oublier qu’un témoignage de foi est donné et que les autres occupants de la chambre peuvent, s’ils le souhaitent, partager la prière sans communier.

Des questions particulières.

info document -  voir en grand cette image Porter la communion est un acte liturgique. Il convient d’indiquer, par le signe de croix, quand il commence et quand il s’achève.
Pour communiquer, il n’y a pas que la parole : regard, présence, silence et gestes existent.
Si des espèces eucharistiques ne sont pas consommées, on les ramène au tabernacle ou on les consomme soi-même dignement. On ne les laisse jamais au malade pour une communion ultérieure.

Serge Kerrien
Diacre permanent

Prier la Vierge.

Mais pourquoi prier Marie ?
La prière à Dieu, Père, Fils et Esprit, ne suffirait-elle pas ?
En réalité, les chrétiens en sont venus à prier Marie au fur et à mesure qu’ils ont approfondi leur relation au Christ. Ils ont contemplé Marie dans sa relation à Dieu et au Christ, dans sa prière.
Puis ils ont prié avec elle et ils l’ont priée en lien avec le Christ.

Le culte de la Vierge Marie, est né dans le rayonne-ment des fêtes de la Nativité du Seigneur.
Il prendra un essor important au lendemain du concile d’Ephèse (431). De nombreuses fêtes mariales ponc-tuent l’année liturgique et, chez nous, la dévotion à la Vierge Marie s’exprime par les nombreuses chapelles qui lui sont dédiées et les pardons célébrés chaque année.

La prière de Marie.
La prière de Marie que l’on connaît le mieux, c’est le Magnificat qu’exprime son action de grâce. Elle n’est pas la seule. A l’Annonciation (Luc 1, 34), Marie de-mande à l’ange de lui faire comprendre comment elle sera mère. Lors de l’escapade de Jésus à Jérusalem (Luc 2, 51), elle médite les choses dans son cœur ; elle ne comprend pas mais s’a-bandonne à l’Esprit. Aux noces de Cana (Jn 2, 3-5), elle demande à Jésus d’intervenir. Dans Actes 1, 14, on peut lire : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères ». On voit comment la prière de Marie peut nous apprendre à prier, avec des formes variées et la certitude que sa prière porte du fruit : écoute et méditation de la Parole, convivialité et communion, prière commune, vie selon l’Esprit et témoigna-ge. Ces fruits peuvent être ceux de notre propre prière. La prière de Marie n’est donc pas la prière particulière d’une mère dont le fils est Dieu. Sa prière pour-rait être la nôtre.

La prière à Marie.

Elle s’est développée lentement au cours de l’histoire, d’abord sous la forme de béatitudes dans lesquelles les chrétiens ont lu les qualités de Marie : « Heureuse celle qui t’a porté et allaité » (Luc 11, 27) ; « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l’observent » (Luc 11, 28) ; « Tu es bénie entre toutes les femmes » (Luc 1, 42) ; « Heureuse celle qui a cru » (Luc 1, 45). Très vite, on trouvera mention de la Vierge Marie dans les prières eucharistiques. Marie y est mentionnée dans une prière d’action de grâce au Père, pour Jésus « né de la Vierge Marie ». Puis vien-dront les supplications à Marie dont le « Sub tuum » est la forme la plus anciennes (IVe siècle). Quant au « Je vous salue Marie » il n’est devenu que très progressivement la prière habituelle à Marie et la seconde partie n’a été introduite qu’au XVIe siècle par le pape Saint Pie V.

Est-il légitime de prier Marie ?
La prière à Marie s’est dévelop-pée de manière populaire. Elle ne s’est jamais détachée de l’a-doration au Christ : adorant le Christ, le chrétien vénère sa mè-re. Parce qu’il vénère, il prie ; parce qu’il prie, il célèbre. Son amour pour Marie naît de l’amour du Christ pour elle. C’est le lien d’amour entre la mère et le fils que les chrétiens ont pressenti et qui nourrit leur piété mariale. La justesse de notre prière à Marie repose sur ceci : c’est une prière que l’on adresse à Dieu par l’intermédiaire de Marie qui a su se laisser totalement transformer par l’amour de Dieu. Par Marie, nous nous confions à la mi-séricorde de Dieu : « Priez pour nous, pauvres pécheurs ». Prier Marie, c’est entrer dans la communion des saints qui s’insèrent dans l’éternelle intercession du Fils près de son Père.
Serge Kerrien
Diacre permanent

Prier pour les défunts.

La prière pour les défunts, est un acte de communion avec eux dans l’épreuve commune de la rencontre avec Dieu.Dans la foi chrétienne, prier pour les défunts est un devoir de solidarité   une nécessité que les fleurs ne remplaceront jamais.

La prière pour les défunts est traditionnelle dans l’Eglise. Pourtant, elle n’est pas toujours bien comprise et trop de chrétiens n’en voient pas l’utilité, au point que l’on remplace volontiers la prière par l’offrande de fleurs.

Comment comprendre cette prière ?

Un peu d’histoire

Dès les débuts de l’Eglise, les chrétiens faisaient mémoire des défunts les 3e, 7e et 30e jours après leur mort, puis une fois par an. Il devint habituel de célébrer l’eucharistie ces jours-là. Au 3e siècle, on introduit l’intention de prière pour les défunts dans la prière eucharistique. Le deuxième concile de Lyon, en 1274, enseigne que les prières et les bonnes œuvres des vivants peuvent aider les morts dans leur chemin de purification, tout comme les messes offertes à leur intention. Ainsi la tradition présente depuis le 7e siècle d’offrir une messe pour un défunt particulier se trouve officiellement admise et justifiée. Vatican II, dans sa constitution « Lumen Gentium » réaffirme, aux n°s 49-50 et 51, l’importance de la prière pour les défunts en lui donnant un sens nouveau : Celui de la communion des saints et donc de la solidarité   réciproque entre l’Eglise du ciel et l’Eglise de la terre.

La prière pour les défunts

Dans le Credo, le chrétien proclame : « J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir ». C’est un élément essentiel de notre foi chrétienne qui implique une vision spécifique de la mort : « la vie n’est pas détruite, elle est transformée ». (Préface de la messe pour les défunts). Pour le croyant, la mort est le passage à la plénitude de la vraie vie ; avec le Christ et dans le Christ, la mort prend un autre sens, celui de l’accomplissement total du baptême. En priant pour les défunts, l’Eglise implore Dieu en leur faveur, pour qu’ils obtiennent de Lui la vie éternelle, plénitude de leur baptême. Et cette prière est destinée à tous les défunts dont Dieu seul connaît la foi.

La signification des prières pour les défunts.

Au moment de sa mort, le défunt rencontre Dieu qui l’appelle à Lui pour le rendre participant de sa vie divine. Toutefois, personne ne peut être accueilli dans l’amitié de Dieu s’il n’a pas été purifié par Dieu lui-même de toutes ses fautes. Prier pour les défunts, c’’est demander à Dieu de les purifier par son amour et de les introduire dans son royaume. Il s’agit pour nous d’un acte de solidarité   : celui de tous les baptisés qui sont un seul corps dans le Christ durant leur vie terrestre mais aussi par delà la mort. La prière pour les défunts, est un acte de communion avec eux dans l’épreuve commune de la rencontre avec Dieu. Elle est aussi une remise confiante entre les mains du Père de ceux qui nous ont quittés. Elle est encore union à leur attente de Dieu, à leur joie de devenir davantage image de Dieu. Enfin, elle nous fait prier les morts pour nous, pour qu’arrivés maintenant dans la lumière, ils nous aident à réaliser ce qu’ils voient. La communion et le partage continuent avec des parents, des amis, des saints dont la vie nous a fait signe. Au-delà du temps et de l’espace, nous sommes liés par l’amour des hommes et par l’amour d’un Dieu qui sauve. Et c’est, dans la célébration de l’Eucharistie que, recevant la vie du Seigneur, nous devenons solidaires de tous ceux qui, au ciel et sur la terre, forment le corps du Christ.
Dans la foi chrétienne, prier pour les défunts est un devoir de solidarité   une nécessité que les fleurs ne remplaceront jamais.
Serge Kerrien
Diacre permanent

Quand l’art sacré ouvre à la prière

L’été est là, temps offert pour le repos, les promenades, les visites ; temps où l’esprit est disponible et se laisse saisir par la beauté de notre patrimoine religieux. Sa richesse attire des foules de visiteurs et porte une rare capacité à toucher les cœurs.

L’art et la foi
Expression de la foi de différentes époques, nos églises, nos chapelles et les œuvres d’art qu’elles renferment, proposent, à leur manière, la foi à nos contemporains.
Sobriété ou dentelles de pierre, humbles statues ou retables flamboyants, fenêtres étroites ou verrières lumineuses, tout l’art religieux n’a qu’une raison d’être : conduire le visiteur du visible à l’invisible.
Ainsi l’œuvre d’art invite à contempler ce que l’œil ne voit pas. Chemin vers Dieu, elle propose une rencontre qui nourrit la foi et peut y conduire. Pour que ce chemin de foi existe, quelques conditions sont nécessaires.

D’abord valoriser les signes
du mystère chrétien

L’autel, la croix, le lieu de la Parole, le baptistère, c’est vers ces lieux que le regard doit être attiré. La propreté des lieux et des objets, leur bonne ordonnance, la lumiè-re, sont autant d’éléments qui contribuent à créer une attirance vers Dieu.
Donnant à entrevoir ce que sera la liturgie céleste, l’architecture et les œuvres d’art chrétiennes portent une réelle proposition de la foi.
On évitera l’accumulation des objets. Ce n’est pas la quantité qui compte, mais ce que l’on fait découvrir de la présence de Dieu. Et puis, il faut vérifier ce que l’on propose au visiteur : une visite plus ou moins archéologique ou une découverte des signes et symboles de la foi ? Une visite purement culturelle ou une visite qui allie culture et proposition de prière ? Nos lieux de culte et ce qu’ils contiennent ne sont pas de simples objets d’art et de culture ; ils possèdent un sens profond qui conduit au mystère de Dieu. Ils ne sont pas des musées où l’on expose, dans des vitrines, des objets de culte. Ils sont des lieux vi-vants où se rassemble la communauté chrétienne. La foi au Christ n’est pas un objet de musée ; elle est une vivante invitation.

Statues, peintures, vitraux et bannières
Ils tiennent une grande place dans nos églises et chapelles. Leur présence rappelle l’union étroite entre l’Eglise du ciel et celle de la terre. A leur manière, les images des saints chantent la gloire de Dieu et annon-cent ce que chacun est appelé à devenir. Ne pourrait-on pas relier la vie des saints que nous vénérons à des passages de l’Ecriture ? Les notices biographiques ou historiques seraient ainsi heureusement complétées.

Et la prière ?
Nos églises et nos chapelles ne sont pas que des lieux neutres. Les œuvres d’art qu’elles contiennent ne sont pas qu’un décor. L’ensemble annonce une présence, une transcendance. Tout invite à une rencontre avec Dieu et le Christ.
Un espace préservé, lieu de silence, de prière et de médi-tation, est nécessaire, particu-lièrement devant la réserve eucharistique. Beaucoup de visiteurs ne savent pas ou ne savent plus prier. Alors pour-quoi ne pas mettre à leur dis-position des textes pour la prière ? Pourquoi ne pas rappeler le sens des cierges que l’on fait brûler ? Pourquoi vouloir à tout prix diffuser une musique alors que le silence invite bien plus à la prière et au respect ?
L’homme, pour vivre en homme, a besoin de gratuité, de beauté, de recueillement. L’art de nos églises peut les lui offrir ; l’enjeu n’est pas mince pour l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Serge Kerrien
Diacre permanent