Méditation à partir de l’Evangile du dimanche 30 août. Suivre le Christ suppose de renoncer à soi-même Enregistrer au format PDF

Dimanche 30 août 2020 — Dernier ajout mardi 22 septembre 2020
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Lors de l’Angélus de ce dimanche 30 août, le Pape François a commenté l’Évangile du jour, tiré du 16e chapitre de Saint-Matthieu, en expliquant ce que signifie suivre le Christ jusqu’à l’épreuve de la croix.

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Alors Jésus dit à ses disciples  : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

« Sur le chemin de Jérusalem, Jésus explique ouvertement à ses amis ce qui l’attend à la fin dans la ville sainte : il prédit son mystère de mort et de résurrection, d’humiliation et de gloire », a rappelé le Pape. Il dit qu’il doit « souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, et être tué et le troisième jour ressusciter ». Mais malgré cet avertissement très clair et explicite sur le chemin douloureux qui s’annonce, « ses paroles ne sont pas comprises, car les disciples ont une foi encore immature et trop étroitement liée à la mentalité de ce monde », a expliqué François.

Pierre se rebelle donc contre cet avertissement et rétorque à Jésus que « cela n’arrivera pas ». « Pour Pierre et les autres disciples - mais aussi pour nous ! - la croix est un "scandale", alors que Jésus considère comme un "scandale" le fait de fuir la croix, ce qui signifierait fuir la volonté du Père, la mission qu’il lui a confiée pour notre salut », a expliqué le Pape. Jésus répond alors à Pierre avec dureté : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Cette réponse peut sembler paradoxale alors que Jésus venait de confier à Pierre la responsabilité de guider l’Église naissante, mais elle démontre en réalité l’exigence de l’Évangile, une exigence valable pour tous.

Prendre la croix signifie participer avec le Christ au salut du monde

S’adressant à tous, Jésus ajoute : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Il montre ainsi la voie du vrai disciple, en montrant deux attitudes. « Le premier est le "renoncement à soi-même", qui ne signifie pas un changement superficiel, mais une conversion, un renversement des valeurs. L’autre attitude consiste à prendre sa propre croix. Il ne s’agit pas seulement de supporter patiemment les tribulations quotidiennes, mais de porter avec foi et responsabilité cette partie de l’effort et des souffrances qu’implique la lutte contre le mal. » « La vie des chrétiens est toujours un combat », a insisté François.

« Ainsi, l’engagement à "prendre la croix" devient une participation avec le Christ au salut du monde. » La croix que nous pouvons déposer sur le mur de nos maisons ou porter autour du cou ne doit pas être réduite à « un objet superstitieux ou un bijou ornemental », mais elle est « un signe sacré de l’amour de Dieu et du sacrifice de Jésus » et doit donc être « le signe de notre désir de nous unir au Christ pour servir avec amour nos frères et sœurs, surtout les plus petits et les plus fragiles », a répété François une nouvelle fois . « Que la Vierge Marie, unie à son Fils jusqu’au Calvaire, nous aide à ne pas reculer devant les épreuves et les souffrances que le témoignage de l’Évangile entraîne », a conclu le Saint-Père.