Homélie du 7e dimanche de Pâques Enregistrer au format PDF

Dimanche 24 mai 2020 — Dernier ajout lundi 1er juin 2020
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Frères et soeurs,

Bien-aimés du Seigneur,

Entre l’Ascension et la Pentecôte, ce dimanche risque de passer inaperçu pour beaucoup de gens. Et pourtant il a une bonne nouvelle de la plus haute importance à nous transmettre. Les textes bibliques de ce jour nous parlent de l’Église en train de naître. C’est une Église en prière. Il y a là les apôtres, les femmes qui ont accompagné Jésus durant son ministère et des proches de sa famille. Pour eux, c’est important car une grande mission les attend.

C’est également important pour nous : avant de prendre des décisions qui engagent toute une vie, nous commençons par un temps de prière, c’est-à dire un temps de dialogue, d’écoute, de cœur à cœur avec notre Seigneur. C’est vrai par exemple pour un jeune qui se prépare à être ordonné prêtre. Il va dans un monastère pour quelques jours de retraite. C’est aussi le cas pour des couples qui se préparent au mariage. Quels que soient nos engagements, nous avons tous besoin de ces temps de retrait, de prière. Jésus se mettait souvent à l’écart avec les disciples comme pour nous montrer l’importance de cette démarche qui est l’expression de la profondeur de notre relation avec le Seigneur. Ces moments nous permettent de nous ajuster à ce que Dieu attend de nous. C’est son amour que le monde doit pouvoir reconnaître en nous.

Pour cela, afin d’éviter les erreurs de jugement, les pièges du mensonge, de la suspicion, du doute, de l’indifférence, l’attrait déréglé des plaisirs, des honneurs et des richesses, ce que le Christ appelle le « monde », il nous faut continuellement demander au Seigneur, dans la prière, d’ajuster notre esprit, notre cœur et nos actions sur la Parole du Christ ; « Si vous demeurez dans ma Parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres ».

Dans l’Évangile de ce jour, c’est Jésus qui est en prière ; tout commence par ces paroles : « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie ». Cette parole risque parfois d’être mal comprise. Dans notre monde, la gloire, c’est la renommée. Beaucoup sont prêts à tout pour se mettre en valeur et obtenir des distinctions honorifiques. Dans la Bible, c’est tout autre chose : la gloire c’est la valeur réelle de la personne, c’est son poids. Saint Paul nous le dit à sa manière : « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien ».

Cette prière de Jésus nous montre en effet, sa totale communion avec son Père, et nous invite aussi à l’unité. Ils sont liés l’un à l’autre par une communion éternelle. Les Évangiles nous disent que Jésus passait parfois des nuits entières à prier son Père. Cette union dépasse tout ce que nous pouvons vivre à notre niveau. Elle nous montre l’intensité de la prière de Jésus et nous en sommes éblouis. Ce qui est extraordinaire c’est qu’il veut nous associer tous à cette prière. C’est avec lui que nous découvrons le bonheur de prier. En fait, ce n’est pas nous qui prions mais c’est le Christ qui prie en nous, et nous plonge ainsi dans l’intimité de la Trinité.

En ce jour, demandons au Christ la grâce d’avoir au cœur un véritable amour de ce qui est vrai et bien ; demandons la grâce de pénétrer davantage sa Parole qui est lumière et vérité, afin de ne pas être esclave de l’erreur ou du mensonge mais que, poussés et portés par l’Esprit, nous puissions vivre de la vie même de Dieu en « état de grâce » et parvenir petit à petit à l’unité à laquelle le Seigneur nous appelle.

Amen !

P. Prosper GBAGUIDI