Dimanche de Pâques 2020 Enregistrer au format PDF

Homélie du Père Prosper
Dimanche 12 avril 2020 — Dernier ajout samedi 11 avril 2020
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« Reste avec nous, Seigneur Jésus, Toi, le convive d’Emmaüs ; Au long des veilles de la nuit, Ressuscité, tu nous conduis. » (Hymne du temps ordinaire, Dim I & III)

Peuples de Lamballe, de Moncontour et de Pays de Jugon,

Chers fidèles du Christ,

Jamais, je n’ai été aussi embarrassé pour rédiger une homélie. La raison est toute simple, le contexte est simplement embarrassant. Les expressions auxquelles nous sommes habitués en ces derniers temps sont par exemple Coronavirus ou Covid-19, confinement, mise en quarantaine ou isolement, port de masque … Le monde entier est affecté par ce mal qui sème la confusion. Les chiffres alarmants de décès sont communiqués tous les jours à la télé. Comment ne pas évoquer ici certains pays tragiquement frappés par ce drame : l’Italie, l’Espagne, la Chine, la France… etc. De tout cœur, nous exprimons aux peuples et à tous ceux qui se mobilisent pour une issue favorable, notre solidarité et notre attachement priant.

Mais que signifie Pâques dans un contexte aussi troublant qu’accablant ? ou simplement, où est Dieu en face de ce drame au point où même les célébrations liturgiques sont perturbées en un temps aussi sensible de notre vie de foi ? Ces interrogations sonnent en écho, je suis sûr, dans vos cœurs, dans nos cœurs sans forcément de réponse. Je ne prétends pas y répondre non plus.

Toujours est-il que le mystère que nous célébrons en ce jour rassure.

D’abord, je voudrais contempler avec vous le grand courage de Marie-Madeleine. Elle a bravé la peur et les menaces qui pesaient sur les disciples de Jésus. Mais en arrivant au tombeau, elle découvre qu’il était ouvert et vide. Quel embarras ! Quelle confusion ! Oui, ce tombeau ouvert apparaît comme un immense point d’interrogation. Pierre, le doyen du sacré collège des apôtres qui y est entré, constate ce que Marie madeleine a pressenti : le tombeau est vide. Le corps de Jésus n’y est plus. Il ne voit que les linges pliés. Pierre ne voit pas plus loin. Jean, le plus jeune, « le disciple que Jésus aimait » entre maintenant à son tour. C’est sa foi et son amour qui l’amènent à croire. Cette foi et cet amour qu’il a envers Jésus lui permettent de lire les signes. L’évangéliste ajoute que « jusque-là, les disciples n’avaient pas vu que d’après les Ecritures, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ». Avant, ils n’avaient pas su les interpréter.

Chers amis, la résurrection de Jésus est l’événement qui a illuminé le cœur et la vie des disciples.

Jésus ressuscité est pour nous source de lumière et de réconfort. Sa résurrection vient en effet révéler le sens de la Passion. Sans la résurrection, la Passion apparaîtrait comme un drame parmi tant d’autres. Ce serait la fin d’une grande espérance. « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi », nous dira l’apôtre des nations (1Co15, 17). Pâques, c’est la victoire de la vie sur la mort ; c’est la victoire de l’Amour.

Nous vivons ensuite dans un monde difficile, traversé par des interrogations profondes notamment liées au fameux virus qui vient entacher notre quotidien. Certains sont tentés par la désespérance, le doute ou la révolte. La fête de Pâques est aussi une invitation à la confiance.

Confions nos vies, nos nations, notre avenir personnel et celui de notre monde à celui qui a vaincu la mort et le péché. Le Christ ressuscité répète sans cesse : « n’ayez pas peur ! ». Jésus n’a pas promis que l’on plairait à tout le monde, et que l’on ne se tromperait jamais. Il a promis qu’il serait toujours là, avec nous. Il est même capable de se servir des épreuves parfois déconcertantes, même celles qui sont les conséquences de nos péchés, pour nous conduire à une plus grande authenticité, à une plus grande joie. C’est ce qui s’est passé dans la passion, la mort et la résurrection du Christ.

En ce jour de Pâques enfin, regardons le Christ ressuscité. Il a vaincu le mal et la mort. Il est notre confiance et notre espérance. Que la lumière de Pâques brille sur nos familles, le monde entier. Tu demeures avec nous Seigneur dans le mystère de ton Eucharistie. «  Gloire à toi qui étais mort ! Gloire à toi qui es vivant pour les siècles sans fin. » Amen !

Père Prosper