Rencontre - dédicace avec Philippe Mac Loed Enregistrer au format PDF

Au-delà des montagnes, la mer
Mercredi 28 février 2018
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L’écrivain et poète Philippe Mac Leod s’est installé à Pleudaniel. Aude Bracq, pour la revue « Église en Côtes d’Armor » l’a rencontré.]

Ph Mac Lod
Ph Mac Lod

Il avait prévenu au téléphone : il faudra laisser la voiture en bas d’un chemin de terre et longer à pied l’anse de Goz Iliz, en Pleudaniel. Mais, ce jour-là, il pleut des cordes et je me hâte entre les flaques avant d’apercevoir enfin deux constructions de granite. La ressemblance entre les deux édifices me déroute : demeure de Dieu ? Maison de l’homme ? La première est placée sous la protection de Notre-Dame, la seconde habitée par un écrivain épris de silence et de beauté : Philippe Mac Leod. Son nom est écossais, mais il est né au Maroc, en 1954. Enfance à Versailles, adolescence à Nice puis vie parisienne… jusqu’à ce qu’il ressente, à 40 ans, « la nécessité d’une conversion plus radicale, en rompant avec la vie professionnelle, le milieu littéraire et artistique… » Après des tentatives de vie monastique, il se retire dans les Pyrénées pendant vingt ans. Comme celle des moines, sa vie de solitude est rythmée par la prière : une heure de lectio divina le matin, une heure de prière mariale l’après-midi, une heure d’oraison le soir. L’écriture occupe le reste de ses jour-nées. *…+ Jusqu’à ce qu’on lui parle de cette maison à louer au bord de l’embouchure du Trieux, à Pleudaniel. « Et les montagnes sont venues se planter dans la mer… » A la chapelle de Goz Iliz Il s’y installe en mai 2016 et y retrouve « [son] attachement à la solitude et au silence, propices à l’écriture. Avec un nouveau projet : celui de faire vivre cette chapelle de Notre-Dame de Goz Iliz. » Phi-lippe Mac Leod, qui en possède les clés, vient y prier tous les après-midis de l’année. Attirés par la porte grande ouverte, des marcheurs, des voisins l’y rejoignent, le questionnant parfois. L’été prochain, l’écrivain aimerait y proposer un accueil spirituel, en accord avec la paroisse. Pour l’heure, c’est dans sa minuscule maison que nous nous réfugions, tant le vent souffle fort en s’engouffrant entre les deux bâtiments. A l’intérieur, sobriété presque monacale, des bougies d’un blanc immaculé, deux fauteuils en cuir. Et le regard tout de suite happé vers les fenêtres et l’eau, toute proche. « Le matin, quand la marée est haute, ou le soir avec la pleine lune, cet endroit est étonnant, porteur par son environnement et par des siècles de prière. Je trouve ici une invitation au recueillement. Les gens y sont sensibles. J’ai eu, cet été, des échanges très pro-fonds avec des promeneurs interpellés par cet en-droit. » *…+ La Parole comme un poème Son installation en Bretagne a favorisé ses interventions à l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer. Il y a animé, les 4 et 5 novembre dernier, un week-end d’initiation pour mieux « prier la Parole ». « J’ai donné des clés pour entrer en contact quotidien avec les Evangiles. C’est indispensable dans une vie chrétienne. Se mettre à la suite du Christ, c’est se mettre tous les jours au contact de sa Parole, de sa façon d’être, telle que nous la décrivent les évangélistes. Cela va peu à peu nous transformer et faire de nous des disciples. Beaucoup de gens pensent qu’ils n’y arriveront pas et s’imaginent qu’il faut en savoir beaucoup pour entrer dans les Evangiles. Ce n’est pas vrai ! L’Evangile du jour est une parole qui m’est adressée aujourd’hui personnellement. C’est une ouverture au Christ fondamentale. Saint Paul nous dit : « Revêtez-vous du Christ. » Comment le faire si on ne le connaît pas ? Ses disciples l’ont connu en vivant avec lui. » *…+

Aude Bracq

Vendredi 9 mars à 18h, à la médiathèque de la maison St Yves Rencontre-dédicace avec Philippe Mac Leod, autour de ses deux derniers livres : L’Évangile de la Rencontre et Supplique du vivant.