C’est la Pâque du Seigneur Enregistrer au format PDF

Homélie du jeudi saint
Jeudi 9 avril 2020 — Dernier ajout vendredi 10 avril 2020
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Est-ce vrai que c’est « le passage du Seigneur dans nos vies et dans nos cœurs » avec cette pandémie que nous vivons ?

« C’EST LA PÂQUE DU SEIGNEUR … »

Tels sont les mots que nous donne le livre de l’Exode dans la lecture qui ouvre la célébration du JEUDI SAINT. Est-ce vrai que c’est « le passage du Seigneur dans nos vies et dans nos cœurs » avec cette pandémie que nous vivons ?

Au moment de l’Exode, le peuple hébreu vivait lui aussi une situation difficile, l’esclavage. Passer de l’esclavage à la liberté, ce n’était pas une petite affaire. Il fallait se mettre en route à la suite de Moïse pour devenir des passeurs. Jésus lui-même célèbre la Pâque dans un contexte difficile, sachant que sa vie est en jeu. Il ose faire deux gestes surprenants : « le lavement des pieds » et « le Partage du pain » en disant que ce pain c’est LUI. Et il ajoute : « Vous ferez cela en mémoire de moi »

Un pain ne donne vie que s’il est partagé. Que d’aliments vont à la poubelle qui pourraient encore être utilisés et que certaines personnes voudraient bien avoir. On commence à ne plus jeter certains invendus et on accepte des légumes ou des fruits qui n’ont pas une très bonne présentation mais qui sont sains et très bons. Faire mémoire ce n’est pas seulement se rappeler un évènement du passé. C’est redécouvrir que, par cet évènement, nous sommes engagés à vivre à la manière de Jésus vis-à-vis de nos frères et soeurs en humanité, dans les évènements d’aujourd’hui. Cela va de l’écoute, de l’accueil, du respect mutuel à toutes les formes de services et d’actions pour la dignité de toute personne humaine, en tenant compte des plus fragiles. La pandémie met au grand jour toutes nos fragilités. En lavant les pieds de ses apôtres, Jésus du coup les invite à convertir leur vie, donc à convertir aussi notre vie. Il leur ouvre un art de vivre et donc à nous aussi. Il les traite en marcheurs et en nomades et donc nous aussi. La foi doit aussi entrer par les pieds. Pour laver les pieds de ses disciples, Dieu se fait esclave. Le maître se fait homme de ménage. Le Seigneur se fait garçon de salle. Le premier se fait dernier. Aujourd’hui, savons-nous reconnaître la présence du Seigneur dans toutes ces personnes qui ne comptent pas leur temps et leur force pour être au service des autres ? Rendons grâce pour toutes ces personnes et toutes ces petites mains indispensables pour une vie conviviale. Pierre en refusant de se laisser laver les pieds refuse d’être traité en nomade. Pour avoir part avec Jésus, il faut devenir des personnes de passage.

Je vous livre ce chant de Pierre-Michel Gambarelli.

Père Olivier Guitton