Cinquième dimanche de Pâques Enregistrer au format PDF

Dimanche 10 mai 2020 — Dernier ajout jeudi 21 mai 2020
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CINQUIEME DIMANCHE DE PÂQUES

Les textes qui nous sont proposés :

Actes des Apôtres chap.6 v.1-7 1re Lettre de Pierre chap.2 v.4-9 Evangile de Jean chap. 14 v.1-12

Après avoir lu les différents textes, j’ai remarqué que des mots se mettaient en lien les uns avec les autres : pierre vivante, rocher, maison, demeure, demeurer. Aujourd’hui nous connaissons davantage le béton pour la construction que la pierre. Au début j’avais du mal avec l’expression « PIERRE VIVANTE ». Pour moi la pierre était un matériau rigide, inerte et si on bute sur une pierre on trébuche comme le dit Pierre. Ma vision a quelque peu changé quand un tailleur de pierre m’a dit tout de go : « la pierre ça vit. »

« Eh oui ! regarde : quand on extrait un bloc de pierre il est humide. La pierre vit parce qu’il faut savoir dans quel sens la prendre pour la tailler. Notre métier est d’avoir ce coup d’œil qui nous permettra de savoir dans quel sens la prendre pour faire du bon travail. On trouvera une solution pour que telle pierre entre dans la construction même si elle n’a pas tout à fait la même teinte ou un défaut, un crapaud comme l’on dit dans le métier, comme ça se voit à l’autel de l’église de Landéhen. Au tailleur de trouver le moyen d’agencer telle pierre avec les autres. Dans une construction toutes les pierres n’ont pas le même rôle mais elles sont toutes importantes. »

Toi Pierre tu nous dis que « Jésus est la pierre angulaire, qu’il est la pierre vivante. » Avec lui nous pouvons construire notre vie et nous serons des vivants. Jean nous le dit d’une autre manière en proclamant que Jésus est « le chemin qui conduit à la vie. Son désir est de nous faire habiter, demeurer avec lui et avec son Père. »

Toi Pierre, tu nous dis qu’il nous faut « être des pierres vivantes pour participer à la construction du peuple de Dieu. »

Le tailleur de pierre dispose d’outils pour travailler son bloc de pierre : principalement la massette, le burin et la boucharde. Nous avons, nous aussi, des outils : la parole de Dieu, la prière, le service du frère et les sacrements. Est-ce que nous nous servons de ces outils ? Les DOUZE disent nous ne pouvons délaisser le service de la prière et de la parole pour assurer le service des tables. Et la communauté est capable de s’organiser pour assurer ce nouveau service.

La communauté chrétienne est toujours à construire, comme une vie de famille se construit jour après jour. Chacun, chacune de nous peut être acteur de la vie de la communauté avec les dons qui sont les siens. Tout le monde ne peut pas tout faire, heureusement. Mais il y a toujours une question à se poser : « Comment je vais permettre à l’autre, de devenir acteur de la vie communautaire ? »

Pierre à la suite de Jésus nous invite à savoir reprendre chaque jour le chemin de la construction de la fraternité. Construire la fraternité sera un combat à reprendre chaque jour. Pour cela il faudrait reprendre l’histoire de Joseph dans la Genèse pour redécouvrir comment il va permettre de reconstruire une fraternité détruite. Il nous faut reconnaître que la personne qui a le moins de moyen est celle qui aidera énormément à fabriquer de l’humanité. L’expérience que nous vivons actuellement est flagrante. Nous allons vivre le déconfinement dans les jours qui viennent. Osons inventer d’autres chemins d’humanité pour que personne ne soit laissé sur le bord de la route.

Osons reconnaître la dignité de toutes ces personnes qui assurent des services sans lesquels notre société ne pourrait pas vivre. Que nous soyons de ceux qui le redise sans cesse. Reconnaissons que nous ne pouvons pas vivre les uns sans les autres et qu’il nous faut à vivre autrement.

Ensemble devenons des constructeurs de fraternité.

Et pour terminer je vous livre les paroles du chant de Noël Colombier :

« Ensemble, nous pouvons faire ensemble un monde nouveau »

Il nous aide à réfléchir sur la fraternité dans les rencontres des « Foyers de Vie ».

Ensemble pour parler au lieu de s’isoler.

On peut tout inventer, mieux partager

Ensemble pour trouver des routes d’amitié

Où l’on peut s’écouter et se confier.

Ensemble pour aimer, apprendre à regarder

La détresse et la faim de nos voisins

Ensemble pour changer ce monde au cœur blessé

Où l’on saura s’aimer et vivre en paix.

Ensemble pour construire, faire vivre et rajeunir.

Le monde de demain est dans nos mains.

Abbé Olivier Guitton.